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Pour Facebook, la clé de l'interface homme-machine du futur, c'est le poignet

Les lunettes de réalité augmentée sont riches en promesses pour l'avenir de l'informatique personnelle. Elles sont aussi un immense défi technologique, aussi bien du point de vue de la miniaturisation des composants que de l'émergence d'une interface contextuelle et ultra personnalisée sans commune mesure avec l'existant. Ces appareils devront donc comprendre leur environnement pour mieux servir leur utilisateur. Facebook, chez qui des centaines de chercheurs travaillent sur le sujet, présente sa vision et ses dernières avancées.
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Pour Facebook, la clé de l'interface homme-machine du futur, c'est le poignet
Pour Facebook, la clé de l'interface homme-machine du futur, c'est le poignet © Facebook Reality Labs

Ce n'est pas un secret, Facebook travaille d'arrache-pied sur le futur de l'informatique. Après l'ordinateur personnel il y a eu le smartphone, et après le smartphone viendront les lunettes de réalité augmentée. Si cette vision d'informatique spatialisée est alléchante, il reste un épineux problème : comment contrôler ces lunettes ?

Avec la réalité virtuelle, domaine sur lequel Facebook travaille aussi énormément, on utilise des contrôleurs dédiés pour certains usages, et il est aussi désormais possible de faire de suivre les mouvements des mains de l'utilisateur. Cependant, bien que ces méthodes ne posent pas de souci pour une utilisation ponctuelle, elles ne sont pas adaptées à une utilisation semi-permanente au quotidien, du même registre que celle d'un smartphone.

Un bracelet intelligent pour servir interagir naturellement
La solution, pour les chercheurs de Facebook Reality Labs, est une interface neuronale. Cependant, pas question ici d'implant cérébral ou de coiffe à se coller sur le crâne. On parle d'un bracelet connecté, et plus précisément de celui de la start-up CTRL-labs, que Facebook a racheté en septembre 2019. Ce bracelet lit les signaux que le cerveau envoie à la main par le biais des muscles. Il ne lit donc pas "les pensées", mais les informations indiquant aux muscles ce qu'ils doivent faire (ex: fléchir tel doigt, tourner la main dans telle direction). A plus long terme Facebook envisage même un clavier virtuel, parfaitement adapté à chacun, avec une vitesse de frappe imbattable.
 


Exemple de clavier virtuel avec des prototypes de bracelet connecté. Le produit final sera plus proche d'une montre classique.


Ces recherches sont encore à un stade préliminaire, et lors d'une présentation à la presse, l'entreprise a souligné à de multiples reprises qu'un produit n'était pour le moment pas envisagé. Facebook semble cependant confiant quant à son approche. Deux concepts sont au cœur de celle-ci : le "clic intelligent" et une interface contextuelle capable, grâce à des modèles d'intelligence artificielle complexes, de comprendre en toute circonstance ou presque ce que souhaite l'utilisateur.

La nécessité d'une interface utilisateur hyper contextuelle
Le bracelet connecté n'est donc qu'une brique technologique dans un ensemble plus complexe. Les lunettes fourniront l'aspect visuel et auditif, tandis qu'il apportera l'interface utilisateur et un retour haptique, notamment en excerçant une pression sur le poignet dans certains contextes. Mais c'est surtout sur la partie logicielle que va reposer la viabilité du produit. Dans un premier temps, le bracelet sera capable de détecter la volonté de l'utilisateur de "cliquer" sur quelque chose, comme un clic de souris (qui pourra se traduire par un infime mouvement du doigt). Rien d'autre.
 


Cela va impliquer de lui proposer les bons choix au bon moment en fonction de ce qu'il fait, d'où il se trouve, de ce qu'il se passe autour de lui. Une tâche herculéenne. Mais qui permettra aussi de grandement simplifier notre interaction avec la technologie. "Aujourd'hui, si vous voulez mettre de la musique, il vous faut saisir notre smartphone, le débloquer, ouvrir l'application adéquate, choisir la musique et sélectionner 'lecture', décrit Hrvoje Benko, Director of Research Science au sein de FRL. Ce que nous cherchons à faire, c'est réduire le nombre d'étapes nécessaires au minimum."

La question épineuse du respect de la vie privée
Le système s'appuiera pour ce faire sur les caméras intégrées aux lunettes et les capteurs du bracelet pour comprendre l'endroit où on se trouve. Ce qui pose bien sûr des questions quand au respect de la vie privée... A la fois de la sienne et de celle des autres, qui pourraient ne pas souhaiter être analysés par des lunettes à leur insu. Facebook est bien conscient de ces problématiques (d'autant plus à cause des nombreuses affaires dans lesquelles il a été impliqué ces dernières années), et recherche activement la participation du public, du milieu académique et des pouvoirs publics en la matière. C'est d'ailleurs pourquoi il communique sur ces recherches dès aujourd'hui, par souci de transparence.

L'un des points clés sera de savoir quelles données seront traitées dans le cloud et quelles autres resteront sur les lunettes. En réponse à une question de L'Usine Digitale sur ce point, Facebook répond que c'est l'objet du projet Aria, annoncé en septembre 2020. "Nous devrons trouver un équilibre entre la puissance de calcul nécessaire, les contraintes liées au format fin et léger des lunettes et les usages que souhaiteront les gens et qu'ils accepteront de notre part." Concrètement, il ne sera pas possible de tout faire sur les lunettes. Par exemple, elles nécessiteront la création d'une carte du monde en 3D, justement pour répondre à ces contraintes techniques. Le projet de Facebook en la matière se nomme Live Maps.

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