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L'application StopCovid n'a été activée que par 2 % des Français

Vu ailleurs Échec pour StopCovid. Du 2 au 9 juin, seuls 2 % des Français ont téléchargé et activé l'application. Un chiffre beaucoup trop bas pour qu'elle soit utile. Au moins 60 % de la population d'un pays doit utiliser un outil de pistage numérique de ce type pour que celui-ci puisse détecter des chaînes de contamination du virus.
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L'application StopCovid n'a été activée que par 2 % des Français
L'application StopCovid n'a été activée que par 2 % des Français © UD

De son lancement le 2 juin jusqu'au 9 juin 2020, l'application StopCovid n'a connu que 1,4 million d'activations uniques, révèle Le Monde, citant le secrétariat d'Etat chargé du Numérique. En d'autres termes, seuls 2 % des Français ont téléchargé l'outil de pistage et on pressé le bouton "J'active StopCovid" après l'avoir autorisé à utiliser le Bluetooth de leur smartphone.

Un chiffre décevant comparé aux scores des applications de détection des chaînes de contamination mises en place dans d'autres pays. En Australie, COVIDSafe a été téléchargé par plus de deux millions de personnes en une journée. Même engouement pour Smittestopp qui a été activé en une semaine par plus d'un quart de la population norvégienne.

La faute au déconfinement ?

Le cabinet de Cédric O ne veut pas tirer de conclusions hâtives sur l'absence de succès de StopCovid à ce stade. Il avance plusieurs explications à ce très faible taux d'activation : les Français pensent peut être que la pandémie touche à sa fin alors que les phases de déconfinement s'accélèrent ou ils ne veulent pas prendre risque pour leurs données personnelles. Le secrétariat compte beaucoup sur la campagne de publicité qui vient de débuter pour pousser les citoyens à utiliser l'application.

A noter de plus que le cabinet ministériel ne dispose pas du nombre d'utilisateurs actifs de StopCovid. Un utilisateur peut avoir activé une seule fois l'application puis ne plus jamais s'en être servi. Or pour que la détection ait une chance de fonctionner, il faut que StopCovid soit activé à chaque fois que les utilisateurs ont des contacts physiques. Mandatés par Le Monde, plusieurs experts ont tenté d'estimer ce chiffre via les données transitant par les serveurs centraux. La valeur obtenue, qui varie selon les calculs effectués, plaçait en fin de semaine dernière le nombre d’utilisateurs actifs aux alentours de 350 000, soit 0,5 % de la population française.

Le coût de l'application soulève des inquiétudes

Ces chiffres sont beaucoup trop faibles pour que StopCovid ait une quelconque utilité. En effet, une étude publiée dans Science estime qu'au moins 60 % de la population d'un pays doit utiliser l'application de pistage pour qu'elle se révèle efficace dans la lutte contre le virus. Au-delà de son utilité, le coût de StopCovid supporté par l'Etat commence à soulever des inquiétudes. L'Obs a révélé le 10 juin que l'association de lutte contre la corruption Anticor a déposé un signalement au procureur de la République craignant "un risque de surfacturation" en l'absence de marché public.

"L’application StopCovid, qui a été développée gratuitement, coûte en revanche plus de 200 000 euros d’hébergement. Un prix très supérieur aux pratiques du marché. Anticor a saisi le Parquet national financier", annonce l'association sur Twitter. Cet hébergement a été confié au Français 3DS Outscale, filiale de Dassault Systèmes. Mais "la santé n'a pas de prix", rétorque le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O qui ajoute que ces coûts sont  "epsilonesques par rapport aux coûts et aux effets délétères évités d’une admission en réanimation par exemple".

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