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Orange-Bouygues Telecom : Mais qui a fait rater la fusion ?

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Orange-Bouygues, c’est fini. Selon Martin Bouygues interviewé par le Figaro, la faute n’en revient ni à lui, ni à Orange, mais à l'un des deux autres opérateurs, sans plus de précisions. Selon nos confrères, le ministre de l’Economie aurait sa part de torts avec des exigences difficiles à accepter pour le groupe de BTP.

Orange-Bouygues Telecom : Mais qui a fait rater la fusion ?
Martin Bouygues, PDG de Bouygues. © Eric Legouhy - L'Usine Nouvelle

Finalement, Orange et Bouygues Telecom ont renoncé à se dire oui. Le 1er avril, chacune des deux entreprises a confirmé que l’acquisition du second par le premier ne se ferait pas. A qui la faute ? Chacun renvoie la balle à l’autre. Si ce n’est que ce ne sont pas deux, mais cinq parties qui étaient concernées. Orange l’acheteur, Bouygues l’acheté, Iliad et Altice les concurrents intéressés par les actifs à répartir, et l’Etat, l’actionnaire.

 

Bercy trop gourmand dans la dernière ligne droite

La rumeur fait état de fortes dissensions entre le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique Emmanuel Macron, et Martin Bouygues, patron du groupe de BTP.  Dans le cadre du rapprochement, Bouygues Telecom avait demandé 10 milliards d’euros et une prise de participation de 15%. Cette dernière aurait réduit la part de l’Etat dans Orange de 23% à 20%. L'une des pommes de la discorde. Selon le Figaro, le ministre aurait réclamé un "prix plancher de 18,5 euros par action alors que les parties négociaient jusque-là à 17 euros" et "l'interdiction pendant 7 ans pour Bouygues de monter au capital d'Orange, ainsi qu'un gel des droits de vote double pendant 10 ans."

 

Orange sans taches

Dans son entretien avec le quotidien, Martin Bouygues dédouane rapidement son homologue d’Orange, Stéphane Richard, dont il loue le travail sur la fusion. Mais il rejette la responsabilité de l'échec sur l'un des deux autres opérateurs engagés dans la négociation, sans le nommer. "Si nous étions quatre à la table des négociations, nous n'étions que trois à vouloir aboutir, a-t-il déclaré sans plus de précisions à nos confrères. Manifestement, l'un des protagonistes nourrissait l'ambition d'avoir le maximum en payant le minimum, tout en gardant la possibilité de se retirer."

 

Qui de Free ou de SFR aurait freiné les négociations ?

Qui de Xavier Niel ou Patrick Drahi aurait ainsi fait échouer les discussions ? Free a bien publié un communiqué dès le 1er avril rappelant ses derniers résultats, débuté par l’étonnante phrase : "A la suite de l'échec des discussions entre Orange et Bouygues en vue d'une consolidation du marché français, Iliad poursuit son développement avec notamment une accélération du déploiement de ses réseaux très haut débit fixe et mobile et la commercialisation de ses offres simples et attractives." Difficile de savoir s’il faut y voir de l’ironie ou la volontaire démonstration que l’opérateur, encore considéré comme le petit dernier, peut largement se débrouiller sans les éléments d’infrastructure dont il aurait pu hériter suite à la fusion. On pourrait lire en creux une comparaison avec Bouygues Telecom qui pourrait, lui, avoir bien du mal à poursuivre seul. Mais rien n’est écrit aussi clairement. 

 

Mais au détour d'un entretien pour Challenges publié le 5 avril, Stéphane Richard, a dédouané le fondateur d'Iliad : "Je tiens à dire qu'il a été un partenaire loyal dans cette négociation". Et qui sait si le groupe de Patrick Drahi ne nourrit pas quelque rancœur envers Bouygues après que celui-ci a refusé de lui vendre sa filiale télécoms l’été dernier ? Pour le même montant de 10 milliards d’euros, d’ailleurs, que celui proposé par Orange. 

 

Bouygues de nouveau seul avec ses télécoms

Martin Bouygues a profité de sa prise de parole dans Le Figaro pour répéter ses deux principaux soucis : "Ma première préoccupation, essentielle, était le maintien des emplois et du statut des salariés de Bouygues Telecom. La deuxième, c'était que je crois dans l'avenir du secteur des télécoms et que je souhaitais que le groupe Bouygues demeure un acteur dans ce secteur, et donc qu'il trouve sa place d'actionnaire chez Orange." Désormais, il lui faudra soutenir seul son activité télécoms. A moins qu’un nouvel acheteur ne se présente...

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