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IBM France doit convertir 2000 postes aux nouveaux métiers du numérique

Face à l’évolution de l’informatique, IBM est engagé dans une grande transformation de ses métiers. Selon Alain Benichou, le patron de l’entreprise présente en France depuis 100 ans, les nouveaux business devraient représenter 50 % du chiffre d’affaires du groupe dans 2 ans, contre 5 % en 2013. Une mutation qui impose la conversion de 2000 postes dans la filiale française.
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IBM France doit convertir 2000 postes aux nouveaux métiers du numérique
IBM France doit convertir 2000 postes aux nouveaux métiers du numérique © sébastien sindeu pour l’usine nouvelle

IBM fête ses 100 ans de présence en France. Mais si le vétéran informatique garde la même préoccupation, à savoir aider les entreprises, administrations et gouvernements à améliorer leur compétitivité par le numérique, il est aujourd’hui confronté à une profonde transformation de ses métiers. Le cap est clair. Il tient dans le sigle SCAMS, qui résume cinq opportunités de marché : réseaux sociaux, cloud computing, analytique et Big Data, mobilité et cybersécurité. Selon Alain Benichou, PDG d’IBM France, ces business d’avenir devraient générer 50 % du chiffre d’affaires du groupe dans deux ans, contre seulement 5  % en 2013. En France, le chiffre serait légèrement plus faible : 47 %.

Le cloud computing constitue l’un des axes stratégiques de transformation du groupe. "Depuis 2009, nous avons investi 300 millions d’euros dans ce secteur en France, soit plus que les 150 millions injectés par l’État dans les deux projets de cloud souverains, estime Alain Benichou. Et nous sommes en train de construire un dantacenter à Paris pour Softlayer, notre filiale d’hébergement web et cloud public, de façon à garantir la localisation des données en France." Ce nouveau centre de données, hébergé chez Global Switch, à Clichy, devrait ouvrir en juillet 2014 et être inauguré en septembre 2014. Il s’inscrit dans le cadre d’un investissement de 1,2 milliard de dollars visant la création de 15 nouveaux datacenters dans le monde.

Watson en Français en 2015

Avec le rachat de Bull, Thierry Breton, PDG d’Atos, se positionne comme le leader dans le cloud computing en Europe. Une revendication qui fait rire le patron d’IBM France. "En 2013, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars dans le cloud computing en Europe et 4,4 milliards de dollars au niveau mondial, explique-t-il. Comment Atos peut-être être leader avec un chiffre d’affaires de 480 millions d’euros? "

L’informatique cognitive constitue un autre secteur stratégique de redéploiement d’IBM dans le prolongement de ses travaux sur Watson, l’ordinateur qui comprend le langage naturel, fonctionne par apprentissage et fonde ses réponses sur l’analyse de gros volumes de données. "Nous sommes à l’aube d’un changement de paradigme en passant d’une informatique de programmation à une informatique d’apprentissage, lance Alain Benichou. L’impact économique sera énorme. Une expérimentation dans le centre d’appels d’une banque aux États-Unis montre que Watson peut, au bout de 10 jours d’apprentissage, répondre à la moitié des questions posées par les clients. De quoi réduire de moitié le nombre d’agents au Call Center." Aujourd’hui, Watson comprend seulement l’anglais. La version française devrait arriver en 2015. IBM France devrait jouer un rôle de premier plan dans le développement de cette technologie du fait de l’excellence de l’école française de mathématiques.

700 embauches à Lille sur 5 ans

Le développement de ces nouveaux business s’accompagne par le déclin des activités d’informatique traditionnelle. Ce qui impose à IBM d’adapter ses compétences et ses métiers. En France, le groupe a achevé la suppression de 680 postes sur les métiers en déclin dans le cadre d’une Gepec (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences), uniquement sur la base du volontariat, selon Alain Benichou. Dans le même temps, il a ouvert un centre de services à Lille qui devrait employer 700 personnes dans 5 ans sur des métiers d’avenir. "Nous avons besoins de moins de gens de maintenance, puisque nous sommes de moins en moins présents dans le matériel, motive le patron de la filiale française. En revanche, nous avons besoin de plus en plus de Data Scientists pour répondre au développement de la demande dans l’analytique et le Big Data. "

À Lille, IBM travaille avec Pôle emploi pour la formation de jeunes chômeurs aux nouveaux métiers. Le groupe a monté aussi une formation sur le Big Data avec HEC, et se prépare à ouvrir une IBM Academy en France pour former ses salariés aux métiers des SCAMS. Au total, Alain Bénichou estime à 2000 le nombre de postes à convertir sur un effectif total d’environ 10 000 en France.

Ridha Loukil

 

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