Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La photonique française en quête de stratégie industrielle

A la pointe en R&D, la photonique française peine à traduire cette force en emplois et chiffre d’affaires. Pour prendre son élan industriel, ses acteurs demandent à l’Etat une grande initiative R&D favorisant la collaboration avec les filières applicatives.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La photonique française en quête de stratégie industrielle
La photonique française en quête de stratégie industrielle

Quel est le poids de la photonique française ? Ses forces et ses faiblesses ? Les actions à mener pour en favoriser sa diffusion dans les secteurs applicatifs ? C’est pour répondre à ces questions que la Direction générale des entreprises (DGE, ex-DGCIS) organise à Bercy, le 17 juin 2015, une journée sur les perspectives pour la photonique française.

 

"La photonique est une technologie générique clé, essentielle à l’industrie du 21 ème siècle, affirme Philippe Brégi, Président du comité national d’optique et de photonique (CNOP), qui rassemble tous les acteurs de l’optique et de la photonique en France. Tous les pays investissent largement dans ce secteur. Le problème c’est que la France est bien placée en recherche mais pas au niveau industriel."

 

HALTE AU RAISONNEMENT PAR FILIÈRE

 

Selon l’étude de cartographie commandée par la DGE aux cabinets Erdyn et Tematys, l’industrie photonique française compte 657 entreprises réalisant un chiffre d’affaires de 10,45 milliards d’euros. Elle représente seulement 3% de la production mondiale, contre 7% pour l’Allemagne, 10% pour les Etats-Unis, 21% pour le Japon et autant pour la Chine. "Cela n’exprime pas tout le potentiel R&D de la France, se plaint Philippe Brégi. Nous avons deux Prix Nobel dans ce domaine : Serge Haroche en 2012 et Claude Cohen-Tannoudji en 1997. L’Allemagne aucun."

 

Une partie du problème vient de la perception que les pouvoirs publics ont de cette industrie. "La France a tendance à raisonner pour sa politique industrielle en termes de filières, explique Philippe Brégi. Ceci s’applique bien à l’automobile, l’aéronautique ou la santé. Mais pas à la photonique qui constitue plutôt un secteur diffusant au service des filières applicatives. Ce problème explique pourquoi elle est souvent absente des appels à projets R&D lancés par l’Etat."

 

une secteur trop segmenté

 

L’autre difficulté réside dans l’éparpillement des acteurs. Cette industrie est formée à 88% de PME de moins de 250 personnes. Près d’une entreprise sur deux compte moins de 20 personnes. Un sérieux besoin de consolidation est nécessaire pour faire émerger des ETI.

Les acteurs réclament de l’Etat une initiative forte à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, le président Barak Obama lui-même a lancé le plan NPI (National Photonics Initiative) en mai 2013. Avec à la clé, 110 millions de dollars de subsides sur le budget du département de la défense.

 

"Nous demandons le lancement de grands projets collaboratifs pour le développement des applications de demain, précise Philippe Brégi. C’est en travaillant avec les filières applicatives que les acteurs de la photonique pourront se développer." La journée organisée par le DGE réunit quelques 150 personnes venant à la fois de la photonique et des domaines applicatifs. C’est un premier pas vers le rapprochement de ces deux mondes.

 
media