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Le Luxembourg va perdre ses attraits pour les géants du numérique comme Netflix

Selon le quotidien luxembourgeois Wort, Netflix va quitter le Grand-duché début 2015 pour les Pays-Bas. Le Luxembourg devra partager les produits de la TVA sur les services en ligne avec ses voisins européens, et perd donc son avantage concurrentiel.
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Le Luxembourg va perdre ses attraits pour les géants du numérique comme Netflix
Le Luxembourg va perdre ses attraits pour les géants du numérique comme Netflix © Netflix

Netflix lancera une vaste offensive en Europe "avant fin 2014", a –t-il confirmé dans un communiqué. Ce lancement dans six pays européens, dont la France, sera supervisé depuis son siège du Luxembourg… en tout cas, pour quelques semaines. Car Netflix a annoncé au Grand-duché son intention de quitter le pays au 1er janvier, indique le quotidien Luxemburger Wort.

Fin de l'avantage fiscal

La raison ? Le Luxembourg ne pourra plus profiter de son taux de TVA réduit par rapport aux autres pays européens (15%, contre 20% pour la France et jusqu'à 27% en Hongrie - et même 3% pour les services audiovisuels).  Désormais, la TVA appliquée sera celle du pays du consommateur. Le Luxembourg sera donc contraint de progressivement partager le gâteau de la TVA du commerce électronique avec les autres pays d'Europe.

Le pays accueille les sièges sociaux de géants américains comme Amazon, qui échappent ainsi à l'impôt dans les autres pays européens. Mais cela pourrait changer. "Pour celles d'entre elles qui ont opté pour le Luxembourg principalement pour des raisons de fiscalité indirecte et qui n'ont pas voulu explorer d'autres possibilités, l'horizon 2015 devrait les amener à reconsidérer à terme leur établissement au Luxembourg. Ceci est un fait connu du gouvernement depuis le début du développement du secteur", reconnaît le Premier ministre luxembourgeois dans une lettre à deux députés.

exil vers les pays-bas

Netflix devrait migrer vers les Pays-Bas au 1er janvier, où le taux de TVA est plus élevé qu'en France (un point de plus, à 21%) mais où de nombreux avantages sont offerts aux entreprises. La question est maintenant de savoir si la fin du privilège luxembourgeois va pousser d'autres groupes à quitter le Grand-duché, et quels pays vont en profiter. Le déficit de compétivité, l'obligation faite aux acteurs du secteur de financer la création, ne plaident pas vraiment en faveur de la France… mais la préservation de l' "exception culturelle française" est sans doute à ce prix.

Sylvain Arnulf
 

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