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Pour Apple, la Crimée fait désormais partie de la Russie

Après plusieurs mois de pourparlers avec le Kremlin, Apple a finalement accepté que ses applications Plans et Météo affichent la Crimée comme un territoire russe lorsque ces services sont utilisés depuis la Russie. Google Maps est plus indécis. Il présente la péninsule comme un "territoire indéfini" mais affiche une frontière entre l'Ukraine et la Crimée. Sous prétexte de respecter la législation nationale, les géants technologiques violent le droit international en toute impunité.
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Pour Apple, la Crimée fait désormais partie de la Russie
Pour Apple, la Crimée fait désormais partie de la Russie © © Falcon0125 - Flickr - C.C

Apple a finalement cédé face à la Russie. Depuis le 27 novembre 2019, dans ses applications Plans et Météo, la Crimée apparaît comme un territoire russe à part entière lorsque les services sont utilisés depuis la Russie. Les mêmes villes apparaissent sans "Etat défini" lorsque les applications sont utilisées depuis d'autres pays. La Douma d'Etat, chambre basse du parlement russe, s'est fécilitée de cette nouvelle dans un communiqué cité par la BBC.

 

 L'application Météo d'Apple répertorie la capitale de la Crimée en Russie (Crédit : BBC)

 

Apple était en pourparlers avec le Kremlin depuis mai 2019 sur cette houleuse question. Pour rappel, lors de l'éclatement de l'URSS en 1992, la Crimée devient une république autonome d'Ukraine. Mais le 18 mars 2014, après un référendum d'autodétermination, la péninsule rejoint le giron russe. Une vague de contestations s'en suit. Depuis, la communauté internationale condamne fermement cette annexion. 

 

Des appels au boycott en Ukraine

L'Ukraine a très vite réagit à cette décision. "Laissez-moi vous expliquer en des termes que vous pourrez comprendre, Apple : imaginez que vous criiez sur tous les toits que votre design, vos idées, vos années de travail et une partie de votre cœur vous ont été volés par votre pire ennemi mais qu'un ignorant se foute de votre douleur", a fustigé sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne, Vadym Prystaïko. Cette nouvelle a également provoqué des appels au boycott sur les réseaux sociaux en Ukraine.

 

 

Pendant les pourparlers, Apple avait d'abord suggéré à la Russie d'attribuer à la péninsule le statut de "territoire indéfini", comme ne faisant ni partie de l'Ukraine ni de la Russie. Mais la Douma d'Etat estimait que ce changement n'était pas conforme à la Constitution russe. Elle avait ainsi rappelé à Apple que l'étiquetage de la Crimée sur le territoire ukrainien était une infraction pénale sévèrement punie. De son côté, Google est moins radical mais sa position n'en est pas moins critiquable. 

 

Google prône une certaine neutralité

Google Maps présente la Crimée comme un "territoire indéfini" n'appartenant ni à la Russie ni à l'Ukraine, éludant ainsi la problématique. Mais une frontière apparaît entre la Crimée et l'Ukraine. Par ailleurs, le service orthographie les villes de la Crimée "à la russe" lorsque le service est utilisé en Russie. Contacté par TechCrunch, un porte-parole de Google se défend cette position en arguant que l'entreprise doit respecter les lois en vigueur en Russie alors même qu'elles sont totalement contraires au droit international

 

Ce n'est pas la première fois que les entreprises technologiques sont pointées du doigt pour leur mauvaise gestion des questions internationales. Les beaux discours affichés par ces géants ne pèsent souvent pas grand-chose quand une menace économique est brandie par un gouvernement. L'exemple de Hong Kong est frappant. En octobre 2019, Apple a retiré son application "HongKongmap.live" utilisée par les manifestants pour tracer les mouvements de la police.

 

Dans un communiqué, l'entreprise expliquait alors qu'elle a été contactée par de "nombreux clients inquiets" à propos cette application qui mettrait "en danger les forces de l'ordre et les habitants". Sous prétexte de protéger la sécurité des personnes, la firme s'est surtout soumise aux ordres de Pékin pour éviter d'être évincer du marché chinois qui pèse pour un quart de la croissance mondiale.

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