Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Un robot chirurgical réalise une première coelioscopie sans assistance humaine

Nouvelle prouesse dans la robotique chirurgicale. Une équipe de l'université américaine John Hopkins a réalisé avec succès une anastomose intestinale, une opération qui consiste à rattacher deux parties de l'intestin grêle sur un tissu porcin, sans assistance humaine. C'est le "Smart Tissue Autonomous Robot" qui a été utilisé pour réaliser cet acte délicat.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Un robot chirurgical réalise une première coelioscopie sans assistance humaine
Un robot chirurgical réalise une première coelioscopie sans assistance humaine © AXEL KRIEGER ET JIN KANG

Des chercheurs de l'université américaine John Hopkins, située à Baltimore dans le Maryland, ont réalisé avec succès une première coelioscopie sur des tissus de porc sans assistance humaine grâce au "Smart Tissue Autonomous Robot" (STAR). Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique Science Robotics le 26 janvier. 

La coelioscopie, appelée également laparoscopie, est une technique chirurgicale permettant d'accéder à l'intérieur de l'abdomen par des petites incisions de la paroi abdominale. Elle permet d'établir un diagnostic grâce à l'introduction d'une mini-caméra et reliée à un écran et/ou pour effectuer des gestes chirurgicaux. L'équipe américaine s'est concentrée sur cette seconde fonction et a effectué une anastomose intestinale, une délicate opération qui consiste à rattacher deux parties de l'intestin grêle (situé entre l'estomac et le côlon). 

Des résultats meilleurs que les humains
"Nos résultats montrent que nous pouvons automatiser l'une des tâches les plus complexes et les plus délicates de la chirurgie (...) Le STAR a produit des résultats nettement meilleurs que les humains effectuant la même procédure", a déclaré Axel Krieger, l'auteur principal de l'étude et professeur de génie mécanique de la Whiting School of Engineering de Johns Hopkins.

Il existe déjà des robots capables d'effectuer des gestes chirurgicaux sans assistance humaine mais ils ne fonctionnent que sur des tissus "qui sont enfermés dans des structures osseuses rigides". La chirurgie autonome des tissus mous (cutanée, abdominale et thoracique) pose encore "des défis considérables", notent les scientifiques. En effet, ce type de chirurgie nécessite des systèmes d'imagerie extrêmement précis pour détecter et suivre le tissu cible, une stratégie de la planification des tâches qui tient compte de la déformation des tissus et le développement d'algorithmes de contrôle adaptables à la chirurgie dynamique.

Deux bras robotisés
C'est pour répondre à ces nombreuses problématiques que l'équipe a construit le robot STAR. Dans les détails, le système se compose de deux bras robotisés KUKA LBR Med, l'un accompagné de l'outil de suture motorisé Endo 360 et l'autre d'un système endoscopique à double caméra composé d'une caméra infrarouge proche (NIR). Celle-ci permet au bras robotisé de suivre les marques sur le tissu porcin et de reconstruire sa surface pour planifier les sutures grâce à un algorithme. Un modèle similaire avait été développé en 2016 mais il nécessitait une grande incision pour accéder à l'intestin et une intervention humaine plus importante. 

Plus d'un million d'anastomoses est effectué aux Etats-Unis par année. La réussite de cette opération dépend énormément de l'expérience du chirurgien. C'est là tout l'intérêt de la robotique chirurgicale : "c'est un moyen de garantir que les gestes qui nécessitent une précision et une répétabilité élevées peuvent être effectuées avec plus d'exactitude et de précision chez chaque patient, indépendamment des compétences du chirurgien", a expliqué Axel Krieger. Reste maintenant à tester le robot sur un humain. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

galey
29/01/2022 17h51 - galey

Il est très probable que le robot, sous le controle d'une petite caméra puisse effectuer des sutures de meilleur qualité que celles d'un humain (aussi qualifié soit-il) qui d'une part n'a pas la qualité de précision d'une machine, et d'autre part est sujet à la fatigue (humaine).. l'important étant que le robot reste sous surveillance du médecin compétant capable de suivre d'éventuelles défaillances du robot.. Par analogie, qui est capable de coudre aussi régulièrement qu'un (ou une) opérateur (trice) éffectuant une couture sur un vétement, chaussure, lingerie Etc. Un robot (une machine à coudre en fait partie) sera toujours plus précis et qualibré que la main merveilleuse mais imparfaite de l'homme. Mais le robot doit être suivi par l'humain, particulièrement quant un danger peut avoir lieu de faut de son travail. Voyez les problèmes de la conduite automobile par l'humain (3000 morts par ans), mais nous ne sommes pas encore capable d'avoir dans la réalité une voiture autonome, tant qu'il y aura des humains pour traverser les rues ???

Répondre au commentaire | Signaler un abus