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Sharp Europe fusionne ses activités et se concentre sur le B2B

Suite à sa réorganisation, Sharp Europe est sorti du marché grand public pour se concentrer sur le Business to Business. Un revirement à contre-courant qui s'accompagne d'une consolidation de ses divisions écrans professionnels et gestion de documents (imprimantes multifonctions) grâce au cloud.

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Sharp Europe fusionne ses activités et se concentre sur le B2B
Sharp Europe fusionne ses activités et se concentre sur le B2B © Julien Bergounhoux

Du 14 au 16 octobre, Sharp Europe organise à Malte la Sharp Inspire Expo 2015, pour présenter tant ses nouveaux produits et services que sa nouvelle stratégie. Les dirigeants du groupe japonais sont notamment revenus sur le repositionnement de Sharp après une difficile restructuration du groupe au niveau mondial il y a quelques mois.

 

Un repositionnement B2B

L'entreprise a fait le choix à contre-courant de sortir du marché B2C pour étancher les pertes de son activité d'écrans LCD grand public, fortement concurrencée par les coréens Samsung et LG. C’est donc la division B2B, historiquement minoritaire dans le groupe mais dont la profitabilité n'a pas baissé, qui représente désormais 90% de ses activités de produits finis en Europe, d’après le président de Sharp Electronics Europe, Ted Kawamura. Elle se concentre sur trois activités : les imprimantes multifonctions, les écrans d’affichage professionnels et les panneaux solaires.

 

La France est le moteur de cette division B2B, selon Bruno Humbert, directeur général de Sharp Business Systems France et region manager pour l’Europe du Sud. "Nous avons enregistré 16% de croissance en 2014, et nous aurons 10% de croissance en 2015 sur le segment des imprimantes multifonctions", avance-t-il. La croissance pour la zone Europe dans son ensemble est de 2,5%. Le chiffre d’affaires réalisé par Sharp France sur ce seul secteur serait de 130 millions d’euros en 2015, d’après ses estimations.

 

Se consolider grâce au cloud

Pour se démarquer de la concurrence, Sharp Europe a également mis en œuvre une stratégie de fusion de ses activités d’affichage (Visual Solutions) et de gestion de documents (Document Solutions). Le but ? Créer une solution de bureau intégrée. "Nous essayons de maximiser les technologies et les produits que nous avons à notre disposition. A la fois en les optimisant mais aussi en les faisant converger. C’est de cette manière que les petits acteurs peuvent avoir du succès sur un marché," nous a confié lors d'un entretien Jun Ashida, président de Sharp Information Systems Europe. Une étude de Sharp révèle que 35% des entreprises achètent une solution logicielle séparément des produits qu'ils vendent. Le Japonais veut puiser dans ce marché avec ses solutions intégrées.

 

Cette stratégie s'appuie sur Cloud Portal Office, une plate-forme cloud lancée en 2014 dont la version 2.0 a été annoncée lors de l’évènement. Celle-ci, développée en interne, permet un stockage (dans un centre à Francfort) et une gestion délocalisée des documents, à laquelle on peut accéder depuis un site distant, sur un ordinateur comme un appareil mobile, etc. Elle s’interconnecte aussi avec d’autres solutions cloud comme Dropbox ou Office 365 afin d’y récupérer ou d’y envoyer des documents. Cloud Portal Office suit un modèle SaaS, avec un coût de 10 euros par personne par mois. Son utilisation la plus convaincante lors des démonstrations s’est faite en conjonction avec le Big Pad, un tableau blanc interactif de 80 pouces également annoncé à l’évènement.

 

Etre un partenaire et pas un fournisseur

Si Sharp Europe réalise 50% de ses ventes en direct, ses dirigeants ont largement insisté sur l’importance de ses rapports avec les revendeurs, dont 850 sont présents à l’évènement. Son ambition est d’établir et de conserver des partenariats, y compris auprès de ses clients, qui sont majoritairement des petites et moyennes entreprises. "Notre but n’est pas de gagner des parts de marché ou d'être numéro un, c’est d’avoir une relation de qualité avec nos clients," expose Jun Ashida. Cela passe dans certains pays comme l’Allemagne par du conseil et des services étendus, comme la conception d’espaces de travail (positionnement des bureaux, de l’éclairage...). "Nous ne nous limitons plus à la vente de produits", confirme t-il.

 

Si Sharp reste à l'affût d'opportunités auprès de grandes entreprises ou de gouvernements, Jun Ashida fait preuve de réalisme quant au manque d'infrastructure et de marge de manoeuvre financière de Sharp pour s'y imposer face aux leaders du marché. "Ce n'est pas notre priorité, nous nous concentrons en premier lieu sur nos clients établis." Des clients pour lesquels Sharp Europe se targue d'avoir un taux de rétention proche de 100%. Les racines japonaises du groupe transparaissent dans cette philosophie. "Je favorise un progrès par petits pas, continu et constant, plutôt que de grands bonds en avant. Je ne recherche pas de gros titres dans la presse," poursuit Jun Ashida.

 

Des principes louables, mais suffiront-ils à Sharp pour retrouver un jour sa grandeur passée ? Du moins lui permettent-ils de subsister jusqu'à la prochaine grande révolution. "Elle se fera peut-être dans la robotique ou le médical, mais pas dans les imprimantes", souffle Jun Ashida.

 

Julien Bergounhoux, à Malte

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