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Comment Monoprix forme ses collaborateurs à la culture data-driven

Cas d'école L’enseigne Monoprix travaille depuis deux ans avec Tableau Software pour insuffler à ses équipes une culture data-driven. Objectif : permettre aux opérationnels de s'approprier la donnée pour optimiser les actions commerciales. Pour atteindre cette approche métier, elle a choisi la solution de datavisualisation mise au point par la pépite américaine, propriété de Salesforce depuis 2019.
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Comment Monoprix forme ses collaborateurs à la culture data-driven
Comment Monoprix forme ses collaborateurs à la culture data-driven © Tableau Software

Le retail est une source incroyable de données. Monoprix en sait quelque chose, avec 700 magasins en France répartis sous 3 formats d’enseigne – Monoprix, Monop’ et Naturalia – et deux sites e-commerce, Monoprix.fr et Sarenza. Autant de données qu’il faut savoir collecter, ordonner, paramétrer, avant de pouvoir les analyser. "La donnée est le carburant de la croissance", explique en préambule Arnaud Foujols, Directeur Performance, Digital Transformation et Data chez Monoprix.

Arrivé en 2017, Arnaud Foujols opère un constat. Monoprix ne capitalise pas suffisamment sur des insights pertinents. "Mes équipes de business analytics avaient accès à une donnée trop agrégée, et hétérogène pour pouvoir réaliser des croisements intelligents", explique-t-il. Pour cet expert, "les données sont disponibles, mais on ne sait pas les utiliser". Données de caisses, données issues des programmes fidélité, réseaux sociaux… "Il faut les retranscrire pour prendre des décisions business pertinentes, poursuit-il. Et se poser les bonnes questions : qu’est-ce que cette donnée explique sur telle dynamique commerciale dans tel magasin ? Pourquoi telle campagne de promotion a bien fonctionné et pas telle autre ?"

Un outil qui industrialise la donnée
Monoprix souhaite plus spécifiquement identifier les leviers de performance pour chaque produit et démultiplier l’efficacité des campagnes de promotions avec pour objectif d’analyser les activités promotionnelles et d’approvisionnement d’une manière très fine. Pour cela, le retailer doit se réapproprier ses données. L’enseigne choisit Tableau Software pour deux raisons : "faire monter ses collaborateurs en compétence sur l’usage de la donnée et se transformer en commerçant data driven", explique-t-elle.

Depuis deux ans, elle travaille avec la start-up américaine, acteur majeur de la datavisualisation – et propriété du géant Salesforce depuis 2019. La rencontre entre les deux partenaires s’est faite de façon très informelle. A la fin de l’année 2017, la solution Tableau est testée par des équipes métiers de Monoprix. "En général, l’innovation vient des opérationnels, explique de son côté Edouard Beaucourt, Country manager France chez Tableau. Notre solution est gratuite pendant 14 jours. Un opérationnel est curieux et va télécharger Tableau. C’est comme cela que bon nombre de projets démarrent".

Créée en 2003 au sein d’un projet de recherche académique de l'Université Stanford, Tableau Software propose un outil de datavisualisation. La plateforme industrialise la donnée afin de la rendre accessible et compréhensible par une large audience, sans requérir de compétences nécessaires en matière de données. "Notre solution tire parti des applications et systèmes utilisés, internes et externes, issues des différentes structures d’une même entreprise", poursuit Edouard Beaucourt.

Améliorer l'efficacité des actions commerciales
La solution permet de créer un langage humain en réalisant un glisser-déposer sur un canevas. Elle procède à un audit pour analyser la qualité de la donnée, supprimer les doublons et les incohérences. Celles-ci sont ensuite intégrées dans des bases de données relationnelles ou multidimensionnelles, structurées et non structurées avant d’être réconciliées dans une plateforme baptisée Hadoop.

De façon très concrète, l’appropriation des outils de datavisualisation permet d’améliorer l’efficacité de certaines actions commerciales et marketing. Au lieu de faire des rappels, chaque lundi matin, avec l’envoi de quelques chiffres clés, et multiplier les dashboards, tableaux Excel et autres reportings de façon isolée, la solution analyse les données de stock, de vente et de produits croise celles-ci avec les résultats de la campagne de promotion, permettant à l’enseigne une lecture de la performance de la campagne de promotion à J+1. "Tableau est un pont entre l’humain et la donnée", ajoute Edouard Beaucourt.


Comprendre l’activité d’un magasin en temps réel
Tableau permet par exemple de savoir quels produits mettre en promotion et d’avoir une visibilité accrue sur les performances de tel ou tel fournisseur. "Nous obtenons une vision fine de la donnée, détaille Arnaud Foujols. Nous sommes passés notamment à une vision incrémentale de la promotion – celle-ci permet de mettre un produit supplémentaire dans un panier, via les promos 50% sur le 2e  à un autre constat : la promotion ciblée permet d’augmenter la fréquence d’achat".

Par ailleurs, l’outil constitue une aide à la décision en permettant aux équipes d’améliorer rapidement les campagnes à venir. Autres applications dans ce cas d’usage, connaître et comprendre l’activité d’un magasin quasiment en temps réel ou encore suivre les rythmes de ventes sur les produits qui fléchissent et effectuer les ajustements nécessaires pour assurer le bon réassort, au bon endroit, au bon moment. "Tableau nous dit : comment peut-on lire cet algorithme. C’est un très bon vecteur", résume Arnaud Foujols.

Sept équipes différentes ont accès à la solution
"L’utilisation de Tableau nécessite une communication dédiée en interne pour faire connaître l’outil dont la prise en main technique est très intuitive", poursuit Arnaud Foujols. Aujourd’hui, sept équipes différentes (supply chain, marketing client, contrôle de gestion ou enocre audit interne) utilisent Tableau et s’approprient quotidiennement la data. Pour accompagner les équipes, Monoprix a néanmoins mis en place une gouvernance pour garantir une donnée fiable, à jour et accessible aux métiers via un système d’autorisations. Une communauté centrée autour de la data a également été créée afin de partager les bonnes pratiques, les cas d’usages ainsi que les différentes sources de données créées.

Cette culture de la donnée participe à la transformation digitale de l’enseigne mais elle bouleverse également les organisations. "Historiquement, les DSI se sont senties propriétaires de la donnée, analyse Arnaud Foujols. Or l’intérêt d’une entreprise, c’est de la partager. Et les métiers doivent aussi bien comprendre le rôle de la DSI".

La crise actuelle a conforté la vision de l’enseigne. Evolutions erratiques dans les flux de consommation, explosion des ventes de denrées alimentaires de base, départ d’une proportion non négligeable des consommateurs franciliens… "Cette situation a rendu invalides les modèles classiques d’approvisionnement", résume-t-on chez Monoprix. L’analyse basée sur la visualisation des données a permis aux équipes d’identifier les écarts et mettre en place des modèles d’approvisionnement adaptés à la nouvelle situation tout en anticipant les volumes additionnels à prévoir lors du déconfinement.

Monoprix, qui souhaite continuer à capitaliser sur la solution, planche sur un projet d’optimisation des produits sur les têtes de gondoles dans deux magasins pilotes de l’enseigne. "Les collaborateurs visualisent le positionnement des produits dans les rayons et sont guidés, en quelques clics, dans leur mise en place", précise l’enseigne.

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