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Covid-19 : l’appel aux dons d'Amazon qui passe mal

Vu ailleurs Amazon a lancé en mars dernier un fonds créé tout spécialement pour ses collaborateurs et employés d’entreprises partenaires (souvent des livreurs) qui seraient exposés au nouveau coronavirus dans le cadre de leur travail aux Etats-Unis. Baptisé Amazon Relief Fund, il est au cœur des critiques depuis que le géant de l'e-commerce a suggéré au public d'y contribuer.
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Covid-19 : l’appel aux dons d'Amazon qui passe mal
Covid-19 : l’appel aux dons d'Amazon qui passe mal © Amazon

Le 12 mars dernier, Amazon annonçait la création d’un fonds baptisé Amazon Relief Fund dédié aux collaborateurs Amazon et aux employés d'entreprises sous-traitantes qui seraient exposés au coronavirus SARS-CoV-2. L'entreprise leur demande en effet de poursuivre leur activité malgré la pandémie. A la mi-mars, le géant américain s’est officiellement engagé à payer jusqu’à deux semaines de salaire aux employés infectés ou placés en quarantaine, dont les nombreux prestataires de services de la firme de Seattle. Le géant de l’e-commerce avait annoncé injecter 25 millions de dollars pour créer ce fonds.

Un appel aux dons du public... de la part d'une multinationale

Une initiative louable, mais pour l’alimenter, Amazon en a appelé, sur le site dédié, à la générosité du public, via notamment une fonctionnalité de don par SMS. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cet appel aux dons émis par la société de Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, passe mal aux Etats-Unis. Sa fortune personnelle est évaluée à plus de 100 milliards de dollars.

Selon plusieurs médias, dont The Independent et Popular Information – captures d’écran à l’appui – Amazon a depuis retiré cette mention du site Amazon Relief Fund et réfuté l’idée d’un appel à contribution publique. Bon nombre d’internautes ont malgré tout tenu à exprimer leur indignation face au procédé employé par Amazon, comme en témoignent de nombreux messages sur les réseaux sociaux, parfois agrémentés des hashtags #shameonbezos ou #shameamazon.

Des acquis sociaux bien faibles, même en cas de crise

Pourquoi la firme de Seattle cristallise-t-elle autant les critiques ? Aux Etats-Unis, Amazon est régulièrement pointée du doigt pour les conditions de travail imposées aux employés de sa chaîne logistique (entrepôts, livraisons). Et malgré le coronavirus, qui représente un vrai risque pour l’ensemble des personnels intervenant sur la chaîne de valeur de l’e-commerce, de la préparation des commandes à la livraison, la société n’a fait que peu de concessions.

Elle a par exemple refusé d’octroyer des indemnités salariales à des employés devant s’occuper de proches infectés. Par ailleurs, les employés à temps partiel et les contractuels ne bénéficiaient pas de congés maladie payés, même si ceux-ci sont diagnostiqués positifs au Covid-19, jusqu’au 23 mars dernier. Ceux qui affichent un travail effectif de plus de 20 heures par semaine sont désormais protégés.

Valorisée à plus de 1 000 milliards de dollars

Or, rappellent internautes et médias, Amazon a largement les moyens de mener une politique plus protectrice envers les personnes qui y travaillent. Valorisée à plus de 1 000 milliards de dollars, la société a affiché une année 2019 exceptionnelle. Elle revendique 150 millions de membres Prime payants, qui représentent 5,2 milliards de dollars de revenus (+32%) et son chiffre d’affaires atteint 280 milliards de dollars. Et la pandémie de Covid-19 devrait en tout état de cause ne pas trop pénaliser la croissance de l’e-commerçant, alors que bon nombre de magasins sont fermés et que les sorties des consommateurs sont de plus en plus encadrées.

Les dernières mesures d’Amazon qui pourraient éventuellement redorer son image, comme l’embauche de 100 000 employés supplémentaires pour répondre à la forte augmentation de commandes, ne semblent pas suffisantes. Le géant américain est accusé d’avoir exposé les collaborateurs d’au moins 6 entrepôts aux Etats-Unis. Un sujet qui est également au cœur de l’actualité en France. Ana Fernandes, la directrice du site de Saran, dans le Loiret, vient de démissionner pour acter son refus d’engager des intérimaires. Un entrepôt où a été confirmé, le 24 mars, un premier cas de Covid-19, selon la République du Centre.

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