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Tristan Nitot, nouveau directeur général de Qwant, veut "se focaliser sur la qualité du moteur et son indépendance"

Entretien Tristan Nitot devient le nouveau directeur général de Qwant, la start-up française qui se rêve en rival de Google. Ce vétéran du logiciel libre, fondateur et ancien dirigeant de Mozilla Europe, va s'ateler à structurer la jeune pousse, à mieux communiquer et à améliorer la qualité et l'indépendance de ses produits. Il a répondu aux questions de L'Usine Digitale à l'occasion de sa nomination.
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Tristan Nitot, nouveau directeur général de Qwant, veut se focaliser sur la qualité du moteur et son indépendance
Tristan Nitot, nouveau directeur général de Qwant, veut "se focaliser sur la qualité du moteur et son indépendance"

La start-up française Qwant, qui développe depuis 2013 un moteur de recherche alternatif à Google, a un nouveau directeur général. L'annonce a été faite ce jeudi 19 septembre 2019 de la nomination de Tristan Nitot à ce poste. Il occupait depuis 15 mois le rôle de Vice President Advocacy au sein de l'entreprise. Le précédent directeur général, François Messager, quitte l'entreprise. Éric Léandri en reste le président.

 

Ingénieur informatique diplômé de Supinfo et titulaire d'un mastère ESCP en management social, Tristan Nitot est surtout connu pour avoir créé et dirigé Mozilla Europe pendant 12 ans. Il rejoint la start-up Cozy Cloud en 2015, puis arrive chez Qwant en 2018. Très respecté dans l'écosystème européen du logiciel libre, il prend les rênes de Qwant à une période difficile, après plusieurs affaires couvertes au mois d'août par nos confrères de NextInpact. A l'occasion de sa nomination, Tristan Nitot a accepté de répondre aux questions de L'Usine Digitale sur la situation de Qwant et ses projets pour la start-up.

 

L'Usine Digitale : Quels ont été les éléments qui ont motivé votre nomination ?

Tristan Nitot : L'ancien directeur général, François Messager, a structuré Qwant sur les aspects financiers depuis 15 mois, et a notamment mis en place un Chief Financial Officer. Mais Qwant est désormais dans une phase qui nécessite quelqu'un qui a davantage de capacités de communication, ce qui est mon cas. Cela vaut aussi bien en interne vis-à-vis de nos équipes qu'à l'extérieur sur le territoire national et à l'international.

 

Comment va s'articuler votre rôle par rapport à celui d'Éric Léandri ?

Éric reste aux commandes en tant que président, c'est lui qui m'a choisi. Il a énormément d'énergie, beaucoup d'audace, donc on le laisse partir devant et mon rôle va être de m’assurer que l'organisation suive derrière.

 

Quels vont être vos grands chantiers ?

Les produits, l'organisation, les ressources humaines et la communication. Du côté des produits, nous allons nous focaliser sur la recherche, sur la qualité du moteur et son indépendance. C’est fondamental, c’est une promesse de Qwant et il faut qu’on aille plus loin que ce que nous faisons aujourd'hui. Il nous faut aussi développer une régie publicitaire. Elle existe déjà, elle a déjà été testée sur Qwant News mais il faut l’étendre à d’autres produits avec d’autres débouchés. Il faut qu'elle nous apporte de meilleures marges. De plus, la régie est externalisée pour le moment [chez Microsoft, NDLR], mais cela a vocation à se terminer petit à petit.

 

La signature de ce partenariat avec Microsoft est pourtant récente, elle date de mai 2019...

Oui, notre partenariat historique avec Microsoft continue mais il évolue en fonction de nos besoins, il glisse d'une gamme de produits à l’autre. C'est une question de ressources de notre côté : il nous faut suffisamment de fonds à la fois pour payer nos ingénieurs et financer notre infrastructure, nos serveurs. Cela se fait petit à petit. C'est quasiment fini sur Search, c'est en place depuis longtemps sur Qwant News, mais sur Qwant Images par exemple, ce n'est pas encore le cas. Le moteur pour les images, qui s'appelle QISS, est prêt et accessible en beta, mais il nous manque l'infrastructure pour le mettre en production et nous nous appuyons donc encore sur Bing Images.

 

Étant donné le discours de Qwant sur la souveraineté, certains vous reprochent de ne pas faire appel à OVH plutôt qu'à Azure...

Il y a plusieurs raisons à cela, à la fois sur le plan business, sur lequel je ne veux pas m'étendre, et aussi sur le plan technique. Nous avons testé OVH pendant plusieurs mois, mais nous souhaitions disposer d'architectures FPGA pour faire tourner nos réseaux de neurones, ce dont dispose Azure. Cela a contribué à ce choix. Maintenant, l'idée est évidemment de ne pas être dépendant d'un prestataire cloud et de pouvoir un jour porter nos technologies ailleurs.

 

Comment va le moral en interne ? Votre nomination a été bien accueillie ?

Des échos que j'ai eus, les gens sont très contents. Je suis intégré au sein des équipes R&D depuis mon arrivée. J'essaie de faire le tour des bureaux aussi. Éric est plus entre deux portes, il est beaucoup en déplacement. Je voyage moins de mon côté, et je vais lever le pied sur mes interventions dans les conférences afin d'être plus présent pour nos équipes.

 

Vous avez mentionné un enjeu organisationnel ?

Oui, il faut que les gens se sentent responsabilisés, il y a une approche RH à mettre en place. Qwant est en période de forte croissance et c'est difficile, nous avions besoin de capacités à une époque, puis on en a eu besoin d’autres. C'est un peu l'adolescence de l'entreprise. Tout change et c'est dur. On n'est pas une PME tranquille, on essaie de faire des choses audacieuses en France, et il est évident que ce n'est pas facile. Tout cela évolue et je suis là pour essayer de structurer les choses, de mettre en place des process, de faire en sorte que les gens se sentent bien et soient efficaces. Je vais me concentrer sur l'ingénierie et la culture d’entreprise.

 

Au niveau des finances, vous en êtes où ?

Nous levons des fonds en ce moment, en obligations convertibles. Nous n'avons rien à annoncer à l'heure actuelle, mais c'est ma priorité numéro un et cela sera vite clôturé.

 

A titre personnel, comment vivez-vous cette prise ce poste ?

Cela sera forcément un challenge pour moi car Qwant est un challenge de manière générale. Mais quand on a pris la décision de monter Mozilla Europe en 2003, on était chômeurs, il y avait 8 employés à la fondation aux Etats-Unis, il n'y avait pas de business model et en face on avait Microsoft avec 95% de parts de marché. J'ai réussi des choses audacieuses par le passé, j'ai aussi échoué parfois, mais je pense que Qwant est une noble cause et donc on va essayer d'y arriver.

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