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"Les concurrents de la Française des Jeux sont les éditeurs de jeux mobiles", selon Xavier Étienne

Entretien Cas d'école Directeur général adjoint de la Française des Jeux, Xavier Étienne est chargé de la technologie et de l'international. A ce titre, il est au coeur de la transformation digitale de l'entreprise. L'apparition de nouveaux concurrents et de nouveaux types de jeux ont obligé l'entreprise à s'adapter pour être toujours plus agile.    Développement de jeux en ligne, adaptation du réseau de distribution, changement des modes de consommation sont autant de défis que la FDJ doit relever.    Dans le long interview qu'il nous a accordé et dont nous publions aujourd'hui la première partie, Xavier Étienne explicite la réponse stratégique de la Française des Jeux à ce changement majeur.
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Les concurrents de la Française des Jeux sont les éditeurs de jeux mobiles, selon Xavier Étienne
Xavier Étienne, directeur général adjoint de la Française des Jeux, chargé de la technologie et de l'international. © © Stanislas Liban
L'Usine Digitale : Vous avez annoncé en 2015 un plan de transformation FDJ 2020 l'an dernier. Où en êtes-vous ? 
 
Xavier Étienne : C'est un plan général qui vise à la transformation de l'entreprise. Plusieurs priorités ont été identifiées : l’accent est mis sur le digital et l'innovation, notre réseau de points de ventes sera modernisé, mais aussi notre organisation et nos modes de fonctionnement. Ceci va toucher tous les pans de notre système d'information.
 
Cette transformation concerne aussi le joueur, puisque nous proposerons de nouveaux jeux, de nouvelles manières de jouer et de nouveaux services sur les canaux numériques et dans nos points de ventes.
 
A titre d’illustration, nous mettons en place ce que nous appelons le "e-bulletin" qui donne la possibilité de préparer son jeu sur son smartphone, puis le valider auprès de nos détaillants. C'est déjà possible pour les paris sportifs et nous allons le généraliser à nos autres jeux de tirage. L’usage de ce nouveau service par nos joueurs est en constante et forte évolution depuis son lancement ce qui montre bien qu’il existe une attente.
 
Le numérique c'est d'abord de nouveaux concurrents, comme le poker en ligne ou des paris en ligne par forcément légaux en France mais accessibles par Internet. Comment réagissez vous ? 
 
Les nouveaux concurrents numériques sont aussi dans le casual ou le social gaming, et notamment tous ces éditeurs de jeux mobiles. C'est une sorte de concurrence latérale car le temps qui leur est consacré est soustrait à celui que pourraient passer nos clients sur nos jeux. Nous avons vu apparaître de nouvelles entreprises dans ces domaines qui ont cette particularité qu'elles n'ont pas de frontières, leurs jeux sont immédiatement internationaux. De notre côté, nous allons intensifier le développement de nouveaux jeux en y intégrant davantage de divertissement.
 
Ce que l'on observe, c'est qu'avec le numérique vous pouvez utiliser une plate-forme de jeu et ensuite décliner plusieurs jeux l'utilisant. C'est un moyen de renouveler plus vite vos offres ? 
 
Oui. Nous avons de tels enjeux de traçabilité et d'intégrité que tous nos jeux sont gérés par l'informatique centrale. A chaque jeu correspond une plate-forme informatique qui gère la mécanique du jeu, calcule et répartit les gains. Sur cette base, nous pouvons multiplier les mécanismes et les scénarii de jeux. Pour créer ces nouveaux jeux, nous observons et tenons compte des attentes de nos clients. Entre le développement d'un jeu et celui d'une plate-forme, le rapport est de 1 à 10, c’est ce qui nous permet de multiplier le nombre de jeux pour les joueurs.
 
Mais avez-vous les compétences pour lutter contre ces nouveaux concurrents ? 
 
L'informatique est clé dans notre activité, car un jeu c'est de l'informatique, chaque fois qu'un joueur joue, il provoque une transaction informatique enregistrée dans nos systèmes. Si la Française des Jeux réalise 14 milliards de chiffre d'affaires, c'est à partir de mises qui sont de l'ordre de quelques euros. Autrement dit, le niveau global d'activité dépend de la fiabilité de nos systèmes et de leur performance pour faire face à des pics d'activité très important par exemple quand il y a un jackpot exceptionnel, un événement sportif ou un vendredi 13.
 
Notre réseau physique comprend environ 32 000 points de vente pour environ 100 000 équipements connectés. A l'échelle du groupe, l'informatique représente 500 salariés sur un effectif total de l'ordre de 1700, ce qui en fait l'un des premiers métiers de l’entreprise.  A nos équipes, il faut par ailleurs ajouter les partenaires et les sous-traitants qui contribuent à la réalisation de nos projets.
 
Nous avons la maîtrise de nos opérations informatiques : des terminaux installés dans nos points de ventes jusqu’à nos data centers qui hébergent nos infrastructures techniques en passant par le réseau de télécommunication qui achemine les transactions. Et puis, nous avons choisi de maîtriser les technologies cœur de métier à travers nos forces développement internes et nos filiales technologiques.
 
A suivre : la stratégie RH de la Française des Jeux pour accompagner sa transformation digitale.

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