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Cinq nouveaux moyens, pour les constructeurs auto, de vendre des voitures grâce au numérique

Alors que Nissan dévoile son offre de "colocation automobile" permettant de louer sa Micra pendant un an à 2, 3, 4 ou 5 personnes, zoom sur les nouvelles méthodes des constructeurs pour vendre des véhicules… ou plutôt de la mobilité.
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Cinq nouveaux moyens, pour les constructeurs auto, de vendre des voitures grâce au numérique
Nissan loue sa Micra à 2 à 5 colocataires en régions parisienne. © Nissan

1 – La colocation automobile façon Nissan

Vous louez un logement en colocation ? Vous pouvez désormais louer une voiture en colocation. Nissan le permet avec son offre "Intelligent Get&Go". Une formule pour l'instant réservée à la région parisienne avec la nouvelle version de sa citadine Micra. Le principe est simple, sur le papier : former un groupe de 2 à 5 personnes pour partager les coûts d'utilisation d'un véhicule neuf, avec assurance incluse, pour une durée d'un an. Pas besoin d'avancer les frais de carburant : les coûts sont partagés en fonction des kilomètres parcourus par chaque "carlocataire" (de 69 à 184 euros par mois). Une place de parking peut être proposée mais en option, avec surcoût.

 

Tout le parcours client se fait en ligne.  La filiale du groupe Renault-Nissan RCI Mobility a créé une plate-forme web pour trouver des colocataires potentiels près de chez soi, avec un algorithme de matching basé sur les habitudes d'utilisation. Une fois les groupes formés, on peut réserver des plages horaires pour réserver son véhicule, revendre des minutes inutilisées à ses partenaires (car les colocataires disposent d'une allocation de 25 à 63 heures par semaine de roulage, en fonction de la taille du groupe, pour rester dans la limite de 15 000 à 20 000 kilomètres maximum par an - oui c'est un peu compliqué). L'ouverture du véhicule se fait aussi via le smartphone, grâce à un boîtier posé sous le pare-brise. Un modèle à la Koolicar ou à la Zipcar, mais pour un véhicule personnel (mais partagé).

 

2- L'autopartage intégré à l'achat façon Citroën

Le principal obstacle à l'achat d'un véhicule pour les jeunes, c'est le prix. Citroën tente donc de faire baisser (un peu artificiellement) la facture mensuelle en incluant de l'autopartage (en partenariat avec Travelercar) dans une offre de location longue durée baptisée "Earn and drive". Une façon de rhabiller des offres LOA ou LLD avec un ingrédient "partage".

 

Plus l'automobiliste accepte de partager son véhicule, plus les mensualités baissent. Pour la citadine Citroën C1, un revenu mensuel minimum de 149 euros est garanti (en cas de mise à disposition 20 jours dans le mois), soit le coût de la LLD mensuel. On peut donc théoriquement bénéficier d'un petit véhicule sans frais dix jours par mois… une offre sur mesure pour ceux qui n'ont besoin de leur voiture que le week-end. D'autres constructeurs comme Mini proposent de l'autopartage via leur propre plate-forme dès l'achat du véhicule.

 

3 – La vente à de nouveaux acteurs de mobilité comme le font GM, Volvo, Fiat et Tesla

Les constructeurs auto sont-ils condamnés à devenir des "fournisseurs de carrosserie" à de nouveaux acteurs comme Google ? Fiat a lancé le mouvement en vendant des vans Pacifica à Google. Volvo en a fait de même avec Uber. Tesla s'apprête à fournir 200 véhicules autonomes à une société de taxis de Dubai. Et GM a investi dans le service de VTC Lyft pour mieux lui vendre des milliers de Chevrolet. Quant à Renault, il a signé une alliance avec Bolloré dans le véhicule électrique… Bolloré qui fabrique les Autolib. Le marché automobile va-t-il devenir presque exclusivement B2B ?

 

4 – La vente de mobilité au kilomètre comme le font Daimler et BMW

Les constructeurs proposent désormais tous des offres de location, mais le plus souvent à l'heure ou à la journée, voire pour plusieurs jours, comme le font des loueurs classiques. Certains sont aussi passés à la location en "free floating", sans nécessité de ramener le véhicule au point de départ, et avec une tarification à la minute. Les constructeurs allemands sont pionniers dans le domaine avec leurs marques Car2Go et DriveNow.

 

Dans ce cas, les constructeurs vendent des véhicules à des flottes, qu'ils opèrent eux-mêmes. Le meilleur moyen de ne pas se faire court-circuiter par de nouveaux acteurs du numérique. Et d'autres formules innovantes restent à inventer.

 

5 – La vente aux particuliers (mais en digitalisant le parcours client)

Si la vente de véhicules 100% en ligne ne décolle pas, le parcours client avant, pendant et après l'achat s'est fortement digitalisé. Les constructeurs veulent accompagner au mieux le client avant et après la transaction avec de nouveaux services : démonstrations vidéo en direct, services de conciergerie en concession, configurateurs en ligne, véhicules de test livrés à domicile (ce qu'expérimente Amazon avec Hyundai notamment)…

 

La nouvelle marque Link&Co, qui arrivera en Europe en 2018, compte appliquer à peu près tous ces concepts avec un processus de vente entièrement digitalisé et une voiture pensée pour la "sharing economy"… même si elle aura des showrooms dans les grands centres urbains.

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