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La start-up française DirectoSanté lance une solution de télésuivi pour les malades du cancer avec Bayer

Améliorer la prise en charge des patients grâce à l'envoi de questionnaires par SMS. C'est le pari de DirectoSanté, une start-up nantaise qui vient de lancer sa solution de télésuivi pour les personnes atteintes du cancer en partenariat avec le géant pharmaceutique Bayer. Les utilisateurs de ce nouveau service pourront échanger très facilement avec le personnel soignant de leur établissement de santé.  
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La start-up française DirectoSanté lance une solution de télésuivi pour les malades du cancer avec Bayer
La start-up française DirectoSanté lance une solution de télésuivi pour les malades du cancer avec Bayer © Pixabay/Mohamed_hassan

La start-up nantaise DirectoSanté lance une nouvelle solution de télésuivi pour les personnes atteintes d'un cancer. Reposant sur un partenariat avec le géant allemand Bayer, Oncoscope a pour ambition d'améliorer le suivi médical à distance des patients via l'envoi de questionnaires par SMS.

La jeune pousse n'en est pas à son coup d'essai. DirectoSanté édite déjà un service de télésuivi des patients en chirurgie ambulatoire. Lancée fin 2016 et baptisée "DirectoSuivi", cette solution a déjà pris en charge 200 000 personnes réparties dans 14 établissements de santé, hôpitaux et cliniques français.

Fort de ces résultats, DirectoSanté a voulu aller plus loin et s'adresser à une catégorie bien particulière de patients : les malades du cancer, dont le nombre augmente chaque année. "Oncoscope est une très grosse adaptation de DirectoSuivi, explique Typhaine Servant, CEO de DirectoSanté, nous avons changé les questionnaires, les modalités, les durées de suivi…"

tester le télésuivi pour les chimiothérapies orales
"Avec Oncoscope, nous avons été finaliste du prix Galien en 2019 (qui récompense les innovations thérapeutiques, ndlr)", raconte le CEO de la start-up, contacté par L'Usine Digitale. C'est lors de l'annonce des lauréats que Bayer a proposé à la jeune pousse de tisser un partenariat avec elle. Pour le géant allemand de la santé et la chimie, l'objectif de cette collaboration est de tester l'efficacité des services de télésuivi pour les thérapies orales.

Ces dernières se distinguent des chimiothérapies par voie intraveineuse car elles se déroulent au domicile du patient. "Bayer désirait associer à ses médicaments innovants une solution pour améliorer le suivi des patients à distance", détaille Typhaine Servant, qui travailla lui-même pour le groupe pharmaceutique Novartis avant de monter son entreprise. Il précise qu'Oncoscope s'adresse à "tous les patients indépendamment de leurs traitements". En d'autres termes, même si la personne prend un traitement fabriqué par un autre laboratoire pharmaceutique, elle pourra tout de même bénéficier du service de télésuivi.

Oncoscope ne nécessite pas d'application mobile, contrairement à la plupart des solutions concurrentes. "Le patient n'a rien à faire. Il n'a pas de compte à créer", déclare le dirigeant. Toute l'installation se fait du côté des établissements hospitaliers dont le personnel soignant est chargé d'envoyer des SMS aux patients. Ils y répondent et si la situation nécessite une enquête plus poussée, le médecin en charge peut appeler la personne, voire effectuer une téléconsultation. "Etant donné que la majorité de nos patients ont 60-70 ans, nous avons choisi les canaux de communication les plus simples possibles", relève Typhaine Servant.

Concernant le business model, le CEO reste assez flou. Pour utiliser DirectoSuivi, les établissements médicaux paient un abonnement mensuel dont le montant dépend d'un certain nombre de paramètres confidentiels. Mais pour Oncoscope, "c'est Bayer qui finance la solution pour un certain temps", répond Typhaine Servant qui reste très lacunaire. "La contrepartie pour les établissements est de faire une étude démontrant la valeur ajouté du service tant pour les patients que pour les médecins", poursuit-il tout en refusant de donner plus de détails.

De nombreux établissements sont intéressés
Fraîchement lancé, Oncoscope n'a pas encore de client mais Typhaine Servant nous confie que de nombreux hôpitaux et cliniques se sont montrés intéressés par ce nouveau service. "Il y a des établissements qui utilisent déjà DirectoSuivi mais également des établissements totalement nouveaux, spécialisés ou non en oncologie, précise le CEO, nous avons des rendez-vous presque tous les jours pour finaliser de futurs partenariats".

Si Oncoscope naît en pleine crise sanitaire provoquée par le Covid-19, ce n'est pas un hasard. Le confinement et le risque accru de contamination dans les salles d'attente des cabinets ont montré l'intérêt des services de télésuivi, notamment pour les personnes atteintes de maladie grave. Preuve en est l'explosion du nombre de téléconsultations depuis le début de la pandémie. En avril dernier, l'Assurance maladie comptabilisait 1,1 million d'actes.

Cet engouement a également soulevé de nombreuses inquiétudes concernant la protection des données de santé. Une problématique centrale pour Typhaine Servant. Les données transitant par Oncoscope sont hébergées par l’opérateur cloud nantais Oceanet Technology qui a reçu la certification "hébergeur de données de santé" (HDS) en juillet 2019. "C'est un choix murement réfléchi. Nous voulions un acteur français locale qui nous apporte une sécurité fiable", indique le CEO.

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