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Facebook désactive (enfin) par défaut la reconnaissance faciale sur les photos de ses utilisateurs

Depuis le 3 septembre 2019, les utilisateurs de Facebook doivent choisir d'activer la reconnaissance faciale s'ils veulent s'en servir pour être identifiés dans les photos postées sur le réseau social. Véritable progrès, ou façon de redorer son image, quelque peu noircie par de récentes révélations sur la protection des données personnelles ?
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Facebook désactive (enfin) par défaut la reconnaissance faciale sur les photos de ses utilisateurs
Cette technologie biométrique a été déployée aux Etats-Unis en 2016, après avoir été supprimée une première fois en 2012. © Facebook

Facebook revoit sa copie. Depuis le 3 septembre 2019, les nouveaux arrivants (et les internautes qui l'utilisaient déjà) se voient demander s'ils souhaitent activer ou non l'option de reconnaissance faciale du réseau social. Elle est désormais désactivée par défaut.

 

 

Cette technologie biométrique a été déployée aux Etats-Unis en 2016, après avoir été supprimée une première fois en 2012. En mars 2018, c'est au tour de l'Europe de tester le dispositif. La fonction était alors activée par défaut. Pour la désactiver, les internautes devaient se frayer un chemin parmi les paramètres de confidentialité.

 

Concrètement, lorsque le réseau social pense qu'un utilisateur est présent sur une photo, il lui envoie une notification pour choisir d'être "tagger" ou non sur l'image. Lors de son déploiement, Facebook avançait au moins trois avantages à cette nouvelle fonctionnalité : un meilleur contrôle des photos mises sur le réseau, la lutte contre les usurpations d'identité et l'assistance aux personnes souffrantes de troubles visuels.

 

Une condamnation et une amende record

Si ce changement est le bienvenu, ne serait-il pas seulement une manière pour Facebook de redorer son image ? En effet, le réseau social fait face à de plus en plus de critiques sur sa politique de gestion des données.

 

Un groupe de plaignants dans l'Illinois l'a assigné en justice à propos de la reconnaissance faciale. Il arguait d'une violation du "Biometric Information Privacy Act", législation adoptée localement dans cet Etat en 2008. Facebook avait tenté de faire annuler ce recours collectif. Début août 2019, une cour fédérale américaine a rejeté cette demande.

 

Le 24 juillet 2019, la Federal Trade Commission (FTC), l'agence américaine de protection des consommateurs, a épinglé le géant américain sur la protection des données de ses utilisateurs. Facebook, condamné à une amende record de 5 milliards de dollars, a dû rectifier le tir. Une des obligations à respecter est justement d'apporter une meilleure information aux internautes sur la reconnaissance faciale et d'obtenir le consentement explicite des utilisateurs pour tout usage non défini au préalable. Il faut dire que les données biométriques font aujourd'hui l'objet d'une attention tout particulière. En effet, on ne peut pas changer de visage ou d'empreintes digitales comme de mot de passe ou de numéro de téléphone.

 

 

Le visage, une donnée très sensible

Ces "données biométriques" désignent les "caractéristiques physiques ou biologiques permettant d'identifier une personne", selon la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Au sein de l'Union Européenne, depuis l'adoption du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ces informations sont qualifiées de "sensibles" et bénéficient d'une attention tout particulière.

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