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Quand le numérique s'envoie en l'air [1] : Alphabet emporte Internet en ballon

Pressés de connecter la planète, les acteurs du numérique inventent des dispositifs de communication aérien. Chez Google, le projet s’appelle Loon et est constitué de ballons connectés entre eux et avec le sol. Le premier essai devait avoir lieu avec un chapelet de 300 aérostats au-dessus de l’hémisphère sud.
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Quand le numérique s'envoie en l'air [1] : Alphabet emporte Internet en ballon
Quand le numérique s'envoie en l'air [1] : Alphabet emporte Internet en ballon © Site Loon

Comme Facebook et son Aquila, Alphabet concocte son propre projet de drones connectés. Un développement qui a pris corps avec le rachat en 2014 du fabricant Titan Aerospace au nez et à la barbe du même Facebook qui le convoitait. Mais le géant américain ne parle jamais ses drones. En revanche, il met régulièrement en avant son autre projet de connectivité aérienne, tout aussi étonnant, Loon. Présenté en juin 2013 à l’occasion de tests en Nouvelle Zélande, ces ballons plus légers que l’air, gonflés à l’hélium, envoyés dans la stratosphère pour y constituer un Internet in the sky. Recherche, développement, conception, partenariats de haut niveau, fabrication, essais… Un vrai programme industriel.

 

Une collaboration avec le CNES pour la navigation

Les ballons Loon ont été conçus et fabriqués avec le spécialiste du domaine, Raven Aerostar. Et chaque ballon en contient un autre, plus lourd, rempli d’oxygène, qui sera gonflé ou dégonflé par logiciel afin de suivre les courants éoliens les plus favorables. Un modèle de navigation issu de la collaboration avec le CNES  Comme les ailes de Facebook, les Loon formeront une chaine d’aérostats reliés entre eux et avec le sol afin de proposer une connexion Internet jusque dans les coins les plus reculés. La communication par laser concoctée par Google atteint un débit pic de 155 Mbps entre deux ballons distants de 100 km dans la stratosphère… 

 

Une forme potiron pour supporter plus de poids

La forme de potiron choisie pour les ballons intérieurs autorise le transport d’un poids plus important. Essentiel puisque chaque dispositif emporte dans sa nacelle deux transmetteurs radio pour l’envoi et la réception de données, un troisième en cas de panne, un ordinateur de vol, un tracker GPS, un système de contrôle de l’altitude. Sans oublier les panneaux solaires.

 

300 ballons pour un premier anneau

Dans un entretien avec la BBC fin 2015, Mike Cassidy, vice-président en charge du projet, avait confirmé qu’Alphabet disposerait dès cette année d’un chapelet de 300 ballons. De quoi assurer un premier service Internet continu autour de la Terre. Le premier anneau devait concerner l’hémisphère sud et proposer une connexion à 10 Mbps aux chanceux survolés par cette étrange couronne.

 

Niché dans un hangar géant de la Nasa

Le projet a été développé au sein du très secret laboratoire Google X destiné aux projets dits "moonshots". Des idées qui visent la lune, au sens métaphorique, sans complexe... C’est désormais dans le hangar monumental de l’aéroport qu’Alphabet loue à la Nasa pour 60 ans, à quelques encablures de son siège californien de Moutain View, que Loon poursuit son développement.


Un ballon lancé tous les quarts d’heure

Fin 2015, Google a déjà affiché des progrès importants par rapport à ses premières tentatives. Ses ballons peuvent voler jusqu’à 200 jours d’affilée contre à peine une dizaine au début. L’ensemble des aérostats ont déjà parcouru plus de trois millions de kilomètres au total. Et alors qu’il fallait 14 personnes durant une à deux heures au début des tests pour envoyer un ballon dans la stratosphère, Google peut désormais en expédier un tous les quarts d’heure avec un dispositif automatique.

 

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