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WWDC 2020 : Apple annonce la transition des Mac vers ses propres processeurs

Après des années de rumeurs, c'est officiel : Apple va abandonner les processeurs Intel pour ses ordinateurs personnels en faveur de ses propres puces, basées sur celles équipant les iPhone et iPad. Il s'agit d'une transition majeure, du même registre que celle de 2006, lors qu'Apple a abandonné les processeurs PowerPC et a lancé Mac OS X.
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WWDC 2020 : Apple annonce la transition des Mac vers ses propres processeurs
WWDC 2020 : Apple annonce la transition des Mac vers ses propres processeurs

Des fuites l'avaient laissé entendre il y a déjà deux ans, confirmées à de nombreuses reprises depuis. Apple vient de l'officialiser le 22 juin lors de sa conférence WWDC 2020. Ses ordinateurs personnels utiliseront désormais des processeurs conçus en interne en lieu et place de ceux d'Intel. Bien plus qu'un simple changement de fournisseur, il s'agit d'une transition majeure qui s'accompagne d'une refonte du système d'exploitation macOS et qui va nécessiter que les développeurs tiers adaptent en profondeur leurs applications.

Un changement d'architecture...

En effet, les puces conçues par Apple (à l'origine pour ses smartphones) sont basées sur la microarchitecture ARM, tandis que celles d'Intel utilisent l'architecture x86. Les applications compilées pour l'une ne fonctionnent pas avec l'autre et inversement. Déterminer les réels avantages et inconvénients de chacune en 2020 est un sujet long et complexe, d'autant que de nombreux autres critères rentrent en ligne de compte, comme les sous-composants (GPU et autres accélérateurs) et l'optimisation logicielle.

Mais pour résumer, ces 15 dernières années il était considéré que l'architecture ARM était adaptée à des usages mobiles grâce à une faible consommation énergétique, tandis que l'architecture x86 offrait de meilleures performances au prix d'une consommation plus importante. Apple semble désormais convaincu que ses System-on-Chip (SoC) sont capables de performances équivalentes, voire supérieures à celles des puces Intel. Sur le papier, certains benchmarks comme GeekBench semblent appuyer cette perception, l'iPad Pro de 2018 ayant par exemple de meilleurs scores que le dernier MacBook Air. Dans les faits, les choses seront probablement plus nuancées. Début de réponse en fin d'année, période à laquelle les premiers Mac équipés de ces puces seront commercialisés.
 


Cela étant dit, les performances ne sont pas l'unique préoccupation d'Apple. Utiliser ses propres processeurs permettra à l'entreprise de mieux contrôler ses cycles de développement et de rafraîchir sa gamme de produits quand elle le souhaite. Cela réduira aussi ses coûts associés aux puces de l'ordre de 40 à 60%, d'après l'analyste Ming-Chi Kuo. Et enfin, cela va consolider l'environnement applicatif autour de ses gammes de produits hardware en les différenciant de la concurrence.

...Qui va demander énormément de travail aux développeurs
La nouvelle version de macOS, baptisée Big Sur (en référence à une chaîne montagneuse de Californie), est de ce point de vue la plus importante depuis Mac OS X (qui avait marqué la transition des puces PowerPC vers celles d'Intel). Au passage, son numéro de version est macOS 11.0, tout un symbole. Elle a été repensée pour tirer un maximum de performance de ces nouvelles puces, et Apple a d'ores et déjà réécrit toutes ses applications maison pour en tirer parti, y compris Final Cut Pro et Logic Pro. L'OS se voit aussi adjoindre de nouvelles fonctionnalités tirées directement d'iOS.
 


Par ailleurs les grands éditeurs logiciels, comme Microsoft ou Adobe, sont aussi déjà bien avancés dans l'adaptation de leurs applications phares (la suite Office et le Creative Cloud) pour ce système. Apple a fait la démonstration de leurs performances lors de la conférence, montrant par exemple que Photoshop peut travailler sans difficultés sur un fichier de 5 Go ou que Final Cut Pro peut gérer jusqu'à trois flux vidéo 4K en simultané grâce aux performances multicoeurs de ses puces.

Pour tous les autres développeurs, le travail commence maintenant. L'entreprise lance un programme pour les aider à convertir leurs applications Mac existantes grâce à Xcode 12. Un kit de transition est aussi disponible, sous la forme d'un mini Mac équipé d'une puce A12Z, de 16 Go de mémoire, 512 Go de stockage sur SSD, et d'une bêta de Big Sur.

Pour permettre aux applications de tourner à la fois sur processeurs Intel et Apple, l'entreprise a introduit Universal 2, un nouveau format de fichier qui combine les deux versions. Et bien évidemment même les applications n'ayant pas été convertie pourront être émulées grâce à un système appelé Rosetta 2, en référence à l'émulation mise en place en 2006 lors de la transition des puces PowerPC vers les puces Intel. Rosetta 2 convertit les applications lors de l'installation, ce qui réduit l'impact des performances chaque fois qu'elles sont lancées.

Lors de la conférence, l'entreprise a montré que des applications comme le logiciel de conception 3D Maya ou le jeu vidéo Shadow of the Tomb Raider fonctionnaient bien même sans avoir été recompilées. Enfin, un nouvel outil de virtualisation basé sur Parallels Desktop viendra compléter le tout pour faire tourner d'autres systèmes d'exploitation. Apple déclare s'attendre à ce que la transition complète prenne deux ans.

Une transition qui prendra au moins deux ans
Le fabricant précise cependant qu'il supportera ses machines équipées de processeurs Intel pendant encore de nombreuses années, et que des Mac équipés de processeurs Intel sont encore en cours de développement. On peut supposer que les machines nécessitant de hautes performances (plutôt qu'un format ultra fin) resteront encore sous Intel dans l'immédiat. Pas de mention non plus des GPU dédiés (traditionnellement fournis par AMD pour les Macs) pour les machines à destination des professionnels. Cette transition pourrait aussi s'avérer délicate.

A noter que par opposition, les applications pour iPhone et iPad seront désormais toutes nativement compatibles avec les Mac. Enfin... en prenant en compte le fait que leur interface est pensée pour un autre format d'écran et qu'elle est tactile, et qu'Apple a jusqu'ici refusé l'utilisation d'écrans tactiles pour ses ordinateurs. Mais il est clair qu'à terme cela simplifiera le développement d'applications communes à toutes les gammes de produits Apple. Elles pourront être téléchargées depuis l'App Store des Mac.

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