"Nous devons faciliter l’auto-émulation entre les start-up et les entreprises traditionnelles", Laurent Prétrot (région Pays-de-la-Loire)

Croisé dans les allées du CES 2017, Laurent Prétrot, Vice-Président Croissance numérique de la commission Entreprise de la Région Pays-de-la-Loire, nous expliqué le but de la venue de sa délégation à Las Vegas. Le point sur les enjeux de la région en matière de numérisation de l’économie.

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Laurent Prétrot et la Délégation des Pays de la Loire en visite sur le stand de Trovolon lors du CES 2017

Pourquoi avoir emmené une délégation de 50 entreprises de la région Pays-de-la Loire à Las Vegas? Qu’êtes-vous venus chercher au CES?

Laurent Prétrot : Nous avons souhaité être présents au CES parce que c’est un rendez-vous à ne pas manquer sur les tendances d’avenir dans le numérique. L’économie numérique, c’est bien sûr l’écosystème avec les start-up, mais c’est aussi et surtout la numérisation de l’économie traditionnelle. De façon très pragmatique, nous avons organisé cette délégation pour que la région serve de porte-avion aux entreprises du territoire ligérien. Cette délégation comprend aussi bien des start-up, des acteurs de l’écosystème du numérique que des entreprises dites traditionnelles. Notre mission est de leur faciliter l’accès à de nouvelles formes d’innovation, et de leur faire comprendre, en les plongeant dans des événements comme le CES, qu’il y a un champ des possibles intéressant pour leur devenir.
L’objectif est double : faire en sorte que ces acteurs puissent échanger et discuter de leurs environnements respectifs, de leur capacité d’innovation, de leur agilité… et permettre à chacun de prendre le pouls de ce qui se passe ici.


Qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur le salon?

L. P. : Ce qui me frappe le plus, c’est que nous ne sommes plus uniquement sur la notion d’objet ou de gadget, mais vraiment sur l’usage, donc sur la distribution et l’organisation qui va permettre de connecter.
Après, notamment sur la smarthome, on voit des marques qui ont été capables de faire des offres mais qu’ensuite, en termes d’usage dans la vie du quotidien, on n’y est pas encore complètement. Il n’y a pas toujours de solution de protocole pour communiquer entre elles.

En quoi est-ce important que les grandes entreprises, les start-up et la région se rejoignent sur ce type d’événement ?

L. P. : L’emploi est majoritairement porté par des entreprises traditionnelles, mais qui ont la nécessité absolue de se développer et d’utiliser l’innovation comme un moyen de développement. Il faut que nous arrivions à faire en sorte que les start-up à l’esprit très agile puissent se connecter avec ces entreprises structurées différemment. Nous devons faciliter l’auto-émulation.

Les start-up ont aussi pour impératif d’avoir des modèles économiques viables pour arriver à faire des levées de fonds et structurer leur modèle ainsi que leur organisation. Il est donc aussi intéressant pour elles de pouvoir échanger avec des entreprises plus importantes pour avoir un contact sur l’économie réelle.

On est encore trop de mon point de vue sur une notion d’exclusivité et d’indépendance… Il y a certainement beaucoup d’idées portées par les start-up mais qui n’ont probablement pas de chance d’exister par elles-mêmes, alors qu’elles pourraient apporter des innovations aux groupes industriels ou semi-industriels. Cela leur apporterait une viabilité plus évidente à l’avenir. Tous les schémas sont possibles. C’est notre carte à jouer.

Qu’avez-vous mis en place au niveau de la région pour faciliter ces échanges ?

L. P. : Nous avons lancé un appel à solutions qui s’appelle Résolutions. L’objectif est simple : proposer à une entreprise dite traditionnelle face à une opportunité de marché, mais à laquelle elle ne sait pas répondre, de lancer un appel à solutions. Nous soutenons cet appel en tant que région, via un apport financier de 20 000 euros. Nous connectons aussi les entreprises avec nos labos de recherche.

Quels secteurs souhaitez-vous privilégier en termes de digitalisation sur la région ?

L. P. : Depuis juillet 2016, la région Pays de Loire a ses cinq départements labellisés French Tech, via Nantes (Loire-Atlantique) sur le soft, Angers (Maine-et-Loire) sur l’IOT, Laval (Mayenne) sur la réalité virtuelle Le Mans (Sarthe) sur la mobilité intelligente et la Roche-sur-Yon (Vendée) sur les Cleantech. Après, il est difficile de dire que demain, tel type de solution sera LA solution.
Mais il est certain que certaines des positions territoriales sont intéressantes à pousser. La réalité virtuelle est l’une des places fortes sur la région. C’est l’un des enjeux qui est important, comme l’IOT. Nous avons une approche très pragmatique. Nous voulons que l’ensemble des pans de l’économie puisse se moderniser, se développer… L’agriculture en est aussi un, tout comme la désertification médicale en ruralité.

Nous avons d’ailleurs fait un pacte pour la ruralité. Or, pour avoir des solutions en ruralité, il faut que la fibre puisse se déployer le plus largement possible. Un investissement de 118 millions d’euros été décidé. C’est un ensemble de solutions qui doivent faire que les solutions soient concrètes et crédibles. Ce ne sont pas que des enjeux économiques mais sociétaux.

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