Robotique agricole : le français Naïo Technologies placé en redressement judiciaire

La start-up à l'origine de plusieurs robots agricoles et d'un enjambeur viticole a été placée en redressement judiciaire au début du mois. Après avoir produit plus de 450 appareils, la jeune pousse toulousaine aux 53 salariés cherche activement un repreneur.

Robots Naïo Technologies
Robots Naïo Technologies

Qu'adviendra-t-il des robots agricoles Oz, Ted, Jo et Orio ? Leur concepteur, Naïo Technologies, a été placé en redressement judiciaire le 5 juin par le tribunal de commerce de Toulouse. La start-up cherche activement un repreneur. Les candidats potentiels ont jusqu'au 27 juin pour émettre leurs offres, explique le magazine spécialisé Vitisphere.

Plus de 50 millions d'euros levés au total

Fondée en 2011, la start-up basée à Escalquens (Haute-Garonne) met au point une gamme de robots électriques destinés à aider les agriculteurs dans la réalisation de tâches pénibles et chronophages. Oz, le premier modèle sorti en 2014 et produit à plus de 300 exemplaires, est capable de désherber, biner, tracer des sillons et même faire des semis pendant huit heures d'affilée. Ce robot est complété par Ted, un enjambeur dédié au travail de la vigne, Jo, un chenillard conçu pour les vignobles étroits et pépinières d'arbres, et Orio, un porte-outil pour les cultures légumières et grandes cultures. Au total, 450 appareils ont été produits à destination d'une vingtaine de pays.

L'aventure avait pourtant bien démarré pour Naïo Technologies. Après quatre tours de table, dont 3 millions d'euros en 2015 et 14 millions en 2020, la start-up avait été intégrée à la liste des 100 entreprises européennes à la croissance la plus rapide par le Financial Times. Elle avait bouclé deux ans plus tard une levée de fonds de 32 millions d'euros. Soutenue par la filiale de Natixis Mirova et par le fonds Ecotechnologies de Bpifrance, la jeune pousse aux 53 salariés ambitionnait alors de créer une trentaine de postes et de franchir la barre des 1000 robots à horizon 2025.

Crise du machinisme agricole

Après plusieurs années florissantes, le chiffre d'affaires de l'agtech a progressivement chuté, passant de 6,5 millions d'euros en 2022 à 2,4 millions d'euros en 2024. Naïo Technologies semble avoir fait les frais de la crise du machinisme agricole, causée par une baisse des investissements dans le matériel et une précarisation des métiers suite à plusieurs épisodes climatiques difficiles. Et ce malgré le coût relativement abordable des robots, Oz se vendant autour de 30 000 euros.

Les temps sont durs pour l'agritech française. Le secteur n'échappe pas à la baisse générale des investissements dans les start-up de l'Hexagone. D'après un rapport publié en début d'année par KPMG et La Ferme Digitale, les jeunes pousses dans le domaine ont levé 180 millions d'euros en 2024, en baisse de 38% par rapport à 2023 et de 62% par rapport au pic de 2022. Une contraction qui s'explique notamment par une hausse du coût des matières premières et de l'énergie, rendant la rentabilité des start-up plus difficile à atteindre.

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