Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Comment Orange fait de l'Afrique son plus dynamique relais de croissance

Analyse Dopé par Orange Money, l’opérateur historique français a fait de l’Afrique un levier de sa croissance. Il s’appuie sur une innovation locale, et une infrastructure poids lourd, notamment le câble sous-marin ACE, bientôt supervisée par deux centres mutualisés à Dakar et Abidjan.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Comment Orange fait de l'Afrique son plus dynamique relais de croissance
Comment Orange fait de l'Afrique son plus dynamique relais de croissance © orange

Une présence dans 20 pays, 115 millions de cartes SIM clientes, 22000 employés (quasiment tous africains), 1,1 milliard d’euros d’investissement… Orange a fait du continent africain un de ses atouts. Et Marc Rennard, patron de la région Afrique, Moyen-Orient, Asie ne se lasse pas d’en rappeler les chiffres : "la région affiche 34% de taux d’Ebitda et 6% de croissance. Elle tire la croissance globale d’Orange alors que la France peine à croître et que l’Europe décroit".

 

L’opérateur français a établi une stratégie de développement sur le Continent qui s’appuie sur quelques règles simples. Il tente de s’installer dans les pays qui lui permettraient de compléter son puzzle et d’avoir une continuité physique de territoire et donc une "continuité du signal". La Sierra Leone et le Liberia, le long des côtes, ou le Tchad entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger, par exemple. Orange a aussi décidé de ne plus rester dans les pays où il n’arrive pas à être numéro un ou deux, comme en Ouganda ou au Kenya. "L’Ethiopie, par exemple, est le dernier grand pays avec un seul opérateur, et tout le monde va s’y précipiter dès qu’il va s’ouvrir, ajoute Marc Rennard. Mais, le Nigeria, par exemple, très intéressant économiquement, a déjà quatre opérateurs. Cela ne vaut pas le coup."


La pépite Orange Money

L’un des piliers bien identifié de la réussite africaine de l’opérateur est son service de paiement mobile Orange Money. Il fait partie des trois axes de croissance sur le continent, avec le haut débit sur smartphone et les services aux entreprises. "Plus de 35% des transactions en Afrique de l’Ouest sont réalisées via Orange Money, développe Marc Rennard. Et plus de 20% du PIB malien passe par notre service." L’opérateur français a même ouvert cette année une boutique réservée à ce service dans le nord de Paris. Orange qui était jusque-là abrité derrière la BNP pour son service, va devenir Etablissement de monnaie électronique (EME).

 

Dans le cadre du plan stratégique Essentiels 2020, le français vise 400 millions d’euros de chiffre d'affaires provenant des services financiers en 2020 dont 200 millions en Afrique. "Je ne croyais pas cela possible, se souvient Marc Rennard. En réalité, on aura atteint ce chiffre d'affaires dès 2018 ! Nous sommes à 80 millions d’euros pour 2015 et nous allons dépasser les 100 millions d’euros visés en 2016."


Deux centres de pilotage mutualisés à Abidjan et Dakar

Orange affirme par ailleurs réaliser en Afrique une première mondiale en ouvrant en février prochain deux centres mutualisés de pilotage de ses infrastructures. Installés à Dakar (Sénégal) et Abidjan (Côte d’Ivoire), ils superviseront à eux-seuls l’ensemble des réseaux  de l’opérateur dans 10 pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’au Bostwana. Orange y travaille depuis 2012, et a choisi l’équipementier chinois Huawei pour construire les dispositifs. "Nous sommes capables de disposer de n’importe quelle compétence dans un pays donné, mais il nous est impossible d’avoir toutes les compétences dans tous nos pays, précise Marc Rennard. Et c’est aussi un moyen d’anticiper les évolutions technologiques."

 


17000 km de câble sous les mers

La présence africaine de l’opérateur passe bien sûr par l’infrastructure, fixe et mobile. Mais elle s’appuie en particulier sur la fibre sous-marine ACE (Africa Coast to Europe) qui relie la France à la côte Ouest du Continent, pays par pays.

 

C’est Orange, à la tête du consortium éponyme de 19 opérateurs, qui installe ce câble avec Alcatel-Lucent Submarine Networks (ASN). Déjà long de 12000 km, il va être prolongé de 5000 km dans une seconde phase entre la République de Sao Tomé-et-Principe (reliée à la France par la première portion de câble) et l’Afrique du Sud.

 

Marc Rennard insiste enfin sur l’idée de s’appuyer de plus en plus sur des innovations locales. Depuis 2012,  le centre d’innovation d’Abidjan (Côte d’Ivoire) est une des briques du technocentre (avec Amman en Jordanie, inclus dans la région AMEA). Et deux jeunes pousses ont été soutenues par les programmes de l’opérateur : AfriMarket (cash to goods) et AfroStream (SVOD).

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale