En 2021, les 150 start-up françaises de cybersécurité ont levé 100 millions d'euros

Comment se porte l'écosystème des start-up françaises de cybersécurité en 2021 ? Voici la question à laquelle Bpifrance Le Hub et Wavestone ont tenté de répondre dans leur radar annuel présenté à l'occasion du salon Viva Technology 2021. Résultat : avec 100 millions d'euros levés, ces jeunes pousses sont plutôt dynamiques bien qu'elles n'apportent pas encore des solutions assez innovantes pour disrupter le marché dominé par les géants américains.

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En 2021, les 150 start-up françaises de cybersécurité ont levé 100 millions d'euros

A l'occasion de Viva Technology 2021, Bpifrance Le Hub et Wavestone présentent le radar des start-up spécialisées dans la sécurité informatique. Il montre que le nombre de jeunes pousses reste stable entre 2020 et 2021 : elles sont de 150 dont 19 start-up créées depuis janvier 2020. Le radar révèle également une augmentation de 26% des équipes de taille moyenne (moins de 20 salariés) depuis l'année dernière.

100 millions euros de levés
Le montant total de levées de fonds reste également stable. Il est de 100 millions d'euros, avec une fourchette entre 3 millions d'euros et 30 millions d'euros. Le radar note une accélération des tours de table ces derniers mois. On peut citer la levée de 5 millions d'euros de HarfangLab début juin qui propose une interface centrale dédiée aux responsables de la sécurité informatique ou encore CrowSec qui a récolté 4 millions pour déployer son firewall communautaire.

Au total, 10 start-up ont franchi le cap des 35 employés et dépassent donc le périmètre du radar. Elles sont donc qualifiées de "scale-up" par Bpifrance Le Hub et Wavestone et font désormais partie d'une nouvelle catégorie. "Ces structures pourraient rejoindre le Next120 et se transformer en licorne", explique Gérôme Billois, partner chez Wavestone.


Depuis janvier 2021, deux acquisitions majeures ont eu lieu. Les start-up Sqreen et Alsid ont été respectivement rachetées par Datadog et Tenable, deux sociétés américaines. Le radar note que ces transactions ont suscité pour certains un sentiment d'inachevé mais démontrent en même temps la potentialité et l'attractivité du marché français à l'échelle internationale.

Le Covid-19, un tremplin
Bien qu'elle a ralenti leur activité, la crise du Covid-19 a également été un tremplin pour ces entreprises car la massification du télétravail et l'explosion des attaques ont participé à sensibiliser le marché aux problématiques liées à la sécurité informatique. Ainsi, la demande client s'est particulièrement affirmée sur les sujets suivants : l'anticipation de la menace, les solutions d'authentification et la réponse à incident face aux ransomwares. 21% des start-up interrogées estiment que la crise leur a procuré des opportunités.

L'importance de la sécurité informatique a été également affirmée au sommet de l'Etat. Le gouvernement a attribué en février dernier une enveloppe exceptionnelle d'un milliard d'euros, dont 720 millions d'euros de financements publics, qui doit permettre de remplir deux objectifs à l'horizon 2025 : faire émerger des champions français et garantir la maîtrise des "technologies essentielles" pour la souveraineté nationale. En parallèle, d'autres initiatives ont vu le jour telles que le "Grand Défi" d'avenir qui a permis à 11 start-up de bénéficier d'un soutien financier.

Ces initiatives montrent que "la cybersécurité est désormais une problématique transverse, à la fois métier, tech et stratégique pour les entreprises", analyse Jonathan Lascar, directeur de Bpifrance Le Hub.

Des solutions pas assez innovantes
Des progrès sont encore à faire, conclut l'étude qui estime que les acteurs de l'écosystème doivent davantage prendre des risques. En effet, la plupart des start-up ont tendance à réinventer des solutions de sécurité existantes sans apporter d'innovation majeure. Elles éprouvent ainsi des difficultés à se démarquer et à croître rapidement, note l'étude.

Le rapprochement avec le monde de la recherche et la multiplication des investissements privés et publics devraient permettre de "développer encore plus notre écosystème national", conclut Gérôme Billois.

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