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Les opérateurs télécoms s’agacent du flou qui persiste autour des équipements 5G de Huawei

Alors que le gouvernement ne clarifie pas sa position vis-à-vis des équipements 5G de Huawei, les opérateurs télécoms exigent une réponse rapide pour savoir à quoi s’en tenir au moment d’investir. Certains d’entre eux ont déposé des demandes d’autorisation.
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Les opérateurs télécoms s’agacent du flou qui persiste autour des équipements 5G de Huawei
Les opérateurs télécoms s’agacent du flou qui persiste autour des équipements 5G de Huawei © Twitter @orangebusiness

Avec ou sans Huawei ? Alors que les fréquences 5G doivent être attribuées par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) au début du printemps 2020, les opérateurs télécoms sont toujours dans le flou quant aux équipementiers auprès desquels ils pourront se fournir. La loi dite "Huawei" – même si elle ne cible pas explicitement le géant chinois – promulguée la semaine dernière prévoit des contrôles stricts de leurs équipements. Rien, au demeurant, au sujet d’une interdiction ou d’une autorisation de ceux produits par la marque au lotus.

 

"UN NON-SENS", SELON ORANGE

Pour montrer leur inquiétude et obtenir des éclaircissements, les opérateurs télécoms ont décidé de déposer des demandes expresses comprenant des équipements Huawei à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). SFR aurait déjà adressé des dossiers pour Nokia et Huawei. Bouygues Telecom s’apprêterait à le faire. Partenaire de longue date de Nokia, Free n’a pas fait part de ses intentions. L’Anssi a deux mois pour faire connaître sa décision... une absence de réponse signifiant un refus.

 

Si Orange a écarté l’idée d’utiliser du matériel de la marque chinoise en France, il en utilise sur d’autres de ses marchés – comme en Pologne ou en Afrique. Par la voix de son président-directeur général, l’entreprise a montré son agacement. "Le mythe selon lequel les antennes fabriquées en Chine embarquent un microphone qui permet au régime chinois d’épier les conversations est non-sens total", a ainsi témoigné Stéphane Richard, lors d’une audition au Sénat ce mercredi. L’objectif ? "Comprendre les règles du jeu et ne pas être bêtement bloqué par la suite." En d’autres termes, les opérateurs télécoms sont coincés entre l’apparente neutralité du gouvernement et la réalité des contrôles... qui pourraient leur faire perdre de l'argent.

 

Cette déclaration intervient au lendemain du lancement de la procédure d’attribution des fréquences par l’Arcep. Le ministère de l’Economie et des Finances a validé les recommandations du gendarme des télécoms, y ajoutant la possibilité d’étaler le paiement des blocs obtenus sur 15 ans pour s’assurer que la concurrence soit maintenue. Le président de la Fédération française des télécoms (FFT), Arthur Dreyfus, a même demandé à ce que la "procédure soit reportée le temps qu’une décision soit prise" par l’exécutif. Pour mémoire, la France est déjà en retard de plusieurs mois sur son calendrier initial.

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