Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

L'aéroport de Toulouse teste le tracteur bagages autonome de Charlatte et Navya

L'aéroport de Toulouse-Blagnac teste le tracteur bagages autonome de Navya et Charlatte Manutention durant deux mois. Le but est d'améliorer les flux logistique ainsi que la sécurité sur le tarmac durant la phase de livraison des bagages à l'avion.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L'aéroport de Toulouse teste le tracteur bagages autonome de Charlatte et Navya
Le tracteur bagages autonome de Navya et Charlatte Manutention devant un Airbus A321 d'Air France. © Léna Corot

Après les premiers vols du Concorde et de l'A380, l'aéroport de Toulouse Blagnac (ATB) accueil le premier test d'un tracteur bagages autonome. Développé par Charlatte Autonom, la coentreprise formée par le fournisseur de technologies Navya et l'équipementier Charlatte Manutention, ce tracteur autonome doit apporter les bagages depuis un hangar jusqu'à l'avion concerné. "L'expérimentation a débuté mi-novembre et doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois décembre", précise mardi 3 décembre 2019, à l'occasion de la présentation de cette expérimentation, Bastien Devaux, CEO de Charlatte Autonom.

 

Une expérimentation partenariale

ATB, Charlatte Manutention, Navya, Air France, TCR, ainsi que le Groupe 3S mènent conjointement cette opération. "C'est vraiment dans le principe de la coactivité, très cher au turn around time d'un avion [son temps d'immobilisation, ndlr], que nous avons développé ce concept avec nos partenaires", déclare Philippe Crébassa, président du directoire d'Aéroport Toulouse-Blagnac. Lorsqu'un avion est immobilisé sur le tarmac, de nombreux acteurs, provenant de différentes société, s'afférent pour qu'ils puissent redécoller. Dans cette expérimentation, TCR s'occupe de la maintenance, le groupe 3S supervise le véhicule autonome, Air France apporte son soutien et son expertise tout comme ATB.

 

L'aéroport de Toulouse Blagnac est idéal pour ce genre de tests. Il n'est ni trop grand, comme peuvent l'être les aéroports parisiens, ni trop petit ; le nombre de passagers y transitant doit permettre d'avoir un flux de bagages suffisamment important. Une cartographie de l'ensemble des parkings à avions pouvant être concernés par l'expérimentation a été réalisée pour que le tracteur puisse se repérer en toute sécurité.

 

Si le tracteur se déplace de façon autonome, il doit s'arrêter, pour des raisons de réglementation, aux abords de l'entrée de la "zone avion". L'agent présent à bord reprend les commandes en mode manuel afin de réaliser l'accostage à l'avion et délivrer les bagages. Le tracteur autonome repart ensuite vers les galeries bagages.

 

 

 

Améliorer les flux logistiques et la sécurité

Le but est "d'améliorer la performance et l'efficacité sur l'aéroport", explique Philippe Crébassa. Un objectif confirmé par Vincent Euzeby, responsable IT & Tech Innovation d'Air France, qui assure que la compagnie aérienne cherche à "améliorer la ponctualité des services bagages et la sécurité en piste en réduisant le nombre d'accidents". Les partenaires, qui souhaitent optimiser les flux logistiques, vont aussi mesurer l'impact de cette solution sur les coûts de maintenance, afin de vérifier si une solution de tracteur autonome peut être rentable.

 

"Les véhicules autonomes sont des véhicules intelligents qui seront intégrés aux systèmes d'informations des compagnies aériennes", espère Vincent Euzeby. A plus long terme, "on peut tout à fait imaginer que le véhicule soit supervisé informatiquement et qu'il interroge le système d'informations de la compagnie aérienne pour savoir automatiquement à quelle heure et sur quelle voie de parking il doit délivrer les bagages", explique-t-il. Et pourquoi ne pas avoir toute une flotte de tracteurs autonomes communiquant entre eux ?

 

Une mise en service commercial au 2eme semestre 2020

Cette annonce intervient quelques mois après la présentation de la nouvelle stratégie de Navya. Fin juillet, le Lyonnais a affirmé sa volonté de passer d'un constructeur de navette autonome de bout-en-bout à un fournisseur de technologies pour véhicules autonomes. Un des objectifs est de multiplier les tests dans des contextes différents afin de repousser les limites de sa technologie et de prouver sa robustesse.

 

Par exemple, sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac, Charlatte Autonom va tester les limites météorologiques de sa technologie. Le but évident est que ces véhicules autonomes, destinés au secteur BtoB, puissent fonctionner 24h/24. Quant à la mise en service commercial du tracteur autonome, il faudra attendre "le deuxième semestre 2020", selon Bastien Devaux. D'autres phases d'expérimentations sont nécessaires d'ici là.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media