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A Hong Kong comme à Shenzhen, la nouvelle communauté French Tech veut "innover au-delà de produire"

Avec plus de 300 membres actifs, la French Tech Hong Kong/Shenzhen entend fédérer les start-up qui se sont lancées dans l’aventure chinoise… mais aussi faire le lien entre celles restées en France et les sites de production de la région. Un rôle de facilitateur.
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A Hong Kong comme à Shenzhen, la nouvelle communauté French Tech veut innover au-delà de produire
L'essor économique de la ville de Shenzhen (Chine) lui permet de faire de la concurrence à Hong-Kong, la rivale voisine. © Simbaxu

Au sud de la Chine, en plein cœur de la Greater Bay Area (précédemment connue sous le nom de Delta de la rivière des Perles), la rivalité perdure. D’un côté, Hong Kong. Forte d'un écosystème de start-up reconnu au niveau mondial, la Perle de l’Orient a longtemps été la locomotive de l’innovation dans la région. Mais, quelques kilomètres plus au Nord, sa voisine Shenzhen occupe une place de plus en plus prépondérante dans le domaine des technologies. En ordre dispersé au début de l’aventure French Tech, c’est pourtant bien sous la même bannière qu’elles évolueront désormais. La fusion des deux hubs en une seule communauté Hong Kong/Shenzhen a en effet été officialisée par la Mission French Tech le 3 avril 2019.

 

"Quelque part, c’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, réagit Christophe Branchu, fondateur de la start-up JU&KE et ancien président de la French Tech Shenzhen. Cela permet de replacer la Greater Bay Area sur la carte de l’innovation… mais on risque de voir Shenzhen s’effacer derrière l’écrasante notoriété de Hong Kong." Une opération qui, selon l’entrepreneur, pourrait constituer un "contre-sens historique" à l’heure où la majorité des expatriés font le choix de cette ville nouvelle pour installer leur activité dans le secteur de la tech.

 

UN ACCèS A L’INTEGRALITé DE LA SUPPLY CHAIN

C’est pour suivre un master délocalisé, au cours de ses études à l’Ecole de design Nantes-Atlantique, que l’entrepreneur a posé ses valises à Shanghai en 2013. "Pendant un stage à Shenzhen, j’ai vite compris que cela deviendrait un endroit incontournable pour la tech française", explique-t-il à L’Usine Digitale. Là-bas, tout commence grâce à un accès rapide et économique à la production. Bois, verre, métaux… "Il est possible de trouver n’importe quel matériau et d’accéder à une supply chain complète à deux heures à la ronde", souligne le fondateur de JU&KE. Son agence, qui réalise le design de divers produits industriels, ne s’y est pas trompée. Installée dans un quartier d’affaires qui sort tout juste de terre, elle est surtout située à proximité de la gare de train à grande vitesse qui relie Shenzhen à Hong Kong en une vingtaine de minutes seulement. La Greater Bay Area prend ainsi tout son sens.

 

 

La communauté French Tech Hong Kong/Shenzhen a été officiellement lancée le 17 avril 2019,

depuis la résidence du consul de France à Hong Kong.

 

"Durant de nombreuses années, les entreprises occidentales y ont installé des bureaux de sourcing pour optimiser leurs coûts. Aujourd’hui, elles les transforment de plus en plus en bureaux de R&D", constate Christophe Branchu. Pour la French Tech locale, l’objectif est de "fédérer les différents acteurs français sur place" et d’expliquer qu’"au-delà d’une terre de production, il s’agit d’une terre d’innovation". Idéale pour rester à l’avant-garde en matière technologique, en d’autres termes.

 

"CONSERVER UN LIEN PRéCIEUX AVEC LA FRANCE"

Pour les entrepreneurs français à Shenzhen, adhérer à la French Tech permet d’abord de réaffirmer leur attachement à leur pays d’origine. "Cela nous permet bien sûr de conserver un lien précieux, mais aussi de cultiver une image Made in France à l’international en parallèle. C’est une étiquette qui reste encore aujourd’hui un véritable gage de qualité pour les clients", assure Laurent Le Pen, membre du conseil d’administration de la nouvelle communauté French Tech Hong Kong/Shenzhen. L’entrepreneur développe, dans le cadre de ses start-up Omate et Oclean, des brosses à dents et des wearables… le tout connecté, évidemment. Selon lui, la Mission French Tech fournit plus qu’une aide sensible à l’innovation : "C’est un véritable outil de softpower au service de la France."

 

Promotion donc, mais aussi mise en relation d’entrepreneurs et organisation d’événements communs : la French Tech a les arguments pour faire des émules. D’autres pays commencent à reprendre le concept, comme l'illustre l’expérimentation Israël Tech. En Chine, les opportunités devraient se multiplier. En octobre 2018, le gouvernement de Pékin a autorisé le territoire de Hainan à accueillir des recherches en matière de blockchain. Une décision inédite, alors que cette technologie a par le passé été assimilée à une pratique contraire à la philosophie du parti communiste au pouvoir. "Quand on entreprend en Chine, on a un sablier en tête, relativise cependant Christophe Branchu. La concurrence locale ne tarde jamais à arriver, du fait de la montée en puissance du marché domestique."

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