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Des membres du gouvernement britannique espionnés par le logiciel Pegasus ?

Citizen Lab, un groupe de recherche sur les cybermenaces, rapporte avoir informé le gouvernement britannique de plusieurs cas suspects d'infections par le logiciel espion Pegasus en 2020 et 2021. Sont concernés le cabinet du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères.
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Des membres du gouvernement britannique espionnés par le logiciel Pegasus ?
Des membres du gouvernement britannique espionnés par le logiciel Pegasus ? © Unsplash - Lucas Davies

Après le gouvernement français et le commissaire européen à la Justice, au tour du gouvernement britannique d'être espionné par le logiciel Pegasus. Citizen Lab, un groupe de recherche sur les menaces numériques pesant sur la société civile, rapporte lundi 18 avril 2022 affirme avoir détecté et tenu informé le gouvernement anglais de cas suspects d'infection par le logiciel espion Pegasus. Sont concernés des appareils du cabinet du Premier ministre ainsi que de celui du ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth.
 

Des cas suspects en 2020 et 2021

"Nous confirmons qu'en 2020 et 2021, nous avons observé et informé le gouvernement du Royaume-Uni de plusieurs cas suspects d'infections par le logiciel espion Pegasus au sein des réseaux officiels du Royaume-Uni. Celles-ci comprenaient : le cabinet du Premier ministre ; le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth", écrit Citizen Lab.

Concernant le ministère des Affaires étrangère et du Commonwealth, Citizen Lab précise que l'infection peut toucher des appareils situés à l'étranger et utilisant des cartes SIM étrangères. Le groupe relie cet espionnage à des opérateurs de Pegasus situés aux Emirats arabes unis, en Inde, à Chypre et en Jordanie. Concernant le cabinet du Premier ministre, Citizen Lab relie l'espionnage à un opérateur situé aux Emirats arabes unis.

Un porte-parole de NSO, l'éditeur du logiciel Pegasus, a déclaré à Reuters que les allégations étaient "fausses et ne pouvaient pas être liées aux produits NSO pour des raisons technologiques et contractuelles." Le gouvernement britannique, de son côté, déclare qu'il refuse systématiquement de commenter les questions de sécurité. Les autorités chypriotes nient toute implication dans cette affaire. Et l'agence de presse ajoute ne pas avoir eu de réponse immédiate des gouvernements des Emirats arabes unis, de la Jordanie et de l'Inde.
 

De nombreuses autres victimes

Destiné aux forces de l'ordre et services de renseignement, Pegasus permet d'aspirer les données d'un téléphone sans que son détenteur puisse s'en rendre compte. Une fois installé, il permet de lire les messages, regarder les photographies, écouter les appels téléphoniques, accéder aux mots de passe ou encore déclencher le suivi de la géolocalisation. NSO le présente comme un outil permettant de "détecter et prévenir le terrorisme et la criminalité."

Pegasus a été propulsé sur le devant de la scène à l'occasion d'une enquête publiée en juillet 2021 et menée par un consortium de plus de 80 journalistes de 17 médias. Depuis, les révélations se sont multipliées. Pegasus aurait notamment été utilisé par les autorités marocaines pour espionner plusieurs personnalités politiques françaises, dont le chef de l'Etat Emmanuel Macron. A également été visé le commissaire européen à la Justice Didier Reynders. Des médias polonais affirment aussi que leur gouvernement a utilisé Pegasus pour espionner des membres de l'opposition. Et il est probable que les révélations concernant ce logiciel se poursuivent.

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