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PayPal, premier des membres fondateurs de Libra à lâcher la cryptomonnaie de Facebook

Vu ailleurs PayPal a annoncé vendredi 4 octobre 2019 sa décision de ne pas participer à la cryptomonnaie de Facebook. Ironie du sort : le co-créateur de Libra, David Marcus, n’aura pas réussi à convaincre l’entreprise américaine où il a officié trois ans avant de rejoindre Facebook.  
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PayPal, premier des membres fondateurs de Libra à lâcher la cryptomonnaie de Facebook
PayPal, premier des membres fondateurs de Libra à lâcher la cryptomonnaie de Facebook © Paypal

Est-ce le début d’un feuilleton, qui sera marqué chaque semaine par une annonce de désistement ? Difficile de prédire l’avenir de Libra mais le premier abandon parmi les membres fondateurs est celui d’un allié de poids. PayPal a indiqué lors d’une conférence de presse le vendredi 4 octobre qu’il ne participera finalement pas au projet de cryptomonnaie de Facebook. Malgré les tentatives, nombreuses, de rassurer à la fois les autorités régulatrices, les Etats et même ses partenaires, Libra encaisse un premier volte-face.

 

La conformité aux réglementations, principale source d'inquiétude

Un revirement symbolique. David Marcus, co-créateur de Libra, n’a pas réussi un convaincre une société qu’il a dirigée pendant près de trois ans, avant de rejoindre Facebook. Le spécialiste des paiements en ligne n’a pas expliqué les raisons de ce revirement. "Nous continuons à nous concentrer sur notre mission et nos priorités stratégiques : démocratiser l’accès aux services financiers des populations mal desservies", a cependant indiqué PayPal.

 

Les rumeurs allaient bon train depuis le mois de septembre. Les médias américains relayaient des témoignages, la plupart du temps anonymes, sur les doutes grandissant au sein des membres de l’association Libra. Les précisions de PayPal succèdent à une absence très remarquée de la plate-forme américaine, le 3 octobre dernier, à l’occasion d’une réunion de la trentaine de partenaires du projet.

 

Le Financial Times, qui cite un cadre de PayPal, précise que la principale raison du retrait de sa société est le manque de préparation du projet vis-à-vis des réglementations nationales. Toujours selon le media américain, PayPal ne souhaitait pas "voir l’attention des régulateurs déborder sur ses affaires". L’entreprise précise néanmoins avoir "hâte de continuer le dialogue sur des manières de travailler ensemble à l’avenir".

 

1 500 organismes intéressés pour rejoindre Libra

PayPal n’est pas la seule firme à avoir montré des signes de fébrilité vis-à-vis de la monnaie numérique annoncée pour 2020. Visa, Mastercard et Stripe s’inquiéteraient également des manquements réglementaires. La liste des signataires définitifs est attendue pour la mi-octobre, à l’occasion d’une réunion à Genève au cours de laquelle les membres devraient officialiser leur participation. Pour le moment, seule une charte a été signée, sans valeur contraignante. Aucun des partenaires, hormis Facebook, n’a versé les 10 millions d’euros demandés.

 

Dante Disparte, en charge de la communication du projet de crypto-actifs, précise de son côté que 1 500 organismes seraient à date intéressés pour rejoindre Libra. La sortie de Paypal intervient néanmoins dans un contexte compliqué. Le Financial Times, décidément bien informé, révélait ce 6 octobre une lettre de la Commission européenne dans laquelle elle demande à Libra de répondre à un certain nombre de questions, comme la stabilité financière, les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent ou encore la protection des données personnelles. L'Union européenne enquête de son côté afin de déterminer si Libra ne contrevient pas aux règles anticoncurrentielles en vigueur en Europe.

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