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Alcatel-Lucent se montre avec Intel et Ericsson avec Philips pour attirer l'attention au Mobile World Congress

Pour rester dans la lumière au Mobile World Congress, les équipementiers s’affichent avec leurs partenaires. Intel pour Alcatel-Lucent, et surtout Philips pour Ericsson. Ces derniers ont codéveloppé un lampadaire urbain intelligent couplé avec une station de base.
mis à jour le 24 février 2014 à 15H10
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Alcatel-Lucent se montre avec Intel et Ericsson avec Philips pour attirer l'attention au Mobile World Congress
Alcatel-Lucent se montre avec Intel et Ericsson avec Philips pour attirer l'attention au Mobile World Congress © D.R.

Il fut un temps où les équipementiers télécoms étaient les stars du Mobile World Congress. Mais il y a déjà plusieurs années qu’ils se font voler la vedette par les fabricants de mobiles et de tablettes. Cette année, le monde Internet incarné par le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, présent le 24 février, les place encore un peu plus dans l’ombre. Pour garder un peu de la lumière du grand show annuel du mobile, deux équipementiers ont choisi d’afficher certains de leurs partenariats pour se distinguer.

Intel inside Alcatel-Lucent

Alcatel-Lucent, pour commencer, avait invité Renée James, présidente d’Intel, la veille de l’ouverture du salon, pour annoncer son nouveau partenariat avec le géant américain. L’équipementier français développe activement sa stratégie de virtualisation du réseau depuis l’arrivée du DG Michel Combes, le 1er avril 2013. Il développe une couche logicielle qui permet de rendre le réseau télécoms plus adaptables (SDN, software defined network), mais virtualise aussi directement certaines fonctions du réseau télécoms.

Celles-ci pourront donc fonctionner non pas uniquement sur du matériel spécifique d’équipementier, mais sur des serveurs standards. Comme c’est le cas de matériels à base de processeurs Intel dans la plupart des datacenters. Les deux industriels ont donc décidé de travailler ensemble pour que les kits de développements pour l’architecture Intel soient le plus adaptés possibles aux fonctions réseaux des équipements Alcatel-Lucent. Et même si ces évolutions des logiciels Intel peuvent profiter à tous les acteurs des télécoms, le Français insiste sur l’importance d’être le premier à le faire.

"Pour nous, c’est un moyen de cibler des acteurs autres que les opérateurs télécoms, insiste Michel Combes. Les opérateurs de datacenters, mais aussi les grands du web qui ont des datacenters géants qu’ils doivent interconnecter." Mais dans le cadre de son plan de redressement d’Alcatel-Lucent, le patron de l’équipementier a aussi à coeur de s’afficher avec les plus grands. "Après Qualcomm qui nous a fait confiance l’an dernier, c’est Intel qui est avec nous en 2014. Nous avons les deux plus grands du marché." Comme Qualcomm, numéro un de la puce pour mobile, Intel a des équipes de développement communes avec Alcatel-Lucent.

Philips éclaire Ericsson

À l’occasion de sa conférence de presse rituelle du lundi matin, le suédois Ericsson, numéro un mondial des équipementiers, s’est affiché lui, avec un autre numéro un, l’opérateur télécoms américain Verizon. Mais Hans Vestberg, PDG d’Ericsson avait aussi un invité plus étonnant : Frans Van Houten, PDG de Philips. Un symbole de la stratégie active de co-innovation de l’équipementier avec de nouveaux clients en dehors du seul secteur des opérateurs télécoms. Les équipes de R&D des deux industriels ont travaillé ensemble pour développer un éclairage urbain à LED connecté. Ce lampadaire urbain Zero Site est donc designé pour accueillir une station de base mobile à part entière que les opérateurs télécoms pourront louer aux municipalités pour les intégrer à leurs réseaux. Pour ce faire, ces mêmes municipalités pourront demander à Philips de déployer ces dispositifs dans la ville. Et grâce à la connectivité intégrée dans le mobilier, l’industriel proposera ensuite de l’éclairage à la demande (lighting as a service).

"C’est un nouveau business model. Nous prenons en charge une grande partie du déploiement et la ville nous paie ensuite un loyer mensuel pour les services que nous proposons. Cela peut, par exemple, concerner des dispositifs qui réagissent à la densité de population : diminution de l’éclairage la nuit, ou au contraire intensification ponctuelle pour un match de football. Mais on peut aussi imaginer des capteurs pour la pollution ou la gestion des places de parking," raconte Frans Van Houten. Le PDG de Philips ajoute que pour les municipalités, c’est à la fois une réduction des coûts par le biais du couplage télécoms/éclairage, et la réduction de consommation énergétique des LED, et une source de revenus via les opérateurs. Philips a déjà déployé plusieurs sites pilotes dans des villes américaines, où des opérateurs comme Verizon se sont montrés très intéressés, selon l’industriel.

Mue numérique de Philipps

Comme il le fait avec sa "TV everywhere" et le secteur audiovisuel au sens large (traditionnels et nouveaux acteurs numériques), Ericsson trouve donc un nouveau marché potentiel. Il sort d’une clientèle uniquement opérateurs télécoms comme le souhaitent tous les équipementiers. Le numéro un mondial a les moyens d’être le premier à y arriver.

Philips, quant à lui, montre ici un nouvel élément de sa stratégie de transformation numérique. "Nous travaillons sur 'l’immobilier numérique'. Et nous avons d’autres partenariats du même acabit, détaille Frans Van Houten sans citer de nom. Sur l’éclairage intérieur, par exemple, pour identifier et exploiter la lumière du jour. Ou pour que chaque personne dans un openspace, par exemple, puisse piloter la lumière depuis une app mobile." Nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveaux business models, nouvelle organisation, le hollandais continue sa transformation d’industriel traditionnel vers le numérique.

Et la co-innovation avec les acteurs des télécoms est au coeur de cette stratégie. "C’est symbolique de notre nouveau mode de fonctionnement. Dans le monde d’aujourd’hui, numérique, on ne peut plus développer seul. Et nous en avons convaincu notre R&D, qui travaille en plus petites équipes, plus agiles", a conclu le patron néerlandais.

Emmanuelle Delsol

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