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Le Fonds French Tech Accélération investit dans Usine IO, un fablab dédié à l'industrialisation

[ACTUALISE] Inaugurée le 1er octobre, Usine IO propose sur 1500 m² dans le 13e arrondissement parisien tout l’espace et l’équipement informatique, électronique et mécanique nécessaire pour passer de l’idée d’un produit à son industrialisation. Ce 10 juin, la structure a fait entrer Bpifrance et Prodway Entrepreneurs à son capital.
mis à jour le 10 juin 2015 à 10H38
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Le Fonds French Tech Accélération investit dans Usine IO, un fablab dédié à l'industrialisation
Le Fonds French Tech Accélération investit dans Usine IO, un fablab dédié à l'industrialisation © Pascal Guittet

Actualisation du 10 juin 2015 : Usine IO vient de boucler sa deuxième levée de fonds, dont le montant n'a pas été communiqué. Le fonds French Tech Accélération, opéré par la Caisse des Dépôts et géré par sa filiale Bpifrance dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, et Prodways Entrepreneurs, filiale de Groupe Gorgé (spécialiste de l'impression 3D, qui vient lui aussi de lever des fonds), entrent à son capital. "Ce tour de table permettra à Usine IO de renforcer ses services d’aide à la conception et à la mise en production, de consolider son équipe d’experts et de lancer son développement à l’échelle européenne", indique le lieu dans un communiqué. C'est le deuxième investissement du Fonds French Tech après Axeleo à Lyon. Une troisième opération devrait suivre prochainement.

Usine IO n’est pas vraiment une usine. Pas au sens du XIXe siècle, du moins. On n’y fabriquera pas de produits en série. En revanche, ce qui devrait sortir à la chaîne de cette ancienne galerie d’art de 1500 m2, située 181 rue Chevaleret, Paris 13e, ce sont des prototypes de produits industrialisables, des plans et des maquettes. Ils seront transmis aux fabricants, tôliers, plasturgistes, assembleurs électroniques… qui fabriqueront les objets, connectés au non, mais designed in France, de demain.

"Lorsque nous avons lancé l’idée d’installer un atelier de fabrication numérique dans Paris, au printemps 2013, il est ressorti de notre consultation que les porteurs de projets avaient surtout besoin d’accompagnement", explique Benjamin Carlu, ingénieur Arts et Métiers à l’initiative du projet et cofondateur d’Usine IO avec Agathe Fourquet, ex responsable de communication des pôles Cap Digital et Systematic, et Gary Cigé, diplômé de la Solvay Business School (le HEC Belge). Trois amis de 10 ans.

C’est pourquoi Usine IO ne se contente pas de mettre à disposition des bureaux, des imprimantes 3D, des machines à découpe laser ou à bois, à graver, des postes de CAO, un tour, une fraiseuse, une ponceuses, etc. Les abonnés du lieu (à partir de 150 euros par mois) peuvent solliciter à tout moment l’aide du responsable de l’atelier, Nicolas Ehrhart, un mécanicien vélo passionné, passé par la sous-traitance aéronautique, mais aussi de trois experts : Romain Staath pour la CAO, expert Catia et Solidworks passé chez Hutchinson (groupe Total) et MBDA (groupe Airbus) ; Frédéric Wets, expert méthodes et production, qui a travaillé 10 ans chez Scentys sur la conception de produits odorants innovants ; et l’expert en électronique, en cours de recrutement.

Des experts conseils en production industrielle

"Ce qui change aussi comparé à une entreprise classique, c’est que tout est au même niveau : la conception, la méthode et le prototypage", pointe Benjamin Carlu. Rare à Paris, le lieu a en effet permis à l’équipe de découper, au rez-de-chaussée, un plateau de 1000 m2 en plusieurs espaces : 500 m2 d’un open space relié à internet pour la conception, avec 5 poste de CAO (SolidWorks pour la mécanique et Eagle pour l’électronique) et deux salles de réunions, et 500 m2 d’ateliers, avec un premier espace sans poussière ni copeau, destiné aux matières molles (papier, textile, vinyle) et à l’électronique, et trois autres espaces dédiés l’un à l’assemblage, l’autre au bois et le troisième à la fabrication. Pour l’instant, l’accès aux machines (d’une valeur de plusieurs centaines de milliers d’euros et achetées pour partie d’occasion) sera réglementé et accompagné par le chef d’atelier. A termes, un système de badge les rendra plus libres. A l’étage, 500 m2 sont aménagés en espace de coworking (loué 450 euros par mois à l'abonné), avec des bureaux privatifs pour les entreprises désireuses d’un peu de confidentialité.

Car Usine IO ne cible pas uniquement les start-up ou les porteurs de projets indépendants. Parmi les premiers utilisateurs (le lieu compte déjà une quarantaine d’abonnés), on trouve des industriels, comme Air Liquide, qui dispose pourtant de son propre fablab parisien. Au-delà des 200 000 euros obtenus en devenant l'un des trois lauréats francilien (avec ICI Montreuil et le Fabclub de l’ENSCI) de l'appel à projet "Fablab" du gouvernement, Usine IO peut compter sur des investisseurs eux aussi très industriels : Xavier Niel (Free), Jacques-Antoine Granjon (Vente-privée), Henri Seydoux (Parrot) et Hugues Souparis d’Hologram Industrie. Et ils comptent bien profiter du lieu pour motiver la créativité de leurs salariés makers.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Sunny
01/10/2014 18h40 - Sunny

C'est une très bonne nouvelle, espérons que cette initiative soit reprise dans toutes les régions de France. Dans le passé, j'ai conçu un vêtement connecté: les technologies mises en œuvre concernaient le textile, l'électronique, l'informatique et la plasturgie. Très difficile de faire avancer son projet quand on n'a pas "ses entrées" dans les différents milieux industriels. Il était alors bien plus facile et rapide de travailler avec des fabricants chinois (merci internet !). Espérons que cet atelier de création industriel facilitera les relations entre les porteurs de projets et les industriels locaux ou nationaux. Tout le monde serait gagnant ! D'ailleurs, soyons fous,ne pourrait-on pas imaginer une sorte de sponsoring industriel: Les créateurs membres de ces fabshops/fablabs pourraient exposer leurs projets et des entreprises sous traitantes qui seraient partenaires de ces fabshops/fablabs pourraient choisir de s'associer au développement d'un projet en prenant à leur charge tout ou partie de l'industrialisation (amélioration de la conception, achat matières, outillage, fabrication de pré-série ou de sous-ensemble). En retour, les sponsors deviendraient fournisseurs privilégiés lors de la production en série et ils gagneraient sans doute "en agilité" et en créativité. L'idée étant de créer et fabriquer (si possible en France) à moindre coût et pour le bien de tous... On peut toujours rêver !

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