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Blockchain : comment ces trois grandes banques l'utilisent déjà

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Le Crédit Agricole, Arkéa Investments Services et BNP Paribas utilisent les technologies de la blockchain pour des cas d'usages variés mais bien concrets. Présentation. 

Blockchain : comment ces trois grandes banques l'utilisent déjà
Blockchain : comment ces trois grandes banques l'utilisent déjà © Davidstankiewicz - Wikimedia commons

A l'occasion d'une matinée organisée par l'Acsel et Altéir Consulting, ce jeudi 22 mars, plusieurs banques et start-up ont partagé leur retour d'expérience sur l'utilisation de la blockchain, ou plutôt DES blockchains comme tiennent à le souligner les spécialistes du secteur. L'Usine Digitale a sélectionné trois exemples d'utilisation à des stades de développement plus ou moins avancés. Présentation.

 

Les essais du Crédit Agricole sur Ripple

Le Crédit Agricole s'est initié à la blockchain à partir d'une problématique très concrète : les délais de transferts d'argent lorsqu'ils impliquent une opération de change. "Lorsque vous avez des fonds sur un compte dans une devise et que vous demandez le vendredi le rapatriement de ses fonds sur un compte en France, il faut attendre le lundi suivant pour que l'opération puisse être traitée", expose Grégory Chenue, responsable des travaux blockchain au sein de la banque. Une situation dont se plaignent certains clients des caisses frontalières avec la Suisse. Pour surmonter cet écueil, la banque expérimente une blockchain qui repose sur Ripple.

 

Cette cryptomonnaie est utilisée pour les échanges interbancaires. Elle fait office de monnaie universelle de compensation (et non comme une monnaie de paiement) afin de simplifier les transactions interdevises (échange instantané contre plusieurs jours de traitement avec le système classique) et les rendre moins coûteuses. [Lire notre article : Ce qu'il faut savoir sur Ripple, la nouvelle star des cryptomonnaie]

 

"Nous avons testé cette technologie avec de vrais clients pour faire un transfert d'argent international de la Suisse à la France", assure Grégory Chenue. "Aujourd'hui, c'est un outil qui aide à évangéliser en interne, mais nous sommes loin de l'industrialisation", reconnaît-il cependant. D'autres expérimentations sont en cours avec le protocole Ethereum.

 

BNP Paribas teste le partage sécurisé de données personnelles

BNP Paribas collabore avec la start-up Pikciochain, qui propose aux utilisateurs de reprendre la main sur leurs données personnelles. "Nous faisons le pari que demain la donnée personnelle fera partie de notre patrimoine numérique. Toutefois, la donnée doit pouvoir être qualifiée pour être valorisée. Si je dis que je gagne 100 000 euros par mois, cette donnée n'a pas de valeur. En revanche si je fournis un justificatif certifié, elle en aura", expose Gonzague Grandval, general manager Europe de la jeune pousse.

 

Pikciochain travaille aujourd'hui, entre autres, avec les entités Personal Finance et Wealth Management de BNP Paribas dans une logique de KYC (know your customer), grand principe du monde bancaire qui consiste à réunir un certain nombre d'informations sur un client. La blockchain privée développée par Pikciochain permet ensuite de partager ces données avec d'autres structures (internes ou externes à la banque) tout en permettant à l'utilisateur de garder le contrôle sur ce partage et de savoir qui détient ses données et pour quelle utilisation via un wallet.

 

"Nous travaillons avec Pikciochain pour gagner en efficacité sur l'enregistrement des clients et sur la partie KYC, et pour être en conformité au regard de la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données personnelles (RGPD)", résume Laurent Herbillon, directeur open innovation de BNP Paribas. Dans un tout autre domaine, la banque travaille également avec la start-up Stratumn dont elle est actionnaire.

 

Arkéa adopte la blockchain de SETL pour la gestion d'actifs

De son côté, Arkéa Investments Services collabore avec la start-up londonienne SETL, qui est à l'origine d'une blockchain privée très prisée des banques centrales. Sa technologie distribuée vise à améliorer le fonctionnement des infrastructures qui soutiennent les marchés financiers via la suppression d'une ribambelle d'intermédiaires intervenant dans le processus de règlement-livraison, qui correspond à toute la plomberie derrière une transaction financière.

 

La fintech a récemment développé une plate-forme baptisé Iznes destinée aux sociétés de gestion. "Iznes est un projet qui remonte à plus d'un an et qui correspond à la volonté de monter une plate-forme internationale de souscriptions et de rachats de parts de fonds", explique François Deltour, COO d'Arkéa Investments Services.

 

Dans ce cadre, la blockchain privée de SETL vise à raccourcir les délais, automatiser les processus, réduire les coûts, mais aussi à apporter plus de transparence car bien souvent les gestionnaires d'actifs ont une très mauvaise connaissance de leurs clients finaux. En effet, les ordres de souscription et de rachat sont agrégés lors de leur passage par le dépositaire des fonds. "Lorsqu'on reçoit un ordre de Cardif par exemple, on ne sait pas combien de clients se trouvent derrière cet ordre", explique François Deltour.

 

Une première version de la plate-forme est d'ores et déjà opérationnelle et réunit quatre autres gestionnaires d'actifs (OFI AM, Groupama AM, La financière de l'Echiquier et La Banque Postale AM). "C'est un MVP, (minimum viable product, ndrl), nous travaillons sur une V2", précise François Deltour. Cette version commerciale est prévue pour la mi-2018. D'autres sociétés de gestion pourraient rejoindre les premiers membres et y importer leurs fonds.

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