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Truffle Capital veut faire naître les futures pépites de l'insurtech

Très réglementée, l'industrie assurantielle est un secteur particulièrement difficile à bousculer. Toutefois, selon Truffle Capital certaines technologies de rupture pourraient radicalement transformer le secteur. Le fonds d'investissement ne se contente pas de financer les insurtechs, il souhaite aussi participer activement à leur naissance à l'image du projet Moneytrack. 
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Truffle Capital veut faire naître les futures pépites de l'insurtech
Truffle Capital veut faire naître les futures pépites de l'insurtech © DR

Il existe aujourd'hui quelque 1600 insurtechs dans le monde et ce volume pourrait bien continuer à gonfler dans les mois à venir si l'on en croit les dernières données compilées par Willis Towers Watson et le cabinet CB Insights. Selon leur rapport, 985 millions de dollars ont été investis dans les start-up de l'assurance au cours du deuxième trimestre 2017, contre 398 millions de dollars un an auparavant, soit une hausse de près de 150%. 

 

Des technos fondamentales aux futures pépites

Cette dynamique n'a pas échappé à Truffle Capital, qui a récemment créé un fonds d'investissement dédié aux fintechs et insurtechs de 150 millions d'euros. "L'investissement dans les insurtechs est encore moins développé que pour les fintechs. Cela s'explique notamment par la question du ratio prudentiel qui préserve une certaine hégémonie des acteurs existants  et qui crée une barrière à l'entrée assez significative", commente Bernard-Louis Roques, cofondateur de Truffle Capital. "L'assurance est sûrement aussi un secteur un peu plus conservateur que la finance mais on voit aujourd'hui de plus en plus de technologies qui arrivent sur ce secteur ", ajoute-t-il.

 

Selon lui, certaines technologies fondamentales sont encore sous exploitées mais ont le potentiel de radicalement transformer le secteur. C'est le cas notamment de la blockchain. Le fonds Truffle Financial Innovation Fund a la particularité de jouer aussi un rôle d'entrepreneur. "Nous parlons à des chercheurs et à des scientifiques et nous identifions ce qu'ils sont capables de faire puis nous transposons ce potentiel dans le business de la banque et de l'assurance", explique Bernard-Louis Roques.

 

Moneytrack facilite le remboursement de sinistres

Le fonds est notamment à l'origine du projet Moneytrack, qui ne dispose pas encore du statut de société. Développé avec des chercheurs de l'Inria, le projet repose sur une plate-forme blockchain qui permet d'automatiser des paiements dirigés et qui peut trouver des applications dans le remboursement de sinistres. Bernard-Louis Roques prend l'exemple du remboursement d'un frigidaire à la suite d'une inondation. "Une fois que vous avez produit la preuve de cette réalité, vous obtenez un titre de paiement qui vous autorisera à acheter instantanément un réfrigérateur d'un montant de 300 euros chez un marchand". Bien sûr, les assurés ont le droit de dépenser comme ils le souhaitent l'indemnisation qu'ils reçoivent de leur assureur mais la dimension "instantanée" pourrait les inciter à opter pour ce système de paiement dirigé.

 

Si les investissements dans les insurtechs ont le vent en poupe, la plupart des opérations de capital risque reste encore concentrée aux Etats-Unis, avec des opérations menées par des pépites comme Lemonade. Comment faire décoller les investissements dans l'Hexagone ? Bernard-Louis Roques plaide pour la création d'un sandbox (bac à sable en français), qui consisterait à avoir une appréciation progressive des contraintes règlementaires en fonction de la croissance de l'entreprise. "Il ne faut pas que le capital des start-up soit utilisé pour la régulation mais pour investir dans les technologies", conclut le cofondateur de Truffle Capital. 

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