Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Avec le rachat de l'infogérance de Xerox, Atos s'approche du statut de groupe mondial

Présent jusqu’ici surtout en Europe, le français Atos se projette en Amérique du Nord en rachetant l’activité d’infogérance de l’américain Xerox. Une étape clé dans sa quête de devenir une entreprise de services au numérique globale. Revers de la médaille, cette opération risque de compliquer sa transformation vers le digital.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Avec le rachat de l'infogérance de Xerox, Atos s'approche du statut de groupe mondial
Avec le rachat de l'infogérance de Xerox, Atos s'approche du statut de groupe mondial © Antonia Machayekhi

Et encore une acquisition stratégique pour Atos. Le groupe français de services au numérique, dirigé par Thierry Breton, a conclu un accord pour racheter l’activité d’infogérance de Xerox, groupe américain mythique, connu pour ses copieurs et systèmes d’impression, mais aussi berceau d’innovations révolutionnaires comme la souris d’ordinateur, l’interface graphique ou les réseaux Ethernet. La transaction s’élève à 1,05 milliard de dollars et devrait être finalisée au premier trimestre 2015.

Avec cette opération, Atos franchit une étape cruciale de son internationalisation en l’installant aux Etats-Unis. Avec à la clé, un portefeuille de 300 clients de Xerox outre-Atlantique et leurs filiales en Europe. "Jusqu’ici, il était perçu comme un acteur essentiellement européen, analyse Mathieu Poujol, chez Pierre et Audoin Consultants. En rachetant l’activité d’infogérance d’un groupe aussi prestigieux que Xerox, il acquiert un sérieux tampon américain pour son expansion outre-Atlantique, à l’instar de ce que Capgemini a fait en 2000 en reprenant l’activité conseil informatique du cabinet Ernst & Young."

L’activité d’infogérance de Xerox représente 9800 personnes et un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard de dollars. "Son intégration au sein d’Atos va tripler notre position aux Etats-Unis, se félicite Thierry Breton. Nos revenus outre-Atlantique vont passer de 600 millions d’euros aujourd’hui à 1,7 milliard d’euros, et leur part dans notre chiffre d’affaires va grimper de 6% actuellement à 17%." La transaction est assortie d’un contrat d’infogérance de 5 ans avec Xerox.

bientôt Une acquisition majeure en Asie-Pacifique ?

Cette opération s’inscrit dans une stratégie d’expansion internationale par acquisitions. "Le groupe Atos est construit par une succession d’acquisitions similaires sur le principe, explique Mathieu Poujol. Chaque acquisition apporte une expansion géographique clé : Pays-Bas avec Origin, l’activité de services informatiques de Philips ; Allemagne avec SIS, l’activité services informatiques de Siemens ; et maintenant les Etats-Unis avec celle de Xerox. Et à chaque fois, la transaction est assortie d’un contrat d’infogérance avec le vendeur."

Le groupe de Thierry Breton s’approche de son objectif de devenir un acteur global, à l’instar des américains IBM, HP, Accenture et CSC qui dominent aujourd’hui le marché mondial. "Il a encore un grand trou à combler : l’Asie-Pacifique, estime Mathieu Poujol. Il faut s’attendra à une acquisition majeure dans cette région, au Japon ou à Taïwan, sur le modèle de celle réalisée avec Xerox."

Avec cette acquisition, Atos, qui a racheté cette année Bull (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires), détrône Capgemini, devenant le premier groupe français de services au numérique, avec plus de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires attendu en 2014. Selon Pierre Audoin Consultants, il va être propulsé à la cinquième place mondiale dans les services au numérique, occupée en 2013 par Capgemini, derrière IBM, HP, Accenture et CSC.

Avant le rachat de Bull et de l’infogérance de Xerox, il n’était que neuvième dans le classement. C’est une sacrée progression. Reste que cette expansion risque de compliquer sa mutation vers le digital. Les services classiques du numérique, comme ceux de Xerox, vont être petit à petit supplantés par les services de cloud computing. "Atos semble bien préparé à ce mouvement, relativise Mathieu Poujol. Il dispose d’une base de développement importante dans le cloud computing, avec sa filiale Canopy dédié à ce type de services, une société de logiciel à la demande en Chine, et le rachat de Bull, l’un des experts français du cloud."

Ridha Loukil

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale