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Face au sort des "Dreamers", la Silicon Valley a-t-elle atteint le point de non-retour avec Trump ?

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On ne compte plus les conflits opposant Donald Trump aux leaders de la Silicon Valley. Cette semaine, les grands patrons de la tech sont vent debout pour défendre le statut des Dreamers, ces milliers de jeunes sans-papiers régularisés sous l’ère Obama.

Face au sort des Dreamers, la Silicon Valley a-t-elle atteint le point de non-retour avec Trump ?
Face au sort des "Dreamers", la Silicon Valley a-t-elle atteint le point de non-retour avec Trump ? © Daca

Mardi 5 septembre 2017, Donald Trump a brisé le rêve de milliers de sans-papiers sortis de la clandestinité sous l’administration Obama. Par la voix de Jeff Sessions, le secrétaire d'État à la Justice, la Maison Blanche a annoncé la suppression imminente du DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals. En français : action différée pour les arrivées d'enfants). Ce décret permet aux enfants âgés de moins de 31 ans au 15 juin 2012, arrivés illégalement aux États-Unis avant l’âge de 16 ans, d’obtenir un permis de séjour de deux ans renouvelable. En cinq ans, ils sont près de 790 000 jeunes - surnommés les "Dreamers" (rêveurs) en référence au projet de loi DREAM Act - à avoir bénéficié de ce “report de déportation”.

En restant dans le flou le plus complet, Donald Trump a demandé au Congrès de trouver une solution dans les six mois à venir. Jeudi 7 septembre, face à la déferlante de critiques, notamment de la part des patrons de la Tech, le président américain a tenté de calmer le jeu en insistant sur le répit de six mois qu’il donnait aux Dreamers.

 

 

Si la Silicon Valley est sur les dents, c’est parce que bon nombre de Dreamers représentent une force de travail indispensable à l'écosystème de la Tech. Environ 220 000 jeunes régularisés DACA, toutes nationalités confondues, vivent en Californie, soit un Dreamers sur quatre. Selon le Silicon Valley Index 2017, 37,5 % des employés de la Silicon Valley sont nés à l’étranger.

 

La vallée des Dreamers

Près de 350 chefs d’entreprises américains avaient anticipé la décision de Donald Trump et l’avaient mis en garde dans une lettre ouverte, publiée le 31 août dernier sur le site du collectif pour l’immigration FWD.us initié par le fondateur de Facebook. "En tant que leaders du monde des affaires, nous sommes inquiets par les derniers développements sur la politique migratoire car ils menacent l'avenir des jeunes sans papiers ayant grandi aux Etats-Unis", pouvait-on lire en introduction de ce texte signé par de nombreuses figures de la Silicon Valley dont les boss des GAFA : Sundar Pichai (Google), Tim Cook (Apple), Marc Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon).

 

"97 % d'entre eux vont à l'école ou travaillent, 5 % ont lancé une entreprise, 65 % ont acheté un véhicule et 16 % un bien immobilier. Au moins 72 % des 25 premières entreprises du classement Fortune 500 comptent des bénéficiaires du programme DACA dans leurs rangs", détaillent-ils en concluant : "avec eux, nous nous développons et nous créons des emplois. C’est en partie grâce à eux que nous maintenons un avantage concurrentiel sur le marché mondial."

 

Suite à la décision de la Maison Blanche, les réactions et déclarations des leaders de la tech ont fusé. Bill Gates s’est dit "très déçu de la décision de mettre fin au DACA (...) : j’ai été bluffé par les Dreamers que j’ai côtoyés au travail."  Sur son blog, Microsoft a indiqué employer 39 Dreamers et s’est dit prêt à couvrir leurs frais de justice s’ils se retrouvent menacés.

 

 

Même son de cloche du côté d’Apple. Dans une note interne obtenue par Recode, Tim Cook s’est dit "profondément consterné" et a promis aux 250 Dreamers d’Apple un soutien juridique. Marc Zuckerberg a quant à lui demandé au Congrès d’agir, tout comme le PDG de Google : "Les dreamers sont nos voisins, nos amis et nos collègues. Ils sont ici chez eux".

 

 

Face à cette vague de réactions focalisées sur l’apport économique des immigrés, la journaliste Masha Gessen a tenu à remettre en avant l’impact humain du problème, dans un article du New York Times : "Des défenseurs des immigrés ont souligné que les actions de l’exécutif allaient nuire à ceux qui ont réussi, des gens qui ont obtenu un diplôme supérieur, qui ont acheté des maisons, qui travaillent pour des entreprises high tech (…) Si l’immigration n’est débattue que du point de vue de son bénéfice pour l’économie, les responsables politiques vont commencer à diviser les gens en deux catégories : 'utiles” et “illégaux'."

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