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Covid-19 : Google publie des données de géolocalisation pour mesurer les effets du confinement

Des données anonymisées, issues de la géolocalisation des utilisateurs de Google Maps, sont publiées par Google depuis le vendredi 3 mars. Les rapports statistiques sont pour l'instant disponibles pour 131 pays, à l'exception de la Russie ou de la Chine par exemple. L'objectif est d'aider les autorités sanitaires à mesurer les effets du confinement causé par la crise sanitaire actuelle.  
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Covid-19 : Google publie des données de géolocalisation pour mesurer les effets du confinement
Covid-19 : Google publie des données de géolocalisation pour mesurer les effets du confinement © Unsplash/Henry Perks

Google annonce ce 3 avril 2020 la publication de rapports détaillant l'évolution des déplacements de la population pendant la pandémie de Covid-19. Les données sont issues de la géolocalisation des utilisateurs de Google Maps. L'objectif est "d'aider les autorités à comprendre comment les mesures de distanciation sociale telles que le télétravail ou le confinement peuvent aider à aplanir la courbe de la pandémie", d'après le billet de blog de l'entreprise.

Disponible dans 131 pays

Les rapports sont pour l'instant disponibles dans 131 pays (sur 193 pays dans le monde). La Russie, l'Iran, la Chine sont par exemple absents. L'entreprise américaine explique qu'elle présente "les tendance sur plusieurs semaines, les informations les plus récentes datant de 48 à 72 heures".

Les informations sont présentées sous forme de statistiques. Le nombre précis de visiteurs n'est pas publié. "Pour protéger la vie privée des personnes, aucune information personnellement identifiable, comme l’emplacement, les contacts ou les mouvements d’une personne, n’est mise à disposition", écrit Google.

Baisse de 72 % de la fréquentation des commerces

Pour accéder aux rapports, il suffit de rechercher le pays dans la liste établie par Google. Le document se présente sous format PDF. Ce dernier est divisé en deux parties. La première expose les tendances pour le pays et la seconde détaille les informations région par région. Pour la France par exemple, les données disponibles datent de 29 mars 2020. Google note une baisse de 88 % de la fréquentation des lieux de divertissement (cinémas, restaurants…) et de 72 % pour les déplacements dans les pharmacies et les commerces d'alimentation. De son côté, l'Ile-de-France connait une baisse de la fréquentation des parcs de 89 %.

 

A noter que cette fonctionnalité n'est pas nouvelle. Google l'utilise déjà pour afficher les périodes d'affluence d'un lieu sous forme d'histogramme ou recommander des itinéraires alternatifs en cas d'embouteillages. En l'espèce, la fonctionnalité trouve simplement un nouveau cas d'usage, dont Google affirme qu'il est plébiscité par "les autorités de santé publique".

"Données agrégées et anonymisées"

"Ces rapports ont été développés pour être utiles tout en respectant nos protocoles et politiques de confidentialité", précise Google. Les statistiques reposent sur des "données agrégées et anonymisées" pour éviter le traçage individuel des personnes. Par ailleurs, "nous utilisons une confidentialité différentielle",  indique l'entreprise. La confidentialité différentielle est une manière de chiffrer les informations en injectant un signal qui va, en quelque sorte, suffisamment brouiller les pistes pour empêcher les recoupements d'informations.

L'utilisation des données de géolocalisation semble devenir une stratégie centrale de lutte contre la pandémie de Covid-19. Fin mars, le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton exhortait les opérateurs télécoms à fournir les données mobiles liées au positionnement géographique de leurs clients. Orange, Deutsche Telekom, Vodafone, Telefonica, Telecom Italia, Telenor, Telia et A1 Telekom Austria ont répondu à cet appel. Le 1 avril 2020, Bloomberg révélait que la France, la Suisse, l'Autriche et l'Allemagne étaient en pourparlers avec Palantir Technologies, un spécialiste américain du renseignement électronique.

Traquer sans tester, quelle utilité ?

Mais continue à se poser la question de savoir à quel point ces mesures sont utiles sans avoir d'informations précises sur les vecteurs de contagion. Les pays d'Asie qui ont implémenté ces dispositifs avec succès testaient en parallèle massivement la population pour identifier les individus contaminés et donc à risque. Ce qui n'est, pour l'instant, pas le cas de la France, qui semble plutôt se concentrer sur les tests sérologiques qui détectent a posteriori les anticorps produits par la personne infectée.

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