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Softbank se dit prêt à sauver la start-up américaine WeWork… à condition d’en prendre le contrôle

La start-up spécialisée dans la location de bureaux partagés WeWork fait face à une situation financière préoccupante. Le groupe japonais Softbank, qui y a déjà injecté plusieurs milliards de dollars, s’est dit prêt à remettre la main au porte-monnaie ce mardi 22 octobre 2019… mais cette fois, à la seule condition de devenir majoritaire au capital de la jeune pousse. Une manière de réduire l’influence de son président, Adam Neumann, très controversé.
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Softbank se dit prêt à sauver la start-up américaine WeWork… à condition d’en prendre le contrôle
Softbank se dit prêt à sauver la start-up américaine WeWork… à condition d’en prendre le contrôle © Pixabay / SnoockyCookie

Softbank à la rescousse. Le groupe japonais a une nouvelle fois fait preuve, ce mardi 22 octobre 2019, de clémence vis-à-vis de WeWork, spécialiste de la location de bureaux partagés (coworking). La start-up, dont le modèle économique peine toujours à convaincre, avait déjà bénéficié d’une dotation de 4,4 milliards de dollars de sa part en 2017. Mais suite aux manœuvres financières douteuses de son président-fondateur, Adam Neumann, Softbank annonce vouloir à nouveau injecter "4 à 5 milliards de dollars" dans l’entreprise. A condition d’en prendre le total contrôle... et de la sauver de son dirigeant.

 

DETTE TOXIQUE OU REDRESSEMENT

WeWork est présente dans une trentaine de pays – dont la France, où elle compte une quinzaine de sites depuis l’été 2017 – et une centaine de villes. Elle était jusqu’à il y a quelques mois valorisée à 47 milliards de dollars. Une success story qui s’est peu à peu érodée au fil des frasques d’Adam Neumann, qui ont fait chuter la valorisation de l’entreprise à "seulement" 7,5 milliards de dollars dans l’hypothèse où l’offre de Softbank serait acceptée, et à 2,5 milliards, stable depuis la fin juin, si elle ne l'est pas. Là est d’ailleurs toute la question. Si la jeune pousse a foncièrement besoin de cette somme, elle pourrait être tentée de décliner une proposition à laquelle l’opérateur télécoms historique du Japon accole la condition de grimper à terme de 29 à 80 % du capital.

 

Réduire l’influence d’un patron délétère : voilà la première étape dans le processus de redressement de la jeune poussé envisagé par Softbank. En l’état actuel des choses, Adam Neumann dispose encore d’un droit de vote supérieur de 20 à 1 par rapport aux autres actionnaires. Il ne sera donc pas aisé de l’évincer. Mais le groupe japonais pourrait toucher la corde sensible en pointant le risque – important – pour sa société de se retrouver à court de liquidités d’ici à la fin novembre, évoqué par des analystes. La solvabilité financière de cette dernière a ainsi été reléguée dans la catégorie des "dettes toxiques" par les agences de notation, le secteur de l’immobilier étant largement soumis aux aléas du marché. Preuve d’une inquiétude prégnante : la start-up a dû renoncer à son introduction en bourse début septembre... alors que celle-ci était, jusqu’alors, l’une des plus attendues de l’année.

 

UN BUSINESS MODEL BANCAL

Pourquoi Softbank s’évertue-t-il à sauver WeWork ? A coup de levées de fonds artificielles et répétées, le groupe japonais est, en coulisses, responsable de la notoriété et de la valorisation élevée de la start-up. En y regardant de plus près, l’activité que mène l’entreprise fondée par Adam Neumann ne jouit pas non plus d’un business model solide. Si elle avance "mettre des bureaux à disposition" de ses clients, elle ne précise pas pour autant être propriétaire des locaux. Dans les faits, elle se contente de les louer… pour mieux les sous-louer par la suite. L’ensemble de ces éléments, qui viennent s’ajouter aux déboires de son fondateur, ne rassure pas les marchés financiers. En août, L’Usine Digitale rapportait que l’entreprise a perdu 900 millions de dollars pendant le seul premier semestre 2019.

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