Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Un Taïwanais à la tête de Sharp, une première au Japon

Analyse Foxconn place à la tête de Sharp un Taïwanais, ce qui constitue une première au Japon. Le nouveau patron aura fort à faire pour redresser le groupe japonais de l’électronique en difficultés chroniques depuis 5 ans.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Un Taïwanais à la tête de Sharp, une première au Japon
Sharp, premier groupe japonais dirigé par un taïwanais. © D.R. - Sharp

Triste sort pour Kozo Takahashi. Le PDG de Sharp, qui a négocié la reprise de son groupe par Foxconn au grand dam du gouvernement japonais, devra s’éclipser. Il va laisser sa place à Tai Jeng-Wu, le bras droit de Terry Gou, président-fondateur du géant taïwanais de la sous-traitance électronique. Ce changement sera confirmé par l’assemblée des actionnaires le 23 juin 2016. C’est la première fois qu’un groupe japonais sera dirigé par un Taïwanais.

 

Deux années consécutives de pertes

Ce changement était prévu dans l’accord définitif de reprise de Sharp par Foxconn conclu en mars 2016. Il signe la volonté de Terry Gou de prendre en main le groupe japonais d’électronique en difficultés chroniques depuis 5 ans.

 

Le nouvel homme fort aura fort à faire pour redresser le groupe d’Osaka, l’un des trois fleurons de l’électronique du Japon aux cotés de Sony et Panasonic. Sur le dernier exercice fiscal clos fin mars 2016, Sharp affiche un chiffre d’affaires en baisse de 11,7% à 2461,5 milliards de yens, l’équivalent de 22,6 milliards de dollars, et déplore une perte de 255,9 milliards de yens, la deuxième en deux ans.

 

Priorité des priorités : redresser les écrans LCD

La priorité de Tai Jeng-Wu sera de remettre à flot les écrans LCD de Sharp. Une activité qui souffre du ralentissement de la demande dans les mobiles et du déclin des ventes dans la télévision. Sur le dernier exercice, elle accuse une chute de 14,9% du chiffre d’affaires à 771,5 milliards de yens et une perte d’exploitation de 129,1 milliards de yens, soit près de 80% de la perte d’exploitation du groupe. Le Taïwanais pourra faire jouer les synergies avec les activités de Foxconn dans les écrans LCD (via sa filiale Innolux, numéro trois mondial derrière LG et Samsung) et dans la sous-traitance électronique. Mais sa focalisation sera de lancer la conversion à la technologie Oled pour satisfaire une éventuelle demande d’Apple en 2018.

 

Le nouvel homme fort pourra également s’appuyer sur les capacités de production de Foxconn pour améliorer la compétitivité des produits d’électronique grand public et d’électroménager de Sharp. Une activité en recul de 17,7% à un chiffre d’affaires de 810,7 milliards de yens et qui enregistre une perte d’exploitation de 21,8 milliards de yens. Le groupe taïwanais compte aussi aider le japonais à se développer dans les pays émergents.

 

Prendre le virage de l'Internet des objets

Mais le plus grand défi sera de redresser les solutions d’énergie de Sharp. Une activité constituée essentiellement de panneaux photovoltaïques, mais en perte de vitesse depuis des années à cause de la montée de la concurrence chinoise. Sur le dernier exercice, elle a subi un plongeon du chiffre d’affaires de 42,1% à 156,8 milliards de yens et une perte d’exploitation de 18,4 milliards de yens.

 

Enfin, Foxconn veut aider Sharp à mieux valoriser ses composants électroniques, une activité qui se porte bien, de façon à développer une offre d’Internet des objets, un débouché pressenti comme le grand Eldorado.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale