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Opendata.ch hacke les élections fédérales suisses

Reportage Deux médias suisses ont ouvert leurs locaux pendant 48 heures aux développeurs, journalistes et designers soucieux de faire parler les data disponibles en ligne et susceptibles d'éclairer les citoyens helvètes invités aux urnes le 18 octobre prochain pour les élections fédérales.
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Opendata.ch hacke les élections fédérales suisses
Opendata.ch hacke les élections fédérales suisses © Charles Foucault

Les 4 et 5 septembre, au pied de la cathédrale de Lausanne, journalistes mais aussi développeurs, scientifiques et quelques designers avaient pris possession de la grande salle de réunion de la rédaction du journal suisse Le Temps. A 250 kilomètres de là, la même faune occupait la rédaction du Neue Züricher Zeitung, à quelques encablures du lac de Zurich.

 

La centaine de participants répartis en 7 équipes avait un but commun : faire parler les données publiques disponibles pour éclairer d’un jour nouveau les élections fédérales qui, le 18 octobre prochain, répartiront les 245 sièges du conseil national (équivalent de l’Assemblée nationale française) et du conseil des États (équivalent du Sénat) helvètes.

 

Faire de l'open data un standard

 

L'événement est organisé par l’association Opendata.ch (organe suisse de l’organisation britannique de promotion de la culture libre Open knowledge) qui a notamment participé à la rédaction de la Stratégie en matière de libre accès aux données publiques en Suisse pour les années 2014 à 2018, approuvée par le Conseil fédéral le 16 avril 2014. "Elle fait de l’open data un standard par défaut au niveau de l’organisation fédérale, explique Yann Heurtaux, membre du board de l’association. Notre but maintenant est d’obtenir le même impact au niveau cantonal."

 

Le hackaton organisé en parallèle à Lausanne et Zurich va dans ce sens. "L’objectif est de produire des nouveaux outils accessibles à tous, et de montrer que des exemples d’utilisation de ces outils peuvent sortir très vite", reprend l’organisateur. Pour Gaël Hurlimann, rédacteur en chef digital du Temps, l’intérêt d’accueillir ce genre de manifestation est évident : "Quand on met des journalistes et des développeurs dans une même pièce, en sort des idées que n’auraient eu ni les premiers, ni les seconds."

 

Faire parler les tweets

 

C'est d'ailleurs pour cela que Tybalt Félix, chef de la rubrique enrichissement multimédia à rtsinfo.ch, a fait une croix sur la moitié de son week-end. Avec l’équipe "Politweets", il développe une web app ludique : "Elle présente les tweets des candidats aux élections fédérales mais pas leur auteur. Les utilisateurs doivent deviner de quel parti ils émanent." Dans un second temps, il imagine pouvoir tirer des conclusions de l’analyse des différences entre la perception et la réalité.

 

Également basée sur la récupération de tweets, l’équipe "Political sentiment gauge" ambitionne de créer le "Tinder for politics" en proposant aux utilisateurs d’indiquer d’un simple balayage de pouce s’ils aiment ou n’aiment pas les idées qui s’affichent sur leur écran. Utile pour prendre le pouls des sujets porteurs et des positions dominantes...

 

Faire tenir les promesses

 

Occupant tout le fond de la salle, le projet "Swiss parliament minutes scraping" a réussi à attirer une douzaine de participants. Porté par Yannick Rochat, mathématicien et post-doc à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne en humanité numérique, il vise à récupérer les retranscriptions des débats se déroulant dans les deux chambres et d’analyser le contenu de ces textes. "À partir de là nous pouvons remonter le nombre de prises de parole de chaque élu mais aussi ses thèmes de prédilection et l’adéquation de ces thèmes avec les lignes directrices du parti auquel il appartient, explique le scientifique. L’idée finale serait de représenter la distance sémantique entre chaque membre du conseil et de vérifier si les promesses sont tenues."

 

Pierre Paugam, responsable Business Intelligence pour Genève aéroport a de son côté travaillé avec l'équipe "InterestFinder" sur un portail de présentation de chaque candidat sous le forme de profils "Facebook like." Une data visualisation plus globale fait ressortir les grandes tendances de cette population : âges des candidats, région d'origine, part de candidats sortants... "Nous n'aurons pas fini au bout des 48 heures mais l'objectif est aussi de mettre à jour les intérêts économiques des candidats en trouvant les entreprises dans lesquelles ils sont impliqués en fouillant les données recensées sur Zefix (le registre du commerce fédéral, ndlr)."

 

A l'ère de l'open data, les candidats n'ont qu'à bien se tenir !

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