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[Mobilité] Le gouvernement en faveur de plates-formes multimodales uniques

mis à jour le 18 juin 2018 à 09H50
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Et si chaque territoire avait une plate-forme unique recoupant les différents moyens de mobilités (transports en communs, covoiturage, taxi, vélos en libre-service,…) ? C'est l'ambition du gouvernement qui a présenté mercredi 13 juin 2018 le plan "Libérer l'innovation au service des mobilités" qui constitue un des piliers du futur projet de loi d'orientation des mobilités.

[Mobilité] Le gouvernement en faveur de plates-formes multimodales uniques
Le gouvernement souhaite développer sur chaque territoire une plate-forme unique regroupant tous les moyens de mobilité. En photo, le métro à Lyon. © Wikimedia - Matthieu Riegler - c.c

Pour une mobilité optimisée, il faut centraliser l'information sur les différents modes de transport. Avec cet objectif en ligne de mire, Elisabeth Borne a présenté mercredi 13 juin 2018 à l'occasion du salon européen de la mobilité le plan "Libérer l'innovation au service des mobilités" qui constituera un des piliers du futur projet de loi d'orientation des mobilités. "L’objectif est de rendre accessible, pour consultation ou achat, l’ensemble des offres de mobilité sur un trajet donné : bus, rail interurbain, vélo en libre-service, transport à la demande…", est-il écrit dans un communiqué.

 

Mutualisation des données

Ce plan met en avant l'importance des données pour réaliser cet objectif et le fait que l'Etat et les collectivités territoriales puissent accéder aux données des opérateurs privés. Le gouvernement se fixe comme calendrier l'ouverture des données pour 2020 sur les réseaux des métropoles et les grands axes nationaux, et pour 2021 sur tout le territoire. Le but est d'avoir sur l'ensemble de l'Hexagone des applications comparant l'ensemble des modes de déplacements disponibles (transports en commun, covoiturage, taxi, vélos en libre-service, etc.) en… 2022. Et in fine, pourquoi pas, y proposer un service de billettique. Le tout en coordination avec les acteurs du secteur.

"Alors même que les autorités organisatrices publiques financent un grand nombre de projets ou d'exploitations aboutissant à la création de ces données, elles n'y ont pas accès puisque les opérateurs privés comme publics les conservent ou empêchent l'accès à l'entièreté de ces données", abonde Eric Pérard qui pilote le groupe de travail Mobilités connectées à Syntec-Ingénierie. Il cite en exemple les données détenues par l'ensemble des opérateurs, GAFAM en tête, sur le trafic autoroutier qui ne pourraient tout simplement pas exister s'il n'y avait pas de routes et d'autoroutes, infrastructures largement financées par les pouvoir publics.

 

Les collectivités territoriales au coeur de ce projet

Eric Pérard souligne la nécessité que ces plates-formes soient pilotées par les collectivités territoriales. "Aujourd'hui les offres de mobilité ne se développent pas toujours dans l'intérêt général alors même qu'elles devraient être cohérentes avec les politiques publiques", explique-t-il. "Si une application propose d'éviter un bouchon en passant devant une maternelle, c'est bien dans une logique individuelle mais pas collective qu'elle propose ce changement de trajet", ajoute-t-il.

Et si les acteurs privés semblent approuver le développement d'une telle plate-forme, ils ne sont pas prêts à laisser un concurrent la contrôler. Plusieurs acteurs se sont exprimés sur ce sujet lors de l'Urban Mobility Day organisé par Stuart mardi 12 juin 2018, la veille de la présentation du plan du gouvernement. Laurent Kennel, country manager France du service de vélo en "free floating" Ofo confirme que la question principale est celle du "business model et de qui contrôle une telle plate-forme".

"Si un acteur privé se met sur ce segment, il va casser les prix. Ce sont les autorités publiques qui doivent proposer une telle application"
, ajoute Maureen Houel, country manager France de Coup Mobility. Sceptique, elle précise qu'avec "une application unique les services de mobilité perdent leur potentiel avantage d'être préféré en raison d'une application plus fluide et mieux conçue". Ce qu'ils peuvent éventuellement perdre, le citoyen le gagnera en praticité pour organiser ses trajets.
 

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