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Faut-il craindre l’hégémonie grandissante de SoftBank dans la Silicon Valley ?

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Slack, SoFi, WeWork, Nvidia, iRobot et maintenant Uber ? En six mois à peine, le Vision Fund de SoftBank a enchaîné les prises de participation dans les entreprises de la Silicon Valley. Une hégémonie grandissante qui n’est pas sans inquiéter les investisseurs traditionnels.

Faut-il craindre l’hégémonie grandissante de SoftBank dans la Silicon Valley ?
Faut-il craindre l’hégémonie grandissante de SoftBank dans la Silicon Valley ? © Softbank

“SoftBank est dans une catégorie à part”, selon Techcrunch. Et si la Silicon Valley était la ligue des champions, le géant de l’investissement serait le fonds qatari derrière le PSG qui dépense des millions pour acheter les meilleurs joueurs de la planète. En six mois seulement, le conglomérat japonais s’est payé des actions dans plus d’une dizaine d’entreprises de la vallée. Dernière firme dans le viseur du fonds baptisé Vision Fund : Uber. Si un accord final est conclu entre les deux groupes, SoftBank sera propulsé au rang des principaux actionnaires du leader mondial des VTC, avec deux sièges au conseil d’administration.

 

Cette dernière annonce, et pas des moindres, confirme l’avidité de SoftBank en matière d’investissement : WeWork (4,4 milliards de dollars), Flipkart (2,5 milliards de dollars) ou encore Slack (250 millions dollars), pour ne citer que les plus gros. Sur le dernier trimestre 2017, SoftBank se trouve derrière quatre des cinqs plus gros investissementsde la vallée, rapporte le site Recode. Selon le cabinet CB Insights, le fonds doté d’une enveloppe de 100 milliards de dollars représente à lui seul l'ensemble du capital-risque investi dans les start-up dans le monde en 2016.

 

LE PLUS GROS FONDS DE LA PLANÈTE TECH

“Le plus grand fonds d’investissement au monde dédié à la high-tech”. En octobre 2016, le faire part qui accompagnait la naissance du SofBank Vision Fund (SVF) ne manquait pas d’ambition. Il s’agit d’un corporate venture capital funds (CVCs), autrement dit d’un fonds dont les investissements sont réalisés par un ou plusieurs grands groupes. Basé à Londres, il est le fruit de l’union entre le géant des télécoms japonais - qui contrôle également Sprint aux États-Unis -, et le fonds d'investissement public (PIF), premier fonds souverain d'Arabie saoudite. Cloud, Software, robotique, transport… L’argent de SoftBank arrose des champs technologiques divers et variés. Ces choix d’investissement reflètent avant-tout l’appétit gargantuesque du patron du groupe, le milliardaire japonais Masayoshi Son.

 

“Nous sommes en train de créer un mécanisme pour augmenter notre capacité de financement de 10 trillion de yens à 20 trillions puis 100 trillions de yens”, déclarait-il en octobre dernier, au quotidien économique Nikkei, précisant que SoftBank allait financer près d’un millier d’entreprises sur les dix prochaines années. Jusqu’à présent, la stratégie du groupe japonais a été d’investir dans des licornes, ces start-up dont la valorisation dépasse le seuil du milliard de dollars.

 

CONTRE LES INVESTISSEURS TRADITIONNELS ?

Pour Carlos Diaz, cofondateur de The Refiners, un accélérateur de start-up basé à San Francisco, cette puissance financière vient “en complément des plus petits fonds de la vallée. Nous amenons les start-up dans le radar, qui elles entrent - ou pas - dans le marché de SoftBank.”

 

D’autres s’inquiètent d’une flambée des valorisations des entreprises, ce qui pourrait mettre hors course les venture capitalists disposant d’une enveloppe de financement bien maigre à côté de celle de SoftBank. “Masayoshi Son est une machine à bulles”, dénonçait l’éditorialiste de Reuters, Robyn Mak, fin octobre.

 

Cet afflux de liquidité peut aussi retarder l’entrée en bourse des start-up. “Avant, l’IPO était un accomplissement. Aujourd’hui, avec SoftBank qui est prêt à mettre des milliards sur la table, les start-up n’ont plus autant besoin de devenir public. C’est un peu comme si SoftBank avait créé son propre Nasdaq !”, commente Carlos Diaz.

 

En parallèle, des observateurs s’alarment de la mainmise de certains régimes politiques sur les bourses de la Silicon Valley. “L'industrie des nouvelles technologies est inondée d'argent provenant d'Arabie Saoudite. Il est temps de se demander pourquoi, s'insurgeait l’éditorialiste du New York Times, Farhad Manjoo, début novembre. De nombreux dictateurs, oligarques ou d'autres personnages peu recommandables cherchent à placer leur argent quelque part, et il pourrait bien s'agir de la Silicon Valley.”

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1 commentaire

michel lattre

15/11/2017 16h37 - michel lattre

Mais c'est parfait !! Ou est le mal ? Ce monsieur a trop d'argent et cherche a vite tout perdre, rien de mieux que d'investir au plus haut de la bulle dans des sociétés non rentables et non pérennes telles qu'Uber (pour rappel, Uber n'est pas rentable alors qu'il profite de trous dans la legislation, bref a court terme pas rentable et a long terme en faillite)

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