Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Uber, ça rime avec bienfaiteur... enfin, en américain !

Analyse A l'occasion du colloque sur l'avenir du travail organisé par l'OCDE jeudi 14 janvier, les auditeurs ont pu vérifier que le légendaire optimisme américain se portait bien. La preuve avec David Plouffe strategic adviser d'Uber. Au fait, comment dit-on en anglais "trop de storytelling tue le storytelling" ?
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Uber, ça rime avec bienfaiteur... enfin, en américain !
Uber, ça rime avec bienfaiteur... enfin, en américain !

Les chauffeurs de taxis n'ont vraiment rien compris. Ils croyaient lutter contre une start-up californienne financée par Wall Street venue détruire les statuts et les emplois du vieux continent. Erreur, ils avaient en réalité affaire à un philanthrope, à une organisation qui ferait passer mère Teresa pour une horrible spéculatrice se nourrissant du labeur des enfants du Tiers monde.

 

Telle est l'impression qui ressort de la présentation de David Plouffe, strategic adviser d'Uber, lors du colloque organisé par l'OCDE sur le futur du travail, the Future of Work, comme on dit dans le château de La Muette, qui semble avoir oublié que le seizième arrondissement était en France.

 

bon samaritain américain

Uber n'est pas une entreprise mais un bon samaritain venu apporter aux gens les deux choses dont ils disent avoir le plus besoin : le temps et l'argent.

 

Citant de nombreux chiffres aux sources invérifiables, monsieur Plouffe a ainsi expliqué en quoi Uber n'était pas le problème mais la solution. Imaginez donc "en France, 25% des chauffeurs français étaient au chômage avant, et depuis très longtemps pour nombre d'entre eux", assure-t-il.

 

Et Uber c'est vraiment magique, à l'en croire. Vous voulez travailler ? "Il suffit d'appuyer sur un bouton de votre smartphone, poursuit-il.  Les chauffeurs choisissent, c'est flexible."  Lucide, il concède que les gens n'ont pas forcément envie d'être chauffeurs pour Uber toute leur vie. Ils le font "en attendant d'autre chose". Et n'allez pas croire qu'ils sont contraints d'une façon ou d'une autre : "souvent ils sont inscrits à trois ou quatre services et s'adressent à l'un ou à l'autre selon leurs besoins."

 

Pour un monde meilleur

D'ailleurs c'est la même chose pour le consommateur qui, en appuyant sur son écran, réserve une voiture. Car les bienfaits d'Uber s’étendent aux usagers. Citant une mystérieuse étude réalisée à Los Angeles, "avoir recours à un Uber est un gain en termes de temps et d'argent pour les utilisateurs, poursuit notre conseiller en stratégie. Uber a l'avantage d'être moins cher : réduire les coûts c'est un énorme avantage". Grâce à Uber les plus pauvres pourront bientôt se payer un chauffeur. Ne dites pas merci, c'est leur plaisir à Uber.

 

C'est pour ça qu'il ne faut pas parler de flexibilité du travail ou de petit boulot. Le chauffeur Uber, il profite de la souplesse du système. Il veut travailler, il travaille. David Plouffe cite une étude (encore une !) américaine qui indiquerait que nombre d'habitants n'ont pas les moyens de faire face à une dépense impromptue de 400 dollars. Autrement dit, ils n'ont pas l'épargne suffisante. Être chauffeur Uber est une solution dans un monde où prévaut "la stagnation des revenus".

 

Gouffre philosophique transatlantique

N'y voyez pas malice. Plus que du cynisme ou de la naïveté, ce discours révèle surtout le gouffre quasi philosophique qui sépare l'Europe et les Etats-Unis. Rien d'étonnant si l'arrivée d'une telle entreprise avec ses valeurs provoquent quelques frictions sur le périphérique parisien.  

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale