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Une navette autonome dès fin 2017 à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, et ce n’est pas un "one shot"

mis à jour le 20 octobre 2017 à 08H04
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Le groupe ADP lancera une navette autonome à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, fin novembre 2017. Un projet stratégique pour le hub aéroportuaire qui s’intègre dans le programme innovation du groupe, lancé en mars 2017. Voici les détails de cette expérimentation.

Une navette autonome dès fin 2017 à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, et ce n’est pas un one shot
Navya a remporté l'appel d'offre, lancé par le Groupe ADP, pour le déploiement d'une navette autonome à l’aéroport Paris Charles de Gaulle fin 2017. © Navya

"Nous allons lancer une expérimentation sur le véhicule autonome fin novembre à Paris-Charles de Gaulle", a déclaré Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP, ce jeudi 19 octobre 2017 à l’occasion de l’évènement "Airport Startup Day" organisé au terminal 2F de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (Paris-CDG). Si le projet a été évoqué courant mai lors du lancement du Challenge "Play your Airport", le Groupe ADP a dévoilé à L’Usine Digitale, en marge de l’événement, les détails du projet… et surtout ses enjeux.

 

Un circuit de 600 mètres, avec franchissement de voie publique

D’une capacité d’une douzaine de personnes, la navette autonome sera testée sur un parcours d’un peu plus de 600 mètres. Elle partira de la station CDG 1 du RER B et circulera au sein d’une partie de la zone hôtelière (Hilton, Citizen M, notamment) et de bureaux (Groupe ADP, Air France Industrie…). Un opérateur sera présent à bord, pour des questions de réglementation, mais ce ne sera pas un conducteur : son rôle sera d’accompagner l'expérimentation, et d'intervenir en cas de difficultés. Particularité du projet : il s’agira de la première navette autonome à s’insérer dans la circulation routière, selon le Groupe ADP.


Bardée de capteurs, la navette autonome traversera en effet une voie publique, la Rue de Rome, à côté du siège social du Groupe ADP. "L’idée est de voir comment on peut faire se croiser un véhicule autonome avec la circulation existante", exprime Edward Arkwright. Le Groupe ADP souhaite ainsi tester les "prémices d’une infrastructure intelligente routière". C’est d’ailleurs ce qui aurait orienté en partie le choix des partenaires du projet. Après un appel d’offres lancé il y a deux mois, le Groupe ADP a retenu Navya pour la navette, et Keolis pour l’exploitation. Le choix de Navya se serait justifié par ses solutions d’infrastructure routière intelligente plus abouties.


Une expérimentation de 6 mois…

La phase expérimentale durera 6 mois. Pendant la première phase, un peu plus de trois mois, seul le personnel du Groupe ADP sera habilité à tester la navette, sur la base du volontariat. Ces "bêta-testeurs"  feront remonter le maximum d’informations sur leur expérience à bord. Au-delà des retours techniques, ce test permet d’ores et déjà au groupe d’identifier les freins réglementaires (demandes d’autorisations auprès du ministère des Transports et de la Préfecture, notamment)  et assurantiels (avec une part de prise risque pour les assureurs). Un processus administratif assez long, mais incontournable.


Dès la fin du premier trimestre 2018, la navette autonome sera ouverte au grand public. Une deuxième phase qui nécessitera notamment un processus de sensibilisation des utilisateurs (qu’est-ce qu’un véhicule autonome, comment ça marche… ?). Tous les feedbacks recueillis lors de l’expérimentation permettront aussi d’identifier des cas d’usage non imaginés par le groupe.


Car il ne s’agit pas là d’un one-shot, assure-t-on au Groupe ADP. Cela va plus loin. Sur ce petit tronçon, le groupe indique avoir réussi à concentrer toutes les problématiques et les enjeux auxquels un usager peut être confronté. L’idée est de mesurer le potentiel sur une zone aéroportuaire.

 

… POUR UN PROJET STRATÉGIQUE DE GRANDE ENVERGURE

Maîtriser ces technologies de véhicule autonome est un enjeu de compétitivité majeur pour les grands hubs, selon le Groupe ADP qui précise que, en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, tous se positionnent sur ce type de technologies. Toujours d’après le groupe, les technologies de voitures autonomes peuvent en effet être une des solutions pour améliorer la qualité de service et la régularité des différentes modes de transport sur la plateforme aéroportuaire, et en même temps de continuer à "dé-saturer" le réseau routier.


Objectif, donc : déployer ces technologies à grande échelle. Avec, pourquoi pas, une implémentation sur une flotte de véhicules autonomes pour les passagers et le personnel, comme sur la partie bagages, côté piste, avec des chariots autonomes entre le système de tri à bagages et les avions. Autrement dit, le champ des possibles est très large et le Groupe ADP étudie toutes les possibilités.
Mais au-delà de la technologie du véhicule autonome, l’enjeu sera autour de la data avec, à terme, la supervision et le monitoring de ces flottes de véhicules en temps réel. Côté grand public, c'est le début de transport autonome à la demande.

 

Le budget dédié à l’expérimentation est de l’ordre de 200 000 euros. Ceci inclut notamment quelques travaux de voirie, la navette, en revanche, n’a pas été achetée. Ce projet de navette autonome s’intègre dans un programme plus large d’innovation, qui prévoit 15 expérimentations par an, engagé par le groupe en mars 2017. En ligne de mire, notamment, la construction du terminal 4 qui devrait voir le jour en 2025. Un projet stratégique pour le groupe…

 

 

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