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Visa, Mastercard (et d'autres) pourraient se désengager de Libra, la cryptomonnaie de Facebook

Vu ailleurs Des membres fondateurs de l’association Libra, parmi lesquels Visa et Mastercard, auraient exprimé en interne une volonté de se distancier du projet de cryptomonnaie de Facebook.
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Visa, Mastercard (et d'autres) pourraient se désengager de Libra, la cryptomonnaie de Facebook
Visa, Mastercard (et d'autres) pourraient se désengager de Libra, la cryptomonnaie de Facebook © Stevepb - Pixabay

Mise à jour [2 octobre 2019] Ce sont cette fois le Wall Street Journal et Bloomberg qui relaient les doutes de plusieurs partenaires financiers, dont Visa, Mastercard, PayPal et Stripe à propos de Libra. Selon les médias américains, les sociétés veulent "reconsidérer leur implication" vis-à-vis de la cryptomonnaie de Facebook et refusent désormais de soutenir publiquement le projet, ce que leur aurait demandé Facebook.

 

Elles seraient inquiètes des réactions des autorités régulatrices qui pourraient nuire à leurs relations. Du côté de Libra, on refuse de commenter ces rumeurs mais David Marcus, qui dirige le projet, s'est tout de même fendu d'un tweet qui se veut rassurant, précisant que la liste des signataires serait connue dans les "semaines à venir".

 

 

Si les critiques sont monnaie courante depuis l’annonce du projet, le 18 juin 2019, les doutes émanent du camp de ses partenaires. Le Financial Times révélait dans un article publié le 23 août dernier que deux des membres fondateurs de l’association Libra ont émis en interne de profondes réserves sur la faisabilité et la pérennité du projet de cryptomonnaie de Facebook. "Certaines de ces conversations [sur la réglementation] auraient dû avoir lieu avant le lancement, pour comprendre comment les autorités de régulation réfléchiraient à cela, pour éviter qu’il y ait autant de réactions hostiles", aurait expliqué un partenaire.

 

Selon le média britannique, ces deux organismes soutenant Libra envisagent de se désengager du projet, tandis qu’un troisième partenaire a partagé son désarroi quant à la surveillance accrue dont pourrait faire l'objet la "stablecoin", et qui pourrait rejaillir sur sa propre entreprise. "Il sera difficile pour les partenaires qui veulent être perçus comme étant en conformité [avec leurs propres régulateurs] d’être là pour soutenir [Libra]", explique-t-il. Le Financial Times n'avait pas dévoilé l’identité de ces membres.

 

Les 28 partenaires sont liés par une lettre d'intention... non contraignante

Rappelons que l’association Libra, qui a pour mission de "faciliter le développement de la blockchain Libra et de gérer la Réserve", compte 28 membres fondateurs : Visa, Mastercard, PayPal, Stripe, PayU, Mercado pago, Uber, Lyft, Spotify, Calibra (filiale de Facebook), eBay, Booking holdings, Farfetch, Vodafone, Coinbase, Xapo, BisonTrails, Anchorage, Ribbit Capital, Thrive Capital, Andreessen Horowitz, Union Square Ventures, Creative Destruction Lab, Breakthrough Initiatives, Women's World Banking, Mercy Corps, Kiva et Iliad (maison-mère de Free), seul acteur français. 

 

Hormis Facebook via sa filiale Calibra, aucun des membres n’a versé les 10 millions de dollars nécessaires à une participation officielle. "Nous sommes en discussion et notre décision définitive de devenir membre sera déterminée par un certain nombre de facteurs, notamment la capacité de l'Association à satisfaire à toutes les exigences réglementaires requises", a précisé en juillet dernier Alfred F. Kelly, président-directeur général de Visa. Les partenaires de Libra ont pour le moment signé une lettre d'intention non contraignante d'adhésion à la cryptomonnaie. Autrement dit, on pourrait observer un ou plusieurs désistements sans réelle conséquence pour les partenaires initiaux.

 

Une défiance émise de toute part

Prévue pour 2020, Libra est sous le feu des critiques depuis l'annonce du projet, à la fois de la part des institutions régulatrices et des gouvernements nationaux, pour la majorité occidentaux. Les uns y voient une menace à la stabilité monétaire internationale, les autres une attaque à l’une des fonctions régaliennes des Etats.

 

Beaucoup d’observateurs expriment par ailleurs de profondes inquiétudes quant à la confidentialité et à la protection des données. Inquiétudes légitimes au regard des nombreuses failles de Facebook que le réseau social ne parvient pas, malgré certaines améliorations comme le chiffrement des messages, à éteindre. 

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