Le Conseil européen des éditeurs poursuit Google pour sa mainmise sur le secteur publicitaire

Nouvelle salve judiciaire contre la position de Google dans le secteur de la publicité. Le Conseil européen des éditeurs, qui rassemble plusieurs médias, a déposé une plainte devant la Commission européenne pour lui demander de prendre des mesures correctrices. 

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Le Conseil européen des éditeurs poursuit Google pour sa mainmise sur le secteur publicitaire

Le Conseil européen des éditeurs (EPC), un groupe qui rassemble les PDG de plusieurs médias tels que Condé Nast, le New York Times, le Guardian ou encore Axel Springer a déposé le 11 février une plainte antitrust contre Google auprès de la Commission européenne. Son objectif est de "rompre l'emprise de la technologie publicitaire que Google exerce actuellement sur les éditeurs de presse et toutes les autres entreprises de l'écosystème de la technologie publicitaire".

Prendre des mesures correctives
En pratique, l'EPC demande à l'exécutif européen de tenir Google responsable de son comportement anticoncurrentiel et de prendre "des mesures correctives" pour rétablir les conditions "d'une concurrence effective dans la chaîne de valeur des technologies publicitaires". "Il est grand temps que la Commission européenne impose à Google des mesures qui modifient réellement, et pas seulement remettent en question, son comportement – un comportement qui a causé et qui cause des préjudices considérables (...)", a déclaré Christian Van Thillo, président de l'EPC et PDG du groupe de médias belge De Persgroep.

Les requérants pointent particulièrement du doigt l'acquisition par Google de DoubleClick en 2008, entreprise dont le nom a été donné à la régie publicitaire de Google. Depuis ce rachat, Google se serait "lancé dans un déluge de tactiques illégales pour empêcher la concurrence dans les technologies publicitaires". L'entreprise serait ainsi juge et partie car elle représente "l'acheteur et le vendeur dans la même transaction".

La Commission européenne enquête déjà sur les pratiques de Google sur le marché de la publicité dans le cadre d'une enquête ouverte en juin dernier. Elle cherche à déterminer si l'entreprise a enfreint les règles en matière de concurrence pour favoriser ses propres services d'affichage publicitaire en ligne au détriment de prestataires de services, d'annonceurs et d'éditeurs.

Google condamné en France pour sa position monopolistique
En France, Google a été condamné à hauteur de 220 millions d'euros par l'Autorité de la concurrence en juin 2021 pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché des serveurs publicitaires pour les éditeurs de sites web et d'applications mobiles.

L'entreprise a accordé un traitement préférentiel à ses technologies propriétaires "Google Ad Manager", à la fois en ce qui concerne le fonctionnement du serveur publicitaire DFP (qui permet aux éditeurs de sites et applications de vendre leurs espaces publicitaires), et de sa plateforme de mise en vente SSP AdX (qui organise les processus d’enchères permettant aux éditeurs de vendre leurs "impressions" ou inventaires publicitaires aux annonceurs), concluait l'autorité française.

En réaction à cette décision, Google a pris une série d'engagements qui ont été validés par l'Autorité de la concurrence. Il s'est engagé à offrir aux Sell Side Platforms tierces une modalité d’interopérabilité avec le serveur DFP permettant une concurrence par les mérites entre AdX et les SSP tierces pour l’achat des inventaires des éditeurs utilisant DFP.

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