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D'un biplace électrique aux drones de transport de marchandises, la mue de Pipistrel

Vu ailleurs Pipistrel, entreprise slovène qui a fait certifié son biplace électrique auprès de l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (EASA), se tourne finalement vers le transport de marchandises. Elle a noué un partenariat avec SF Express afin d'adapter son appareil Nuuva V300 pour le transport de fret. Un secteur qui lui semble plus porteur.
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D'un biplace électrique aux drones de transport de marchandises, la mue de Pipistrel
D'un biplace électrique aux drones de transport de marchandises, la mue de Pipistrel © Pipistrel

Du transport aérien de personnes au transport aérien de marchandises, Pipistrel change de stratégie. L'entreprise slovène à l'origine d'un aéronef électrique qui a reçu les certifications nécessaires se tourne vers les drones pour transporter des marchandises. Un secteur qui semble plus porteur.

Un partenariat avec Uber
Pipistrel avait notamment séduit Uber Elevate avec son aéronef électrique. L'entreprise de VTC avait annoncé en 2018 avoir noué un partenariat avec le slovène, ainsi qu'avec Boeing (Aurora Flight Science), Embraer, Bell et Karem. Par la suite, comme le rapporte Bloomberg, Pipistrel a pris ses distances avec le projet d'Uber, mettant en avant le peu de progrès. La stratégie d'Uber consistait alors à multiplier les partenariats en attendant qu'une technologie suffisamment robuste émerge. L'Américain a finalement jeté l'éponge et revendu sa division en charge de la mobilité aérienne.

En parallèle, Pipistrel a poursuivi ses développements. Le Slovène est parvenu à faire certifier son biplace électrique Velis Electro et son moteur E-811 auprès de l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (EASA) en juin 2020. Green Aerolease, entreprise qui fournit des avions aux écoles de pilotages, commande alors une cinquantaine de biplaces. Les taxis volants semblaient être l'étape suivante pour Pipistrel. Mais, voyant les débauchés s'amoindrir du côté du transport aérien de personne, l'entreprise a entamé sa mue vers le transport de marchandises.

Un drone cargo en développement
Concevoir un drone de transport de marchandises est moins intimidant d'un point de vue technique, sécuritaire et réglementaire que bâtir un aéronef électrique à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL) pour transporter des passagers au-dessus des villes, a expliqué Ivo Boscarol, le propriétaire de Pipistrel, à Bloomberg. "Nous utilisons la structure et le concept de propulsion du taxi urbain pour entrer dans ce marché du fret qui a moins de restrictions", justifie-t-il.

Pipistrel ne perd pas de temps : la Chine a commencé à autoriser le vol des drones cargos et l'entreprise entend profiter de cette ouverture réglementaire. Elle a annoncé avoir signé un accord avec l'entreprise chinoise de transport de courrier SF Express en avril dernier. Le slovène va personnaliser son modèle Nuuva V300 équipé du même moteur électrique dans une coentreprise avec SF Express.

L'appareil pourra transporter jusqu'à 300 kg de charge et disposera d'une autonomie de 500 kilomètres. Amazilia Aerospace, une filiale de SF Express, va implémenter sa plateforme Automatic Flight Control System et Vehicle Management System pour que l'appareil puisse être autonome. Cette plateforme, qui comprend le matériel avionique et le logiciel permettant d'automatiser l'ensemble de la mission de fret, peut être implémentée sur des aéronef traditionnels ou des VTOL.
 

 

Jusqu'à 1 000 appareils
Le prototype équipé du système d'Amazilia Aerospace doit faire des vols d'essais en Europe avant que le processus de validation débute en Chine en 2022. D'ici 2023, SF Express entend déployer une flotte de VTOL dans ses opérations commerciales nationales et non nationales. Elle ajoute qu'elle pourrait avoir besoin de 1 000 appareils au cours de la prochaine décennie.

En parallèle, le secteur du transport de passagers à l'aide d'eVTOL semble commencer à se structurer. Des partenariats sont noués entre les entreprises ou les start-up qui développent ces appareils et celles qui pourraient déployer un service auprès du grand public. L'argent afflux et les levées de fonds sont importantes. Les compagnies aériennes lorgnent également sur ce secteur et commencent à investir.

Toutefois, la réglementation est encore loin d'autoriser la mise en place de tels services et les pays cherchent à mettre au point un système de gestion du transport aérien suffisamment robuste pour intégrer éventuellement ces nouveaux appareils au-dessus de zones habitées. Les inquiétudes autour du niveau sonore des eVTOL sont loin d'être écartées. Et le coût de développement et de fabrication de ces appareils est également un frein à la mise en place d'un service de transport aérien de passagers.

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