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Nvidia lance l'initiative Clara pour doper l'imagerie médicale à l'intelligence artificielle

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Nvidia veut utiliser l'intelligence artificielle pour pallier la vétusé des équipements d'imagerie médicale. L'entreprise a révélé cette ambition au travers de l'initiative Clara, qui permet d'augmenter considérablement la qualité des informations fournies par une machine, même lorsqu'elle a plus de 10 ans.

Nvidia lance l'initiative Clara pour doper l'imagerie médicale à l'intelligence artificielle
Les échographies ont beaucoup évolué en 15 ans. © Julien Bergounhoux

La reconnaissance d'image et la reconstruction visuelle par inférence font parties des grandes disciplines de l'intelligence artificielle. Et l'un des domaines d'application où elles pourraient avoir le plus d'impact est celui de l'imagerie médicale. Ce potentiel n'échappe pas à Nvidia. Lors de sa keynote d'ouverture de la GPU Technology Conference 2018, le CEO de l'entreprise Jensen Huang a présenté l'initiative Clara, qui vise à doper l'imagerie médicale au deep learning.

 

L'intelligence artificielle pour pallier la vétusté des équipements

Le constat de départ est simple : les équipements médicaux ont fait des progrès phénoménaux au cours des 15 dernières années, mais le problème est que ces machines sont très coûteuses. Les institutions médicales n'ont généralement pas le budget pour les remplacer avant que cela ne soit réellement indispensable, car il leur faut très longtemps pour en amortir le coût.

 

La solution de Nvidia vient donc de la partie logicielle, puisque le matériel ne peut être changé, et c'est là tout son intérêt. Grâce à un post-traitement effectué en data center, la même machine peut fournir de meilleures informations. Jensen Huang a notamment fait la démonstration sur scène d'une échographie successivement améliorée jusqu'à avoir une représentation du coeur en 3D et les informations qui vont avec.

 

 

Reste, comme toujours, à déterminer l'avancement du projet pour savoir s'il sera réellement utilisé un jour sur le terrain. Kimberly Powell, VP of Healthcare chez Nvidia, nous assure que c'est le cas. "La technologie est déjà prête aujourd'hui, c'est pour ça que nous l'avons montré sur scène, confie-t-elle à L'Usine Digitale. Clara se base sur des briques technologiques qui sont déjà disponibles, comme nos "GPU containers" ou la compatibilité avec Kubernetes pour augmenter massivement la taille du système."

 

Une commercialisation d'ici 2020 ?

La responsable précise que Nvidia travaille déjà avec de nombreux partenaires sur le sujet, que l'entreprise convertit à l'usage de TensorRT. "Notre objectif est de répéter notre démonstration en novembre, lors de la conférence annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA), mais avec de vraies données provenant d'un vrai équipement, reprend Kimberly Powell. Nous irons aussi vite que l'écosystème ne le permettra. Il ne s'agit pas d'un projet avec un horizon à trois ans, ce sera beaucoup plus rapide."

 

On compte parmi les partenaires des centres de recherche hospitaliers prestigieux, comme la Mayo Clinic, la NYU School of Medicine, le Massachussets General Hospital, le Brigham and Women's Hospital, le département de radiologie de l'UCSF et bien d'autres. Il y a aussi des start-up, comme Subtle Medical (un des trois vainqueurs du concours de start-up de la GTC 2018), Arterys ou Intuitive Surgical. Et enfin les fabricants d'équipement, dont notamment GE Healthcare, Siemens Healthineers, Samsung ou Philips...

 

Pas de limite de compatibilité matérielle

Le système est d'ailleurs compatible avec tout type d'instrument : radiologie conventionnelle, échographie, scanner, IRM... "Nous mettons en avant les appareils qui utilisent déjà des GPU pour le traitement des images, mais en théorie n'importe quel instrument est compatible. Il suffit d'importer et de 'containeriser' les données brutes", précise Kimberly Powell.

 

De la même manière, les logiciels et algorithmes utilisés ne seront pas forcément ceux de Nvidia. "GE Healthcare a annoncé une nouvelle machine pour les échographies il y a trois semaines. Elle est bardée d'algorithmes, elle fait du 'beam-forming', du rendu volumétrique et ils y ont ajouté de l'IA. Tout cela sera compatible avec Clara."

 

Renforcer l'offre cloud et data centers

Il est évidemment trop tôt pour que Nvidia accepte de parler du business model de ce projet, mais Kimberly Powell laisse néanmoins entendre qu'il pourrait être couplé à celui du superordinateur DGX. "Il pourrait y avoir une composante hardware en plus du logiciel, ou juste un container dans le cloud, détaille la vice-présidente. Cela pourrait être les clouds de nos partenaires, mais aussi un DGX installé en local dans les établissements. De nombreux hôpitaux ont déjà des DGX..."

 

Et la sécurité des données dans tout ça ? Quid du GDPR ? Kimberly Powell n'avait pas vraiment de réponse sur le sujet, si ce n'est que Nvidia y réfléchit et qu'il fera le nécessaire pour être en conformité.

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