Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

AT&T Time Warner, une fusion dans l’air du temps

Analyse Signe des temps, le numéro deux américain des télécoms veut croquer le géant du cinéma et de la télévision, Time Warner. Sous pression d’une concurrence de plus en plus forte des Gafa et des pure players du streaming en particulier, opérateurs télécoms et industrie du contenu se rapprochent.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

AT&T Time Warner, une fusion dans l’air du temps
AT&T Time Warner, une fusion dans l’air du temps © Capture

Un an après avoir absorbé un opérateur de télévision par satellite Direct TV, AT&T s’attaque cette fois à un plus gros morceau. S’il en obtient l’autorisation, le numéro deux des télécoms américains devrait croquer le géant Time Warner et avec lui, le catalogue de la Warner Bros, et les contenus des chaînes HBO et CNN. Les deux partis se sont mis d’accord sur une transaction de 85,4 milliards de dollars (78,4 milliards d’euros). Si AT&T garde avec Verizon, le numéro un et son concurrent direct, la tête des télécoms mobiles aux Etats-Unis, la conquête de nouveaux clients devient de plus en plus difficile. La pénétration du marché est déjà importante et, comme l’ajoute Yves Gassot, DG de l’Idate, les numéros 3 et 4 longtemps à la traîne, Sprint et T-Mobile rattrapent leur retard sur le duo.

 

Acquisitions et stratégie de contenu

Reste que le secteur des medias, lui-aussi, fait face à une concurrence toute neuve et féroce. Netflix, Amazon Prime, Hulu et même Youtube ont totalement remis en cause les habitudes des américains. Abonnés de toujours à des services sur le câble hors de prix, ils se tournent, en particulier quand ils appartiennent à la jeune génération, vers des services bien moins onéreux et accessibles sans autre équipement qu’un mobile, une tablette ou un PC. Or, il semble qu’AT&T ne se contente pas d’acheter du contenu pour le distribuer dans ses tuyaux. En début d’année, le  géant a annoncé le service de streaming live Direct TV Now, avec une centaine de chaînes, basé sur son rachat en 2015 du distributeur de télévision satellite éponyme. Comme le note Techcrunch, une stratégie qui révèle tout son sens avec l’absorption du contenu de Time Warner.

 

Les tuyaux ne font plus la différence

La qualité, le débit du réseau, ne font plus ou ne feront bientôt plus la différence entre opérateurs. "On reçoit déjà très bien Netflix avec 3 Mbps, rappelle Yves Gassot. Quand on aura, bientôt, 25 Mbps, ce ne sera plus du tout un problème. Les tuyaux ne font plus la différence." La capacité à retenir les abonnés, voire à en attirer de nouveaux, se jouera davantage sur le volume et la qualité du contenu. Le raisonnement reste le même. Les opérateurs télécoms ne peuvent plus se contenter de leur compétence historique. Et la tentation est forte de disposer de toute la chaine de valeur du contenu, depuis la fabrication jusqu'à la diffusion.

 

Des frontières de plus en plus floues entre industries

Qui plus est, Internet et ses géants font fi des vieilles frontières entre secteurs. Netflix, maître du streaming, produit des séries et des films mais en distribue aussi certains depuis peu dans des salles de cinéma haut de gamme. Quant à Google et Facebook, ils n’ont aucun scrupule à sauter à pieds joints dans les télécoms. Ensemble avec des câbles sous-marins. Ou chacun à leur façon, avec du déploiement de fibre, des infrastructures à base de ballons stratosphériques, d’ailes solaires ou de dispositifs Wi-Fi très haut débit. Raison de plus pour se diversifier quand on est un opérateur télécom.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale