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Pourquoi Ericsson aplatit son organisation et crée une entité médias

Poussé par la transformation du marché, la virtualisation des télécoms et la concurrence, Ericsson se réorganise. Il crée six business units parmi lesquelles une toute nouvelle, consacrée au secteur des medias.
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Pourquoi Ericsson aplatit son organisation et crée une entité médias
Pourquoi Ericsson aplatit son organisation et crée une entité médias © ©Per Myrehed

Poussé par la concurrence et un marché de plus en plus difficile, l’équipementier télécoms suédois Ericsson a annoncé une réorganisation industrielle dont il espère qu’elle lui permettra d’enrayer la chute de ses ventes. Il y voit la concrétisation industrielle d’un virage déjà entamé vers la virtualisation, le logiciel, les services et des marchés autres que celui des opérateurs télécoms. Un moyen d’accélérer pour atteindre un objectif de réduction des coûts déjà annoncée de plus de 1 milliard d’euros d’ici 2017.

 

Une réorganisation en 6 business units

L’entreprise comptera donc désormais 4 business units produits et services, une business unit sectorielle, ainsi qu’une entité commerciale. Ericsson va consacrer une business unit produits et une business unit services à son métier historique, les réseaux pour les opérateurs, et deux mêmes entités à l’informatique et au cloud. Plus innovant pour l’équipementier, une 5ème business unit sera consacrée à un marché ciblé qu’il développe depuis plusieurs années : les medias.

 

Changer les processus pour aller plus vite

Interrogé par l’Usine Digitale, Hans Vestberg, le CEO d’Ericsson, explique : "Il s’agit bien de changer les processus de l’entreprise, pour fournir plus vite de nouvelles fonctions et réduire le temps entre la conception d’une offre et sa mise sur le marché." Afin de raccourcir et d’optimiser les délais, chacune de ces 5 entités regroupera désormais toutes les équipes, de la R&D concernée jusqu’à la vente. Et pour ce faire, comme le précise le patron de l'équipementier, "ces différentes entités auront aussi désormais davantage d’autonomie de décision." Les six nouvelles entités lui reporteront directement, sans intermédiaire.

 

Une nouvelle entité réservée aux medias

La business unit media est, quant à elle, la première d’un nouveau genre pour l’équipementier. Elle ne se concentre plus sur les offres technologiques mais cible, de la conception à la vente, le secteur des medias, sur lequel l’entreprise travaille depuis plusieurs années. "Nous proposons depuis longtemps des systèmes pour les diffuseurs medias, de la TV logicielle, de l’IPTV... rappelle Hans Vestberg. C’est déjà un business en très forte croissance chez nous et il fallait plus d’efficacité pour mieux l’exploiter. Les logiciels TV, par exemple, étaient auparavant développés dans notre entité consacrée au logiciel, par exemple. Désormais, ils seront dans la nouvelle BU Medias."

 

Les transports, l’énergie et la sécurité publique

Ericsson a aussi créé une nouvelle entité pour d’autres secteurs verticaux sur lesquels il travaille déjà : les transports, l’énergie (utilities) et la sécurité publique. Moins mûrs que les medias, pour l’équipementier ? Toujours est-il qu’ils sont regroupés dans une entité uniquement commerciale. Les produits et les services qu’elle vendra seront développés dans les 4 business units techniques.

 

Plus de logiciel, car plus de virtualisation

De plus, la nouvelle organisation met encore davantage l’accent sur le logiciel avec les business units consacrées aux produits et services cloud et informatique. Virtualisation des télécoms oblige. "Notre R&D est déjà complètement orientée vers le logiciel, précise Hans Vestberg. Dans le cloud et les medias en particulier. On se dirige déjà vers du matériel nu équipé de logiciel spécifique. On virtualise déjà beaucoup de fonctions, comme l’Evolved packet core (échange entre les stations de base et cœur de réseau, ndlr), la voix sur IP, le sous-système multimedia (IMS)… Et dans cette transition vers le logiciel, le plus gros problème n’est pas forcément la diminution des marges par rapport au matériel – ce n’est d’ailleurs pas forcément le cas  mais plutôt la difficulté de faire croître l’activité, de passer à l’échelle."

 

Selon le patron de l’équipementier, ses ventes de services affichent aujourd’hui une croissance à deux chiffres, même si la partie professionnelle est seulement stable. "Il y a 10 ans, les services ne représentaient que 3 milliards d’euros dans notre chiffre d'affaires, précise-t-il. Aujourd’hui ils comptent pour près de 15 milliards d’euros. Et nous avons 66000 personnes qui travaillent dessus (sur un effectif de 116 000, ndlr)".

 

Des résultats à la baisse et un Huawei tout puissant

Le Suédois n’a pas d’autre choix que de se transformer face à cette révolution dans son métier. Mais la concurrence est aussi là pour le rappeler à l’ordre. En 2015, Huawei lui a ainsi pris de façon spectaculaire la première place sur le podium des équipementiers télécoms. Le chinois a réalisé l’an dernier un chiffre d'affaires de 75% supérieur à celui du suédois (48 milliards d’euros contre 27 milliards d’euros) ! Même si leurs périmètres ne sont plus les mêmes – Ericsson n’ayant plus d’activité smartphone, par exemple  le coup est dur à encaisser.

 

Et les résultats du premier trimestre 2016 ont confirmé les difficultés d’Ericsson. Son chiffre d'affaires a chuté de 2% en un an. "Attention, notre réorganisation n'est pas consécutive à ces résultats. Elle n’a pas été réfléchie en 3 mois, insiste Hans Vestberg. Nous y travaillons depuis plus de trois ans et elle est la suite logique de notre évolution de ces dernières années, vers de nouveaux secteurs, plus de logiciels, plus de services."

 

 

Une réorganisation qui ne devrait pas affecter la France
En France, 320 employés Ericsson, issus du rachat de Technicolor Broadcast Services, travaillent sur l'activité média de l'équipementier. Ce dernier dispose aussi d'une équipe rennaise sur ce sujet arrivée avec une autre acquisition en 2015. Celle d'Envivio, une entreprise d’encodage vidéo. Selon la direction de la communication France, ces employés rejoignent la nouvelle business unit consacrée aux medias. Pour autant, ils devraient rester à Boulogne dans les Hauts-de-Seine et en Bretagne. Plus globalement, le Suédois ne prévoit pas de plan de départs au-delà de celui déjà entamé en 2014 et qui doit concerner 2200 employés d’ici à la fin 2017. 

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