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TagPay, la fintech qui veut aider les banques à affronter… les néobanques

La start-up française, qui a fait ses armes sur une trentaine de marchés africains, se lance à la conquête des pays occidentaux. Son parti pris : aider les acteurs bancaires traditionnels à se digitaliser afin de lutter contre les néobanques. Les précisions d’Yves Eonnet, cofondateur de TagPay.

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TagPay, la fintech qui veut aider les banques à affronter… les néobanques
De gauche à droite : Hervé Manceron, Sébastien Gille et Yves Eonnet. © TagPay

C’était une fintech avant l’heure. Créée en 2005 par Yves Eonnet et Hervé Manceron, la société TagPay est née d’un constat : l’avenir du paiement passera par le mobile. "J’en étais convaincu, mais force est de constater que c’était trop tôt", reconnaît Yves Eonnet. Et pour cause : les premiers smartphones apparaissent en 2007, avec la batterie de fonctionnalités que l’on connaît, dont le paiement mobile qui arrive finalement assez tardivement.

 

Une solution open banking

C’est sur le continent africain que la société va appliquer sa vision quelque peu avant-gardiste. "Les populations sont une minorité, entre 15 à 20%, à détenir un compte en banque, analyse Yves Eonnet. Or la grande majorité détient un téléphone mobile, et les réseaux mobiles africains ont appuyé le système de prépaiement de minutes, stockées dans le téléphone". TagPay a l’idée de transformer les minutes en devises. Au départ, elle propose ainsi une technologie de paiement mobile, qui répond à un besoin de bancarisation des pays en développement. "Faute de systèmes bancaires développés au sein de ces pays, le saut technologique vers la nouvelle banque digitale a été facilité", explique-t-on chez TagPay.

 

La start-up devient progressivement une plateforme de mobile banking pour les banques qui font de l’inclusion financière. Elle évolue progressivement en un Digital Banking System qui permet via une solution en SaaS de mettre en place une banque opérationnelle digitale en trois mois, avec l’ensemble des fonctionnalités nécessaires à la gestion d’un compte bancaire. Autrement dit une solution clé en main pour les acteurs bancaires agréés permettant de lancer et de gérer des services digitaux. "Elle apporte aux banques l’architecture ouverte, le temps réel et l’agilité dont elles ont besoin dans le monde digitalisé, à bas coût, et avec un très haut niveau de sécurité", indique-t-on chez TagPay. Elle permet aux banques de se connecter de façon rapide, efficace et sécurisée aux fintechs et acteurs de l’économie locale via des API et, via l’open banking, de se mettre en permanence à niveau des dernières tendances de programmation et innovations technologiques.

 

Sur le continent africain, la société française s’appuie sur différents partenaires numériques : Yup, service de banque digitale couvrant l’Afrique de l’Ouest co-créé par la Société Générale, Pepele mobile lancé par Trust Merchant Banks en République Démocratique du Congo, Xikila Money lancé par Banco Postal en Angola, TMoney au Togo… En tout, 27 banques dans 18 pays émergents utilisent la suite logicielle de TagPay.

 

Digitaliser les banques traditionnelles via leurs filiales digitales

Mais les ambitions de TagPay ne se limitent pas aux pays émergents. La société vise désormais les pays où les grandes banques traditionnelles dominent mais où les néobanques montent en puissance. Selon une étude CGI/SAB, si les Français sont encore majoritairement clients des banques traditionnelles, ils sont cependant de plus en plus enclins à aller vers les banques en ligne. "En Occident, le marché a évolué, mais pas ses acteurs, constate le fondateur de TagPay. Or si les banques ne se renouvellent pas rapidement, elles ne resteront pas dans la course." En cause, une vision obsolète, "celle de la banque pour tous, alors que les clients souhaitent des services adaptés à leurs besoins et personnalisés, ce que proposent aujourd’hui les néobanques". 

 

Pour mieux convaincre ces acteurs d’adopter sa solution, TagPay vise leurs filiales digitales. "Le passage au digital d’une banque traditionnelle est complexe, poursuit Yves Eonnet. C’est pour cela qu’elles lancent de nouvelles structures, afin de capter de nouveaux clients dont les usages ont évolué". Première pierre à l’édifice, un partenariat signé avec La Banque Postale en 2018 via sa filiale, eZyness, dédiée aux professionnels et spécialisée dans les solutions de paiement. En croissance de 35%, TagPay annonce d’autres partenariats avec des acteurs européens et nord-américains au premier semestre 2019.

 

D’autres partenariats annoncés en 2019

Certains grands groupes ne s’y trompent pas. Société Générale a investi 2 millions d'euros au capital de la plateforme, portant sa participation à 19,23 %, à l’été 2018.  Mais l’entreprise française n’est pas seule sur ce positionnement. La fintech berlinoise Mambu, qui vient d’annoncer une levée de 30 millions d’euros, veut elle aussi développer sa plateforme de services bancaires en mode SaaS.

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