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Au Royaume-Uni, les chauffeurs Uber ont désormais droit au salaire minimum et aux congés payés

Uber accorde le statut de travailleurs aux chauffeurs exerçants sur sa plateforme au Royaume-Uni. Un statut hybride du droit britannique, différent de celui de salarié doté d'un contrat de travail, mais permettant aux chauffeurs de bénéficier de certains avantages sociaux comme le salaire minimum, les congés payés et la pension de retraite.
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Au Royaume-Uni, les chauffeurs Uber ont désormais droit au salaire minimum et aux congés payés
Au Royaume-Uni, les chauffeurs Uber ont désormais droit au salaire minimum et aux congés payés © Victor Avdeev/Unsplash

Le changement pointe-t-il le bout son nez sur le statut des autoentrepreneurs exerçants sur les plateformes du numérique ? Uber a annoncé le mardi 16 mars 2021 que les 70 000 chauffeurs utilisant l'application Uber au Royaume-Uni bénéficieront de nouvelles protections. Congés payés, pension de retraite et salaire minimum sont au programme. Une grande première pour l'entreprise de VTC qui jusque-là contestait toute annonce et décision allant dans ce sens.

Travailleurs et salariés, deux statuts différents
Ils ne sont toutefois pas tout à fait salarié, tient à souligner Uber qui précise qu'ils sont : "'workers', une classification unique dans le droit du travail britannique. Les ‘workers’ ne sont pas des employés mais ont droit au salaire minimum national, aux congés payés et à une pension de retraite." Avec cette catégorie, les chauffeurs conservent leur liberté de choisir quand et où ils veulent conduire tout en bénéficiant de certains avantages. L'autre statut, celui 'd'employee', ou salarié, permet de bénéficier d'un contrat de travail.

Dans le détail : le salaire minimum est de 10,85 £ de l'heure à Londres et 9,50£ de l'heure dans le reste du pays, les congés payés correspondent à 12,07% de leurs revenus versés tous les 15 jours, Uber et les chauffeurs participent au plan de retraite, l'assurance gratuite en cas de maladie ou de blessure est maintenue (elle est mise en place depuis 2018). Des avantages sociaux considérables pour les chauffeurs.

Uber, ouvert au changement ?
Cette décision fait suite à une bataille judiciaire sur le statut des chauffeurs qui a conduit à ce que la plus haute juridiction britannique estime le 19 février 2021 que les chauffeurs doivent être considérés comme des travailleurs avec les droits sociaux afférents à ce statut. Suite à cette décision, Uber a engagé une concertation auprès de milliers de chauffeurs britanniques. Il en ressort, selon l'entreprise de VTC, qu'ils souhaitent bénéficier d'avantages sociaux tout en gardant leur flexibilité.

Ce même mot d'ordre est repris par le CEO d'Uber.  Dara Khosrowshahi affirme que l'entreprise est prête "à faire plus et à aller beaucoup plus loin partout en Europe. Mais cela doit être réalisé dans des cadres juridiques adaptés qui garantissent des standards minimaux pour les travailleurs indépendants sans nuire à la flexibilité qui rend ce type de travail si attrayant pour eux".

Un modèle contesté
L'Union européenne se penche d'ailleurs sur cette question. Dans un premier temps, les avis des partenaires sociaux sont recueillis avant  qu'une nouvelle législation soit proposée par Bruxelles. Celle-ci devrait concerner non seulement les applications de VTC et de livraison de repas à domicile mais aussi plus globalement l'ensemble des plateformes numériques de mise en relation d'indépendants avec des particuliers. La Commission européenne doit présenter un texte d'ici la fin de l'année.

Une décision à l'échelle européenne pourrait venir chahuter ces entreprises du numérique et leur modèle économique. Uber, qui a fait son entrée en bourse en 2019, n'est toujours pas rentable à l'échelle mondiale. Fortement affectée par la pandémie de Covid-19, l'entreprise essaye de diversifier ses activités du côté de la livraison. En parallèle, l'entreprise doit faire face à une contestation grandissante de son modèle économique qui repose sur des indépendants et a même dû pousser un référendum sur sa terre natale californienne pour revenir sur une loi l'obligeant à salarier les chauffeurs.

 

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