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Sous pression du FBI, Apple aurait renoncé au chiffrement de bout en bout des sauvegardes dans iCloud

Vu ailleurs Cela fait deux ans qu'Apple aurait abandonné son intention de permettre aux utilisateurs d'iPhone de chiffrer entièrement les sauvegardes de leurs appareils sur son cloud. Cette décision aurait été prise suite à de nombreuses plaintes émanant du FBI, qui estimait que cette nouvelle fonctionnalité entravait considérablement ses pouvoirs d'enquête.
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Sous pression du FBI, Apple aurait renoncé au chiffrement de bout en bout des sauvegardes dans iCloud
Sous pression du FBI, Apple aurait renoncé au chiffrement de bout en bout des sauvegardes dans iCloud © Unsplash/Harpal Singh

Apple aurait abandonné depuis deux ans son intention de permettre aux utilisateurs d'iPhone de chiffrer entièrement les sauvegardes de leur appareil dans iCloud, révèle Reuters le 21 janvier 2020. Cette décision ferait suite à de multiples plaintes émanant du FBI, qui assurait que la volonté de la firme technologique entravait considérablement la bonne conduite des enquêtes policières. En effet, le recours au chiffrement de bout en bout permet de s'assurer que seuls l'expéditeur et le destinateur d'un message peuvent le consulter, éliminant toute possibilité d'interception.

 

Une fonctionnalité imaginée suite à un attentat

Plusieurs types de données sont déjà chiffrées dans iCloud, comme les informations de paiement, les mots de passe du trousseau iCloud ou encore les messages. Mais Apple avait imaginé étendre cette fonctionnalité aux sauvegardes d'appareils au moment de l'attentat de San Bernardino, qui a fait 14 morts.

 

Suite à cette tuerie, le FBI avait demandé à Apple de mettre au point un système d'exploitation iOS ad hoc permettant de contourner les mesures de sécurité qui empêchent l'accès aux données chiffrées sur un iPhone saisi par le FBI. La firme de Cupertino a refusé, estimant que créer de toute pièce une version fragilisée de son propre système d'exploitation était une manipulation dangereuse, car rien ne garantissait que cette version ne soit utilisée qu'une seule fois.

 

Le même argument a été utilisé par Facebook, début décembre 2019, lorsque les gouvernements américain, britannique et australien lui ont demandé de mettre un terme au chiffrement de bout en bout sur ses applications de messagerie. L'entreprise de Mark Zuckerberg estime qu'il est techniquement impossible de créer une porte dérobée (backdoor) qui permettrait aux autorités d'accéder aux échanges entre utilisateurs tout en garantissant qu'elles seules y auront accès. Cette position fait consensus parmi tous les experts du sujet.

 

Apple refuse d'être "l'entreprise qui protège les criminels"

Les pressions du FBI ont donc suffi à Apple, qui ne souhaite visiblement pas être étiquetée comme une entreprise protégeant les criminels, ni pousser les autorités à adopter des mesures radicales pour interdire totalement le chiffrement. Cette annonce intervient alors qu'Apple est en plein litige avec le FBI, qui lui demande de déverrouiller deux iPhones suite à la tuerie survenue dans un aérodrome floridien le 6 janvier 2020.

 

La réponse de la firme a été limpide : "aucun accès détourné n'est possible". Une réponse qui n'a pas du tout plu à Donald Trump, qui a enjoint Apple de "prendre immédiatement ses responsabilités" sur Twitter. Finalement, le FBI a réussi à déverrouiller les téléphones sans l'aide d'Apple, le 19 janvier 2020. Cette manœuvre aurait été rendue possible grâce au boitier GrayKey développé par Grayshift.

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